Les Vibrants

 17 novembre (20h30)

Texte Aïcha Asgharzadeh mes Quentin Defalt

    

Une réussite pour ce premier spectacle !

Un sujet intéressant, une mise en scène claire, une scénographie simple et poétique, quatre comédiens investis et suscitant l’émotion. Voir notre BLOG.

Le spectacle a été suivi d’un bord de plateau avec les quatre comédiens qui ont expliqué la genèse du spectacle et leur travail des rôles (4 pour 13 rôles – en réalité 3 pour 12 puisque Eugène, lui, est toujours sur scène !). Ils ont répondu aux questions très pertinentes des jeunes parmi lesquels, pour certains, c’était une première au théâtre.

MERCI à Elisabeth, Ventura, Mathieu Hornuss, Benjamin Brenière et Amélie Manet pour leur disponibilité et au Studio des Champs Elysées pour son accueil.

Retours des jeunes (qui s’initient à la critique)

Les vibrants raconte l’histoire d’un jeune soldat très beau, qui, après avoir perdu la moitié de son visage à cause d’un éclat d’obus pendant la Grande Guerre, ne veut plus avoir le goût à la vie. Tout cela change quand il rencontre Sarah Bernhardt qui le persuade de se sauver avec le théâtre, et le personnage de Cyrano de Bergerac. Cette pièce montre les sentiments de quelqu’un de traumatisé qui se reconstruit.

Les décors sont très simples, composés de chaises, d’une table, d’un lit et de rideaux d’hôpital couverts de sang. Ces rideaux permettent aussi de présenter plusieurs scènes en même temps : ainsi leur va et vient nous plongent dans des lieux différents, parfois simultanément.

Autre belle idée, les lumières qui permettent les changements des décors et surtout l’effet de flashback ou souvenirs. Ainsi, le début de la pièce commence par une scène noire avec des bruits d’obus et des souvenirs du personnage Eugène. D’autres souvenirs ponctuent ainsi le spectacle. Excellent travail du metteur en scène car il est difficile de montrer le passé au théâtre !

Les bruits (obus, sirène), les costumes réalistes plongent le spectateur dans la période du début du 20ème siècle et de la guerre. Le choix des masques pour représenter les « gueules cassées » est plus spectaculaire et très beau.

Le jeu des quatre comédiens est remarquable, car ils sont capables de jouer plusieurs personnages avec une personnalité différente l’un après l’autre.

Les vibrants est donc un très bon spectacle, autant pas son histoire attachante et bien menée que par sa mise en scène et la qualité de ses comédiens. Je le recommande.

Magdalena B.

Le 17 Novembre, j’ai eu la chance d’aller voir « Les Vibrants », une pièce de Aïda Asgharzadeh et mise en scène par Quentin Defalt, au théâtre des Champs-Elysées.

Cette pièce nous projette dans la vie d’Eugène, un vétéran de la 1ere guerre mondiale, dont la mâchoire est détruite, il devient alors une gueule cassée. Il ne se reconnait plus, la perte de son apparence physique ne l’aide pas à reprendre goût à la vie. Un jour, il découvre l’univers théâtral qui l’aidera à se retrouver. Nous avons donc deux thèmes présents, la vie d’une gueule cassée et sa quête vers son identité, sa liberté et son indépendance.

Les décors de cette pièce sont assez sobres et minimalistes. Deux rideaux blancs en toile divisent la scène, une référence aux chambres d’hôpitaux et permet aux spectateurs de se situer dans l’histoire. Chaque scène s’achève lorsqu’un rideau se ferme. J’ai trouvé ce concept intéressant car il donne une structure à la pièce mais cela m’a également fait penser à une expression : « Que se cache-t-il derrière le rideau », derrière chaque rideau se trouve une situation différente, nous entrons dans la vie interne et externe d’Eugène. Les costumes de couleurs ternes et grisâtres, reflètent l’état d’esprit d’Eugène dans cette époque trouble. La lumière est matérialisée par des ampoules suspendues par de longs fils noirs. La forte intensité de la lumière évoque le titre « Les Vibrants ». En outre, il y avait plusieurs noirs marquant les malheurs d’Eugène, renforcés par la musique faisant écho dans toute la salle de spectacle. Cette musique caractérise les émotions des personnages et donne une tournure cinématographique. Elle accompagne les états d’âme d’Eugène, notamment lorsqu’il perd ses esprits, nous avons une combinaison de musique et lumière illustrant l’agitation de cet homme. De plus, j’ai  trouvé Benjamin Brenière remarquable dans son interprétation d’Eugène par son éloquence et le naturel dont il fait preuve pour incarner ce personnage.

Je recommande vivement cette pièce, j’ai trouvé le jeu des comédiens captivant. La pièce  est vivante et éblouissante malgré le malheur obscur qui hante Eugène.

C’est un spectacle intriguant et touchant. A voir !

Luna DV.

Parti charmant, beau garçon, bien aimé.

A coup d’obus, plus de bouche, plus yeux, plus de tête.

Revenue monstrueux et rejeté.

Une âme qui s’émiette.

 Les Vibrants  qui se joue au Théâtre des Champs Elysées a été mis en scène par Quentin DEFALT.

La pièce commence en 1914. Eugène, beau garçon, amoureux est appelé à son devoir de soldat. Lors d’un combat, il est gravement blessé. Sa vie est sauve, mais son visage a été détruit : plus de bouche, plus de nez. Eugène se retrouve à l’Hôpital du Val-de-Grâce où débute sa convalescence. Il a perdu son envie d’exister. Mais alors il fait la rencontre de Sarah Bernhardt, une grande actrice française du XXème siècle. Avec son aide, il obtient le rôle de Cyrano de Bergerac qu’il incarne avec beaucoup de vérité.  Le Théâtre lui permet de s’exprimer et d’exister à nouveau, de vibrer !

La mise en scène de Quentin DEFALT est originale.  Elle est caractérisée par plusieurs éléments particuliers : la musique a une place importante, ce qui donne un côté cinématographique, du rythme, de la vivacité à la pièce de théâtre.

Il utilise aussi plusieurs draps blancs, translucides, qui structurent la scène de façon particulière : de petits coins délimités dans la grande scène.

A chaque fois qu’une scène commence, un comédien ouvre un rideau : une manière de rappeler les chambres d’hôpital du Val-de-Grâce séparées les unes des autres par des rideaux. De plus ces grands draps blancs sont légèrement teintés de rouge ce qui amène l’ambiance lugubre des Hôpitaux.

Parfois les scènes se superposent (une au devant de la scène, une à l’arrière.) ce qui nous offrent une vision d’ensemble de la scène étonnante.

Le décor est simple, efficace et sobre, ce qui convient parfaitement à un sujet délicat comme celui là.

Cette pièce de théâtre écrite par Aïda ASGHARZADEH comporte quatorze rôles interprétés par quatre comédiens, deux femmes et deux hommes. Ces deux derniers interprètent de manière réaliste les états d’âmes des vétérans avec quelques petites touches d’humour. Une des comédiennes qui joue (entre autre) le rôle d’une jeune infirmière du Val-de-Grâce a une réaction forte de dégout quand elle voit pour la première fois le visage mutilé d’Eugène. De telle sorte que les spectateurs imaginent, (sans avoir encore vu le visage d’Eugène) la monstruosité de ses plaies. Cependant par la suite, le visage d’Eugène va nous être montré, ce qui n’aurait pas été nécessaire. On aurait pu tout simplement laisser place à l’imagination des spectateurs.

Au visage sont associés des regards d’autrui, aux regards une identité, à l’identité un rôle, au rôle un sens de vie. Mais que fait-on quand on n’a plus de visage ? C’est précisément la question que traite ce spectacle. Que fait-on quand les autre nous voient comme un monstre ? Les Vibrants remet en question le regard qu’a porté la société française  sur les gueules cassées, le regard que nous aurions pu porter.

Charlotte S.

Une création sur les gueules cassées qui nous fait vibrer.

Eugène, jeune homme blessé au visage à Verdun en 1916, se retrouve confronté à l’image de son faciès désormais défiguré. Mais, lorsque rien ne semble lui redonner goût à la vie, il fait la rencontre de l’étincelante et célèbre Sarah Bernhardt qui l’initiera au théâtre.
Ainsi, bercé par les mots foudroyants de celle-ci et sous le masque au nez proéminent d’un certain Cyrano de Bergerac, Eugène entame une nouvelle vie aux passions vibrantes.

Cette pièce sur les gueules cassées de 14-18 montre combien l’art et donc ici, le théâtre, peut adoucir  l’horreur de la guerre.
La scène est sans cesse occupée par les lumières semi-obscures, accompagnée par le jeu de transparences des longs rideaux pivotants et trempés de sang, tels des bandages de blessés. Le metteur en scène les utilise astucieusement pour suggérer les flash-backs de l’histoire.
Les effets sonores très présents nous plongent dans une atmosphère très cinématographique, nous faisant revivre très intensément les traumatismes auditifs des soldats dans les tranchées. L’usage de masques de latex pour représenter de façon réaliste les gueules cassées m’a semblé par contre un peu « grossier » par opposition à la  subtilité et féerie des rideaux.
En revanche, l’opposition entre le nez inexistant d’Eugène et « la péninsule » de Cyrano de Bergerac me paraît extrêmement pertinente avec la mise en abîme du théâtre dans le théâtre.
Quant aux acteurs, beaucoup plus jeunes que certains de leurs personnages, ils jouent à la perfection notamment, Amélie Manet qui interprète une Sarah Bernhardt à la fin de sa vie, la voix cassée de la tragédienne et la démarche boiteuse.
Avec peu de moyens, cette mise en scène très inventive est à couper le souffle. A voir !

A.Giner

Les vibrants frémissent seuls sur scène, mais leurs gémissements s’entendent à des lieues à la ronde et sonnent à travers le temps.

Les vibrants, une pièce d’Aïda Asgharzadeh, mise en scène par Quentin Defalt, jouée par les quatre jeunes comédiens talentueux que sont Elisabeth Ventura, Benjamin Brenière, Matthieu Hornuss et Amélie Manet.

Eugène, soldat durant la Grande Guerre, doit apprendre à accepter son nouveau visage, détruit par un éclat d’obus. Malgré les encouragements de son médecin et quelques lettres d’amour factices envoyées par l’infirmière pour qu’il ne perde pas espoir, il ne s’accepte pas et refuse tous traitements.

L’arrivée de Sarah Bernhardt à l’hôpital du Val-De-Grâce va le forcer à monter sur scène. Il découvre alors un monde parallèle où le vrai et le faux ne font qu’un, où la parole libère les âmes, où le comédien n’est plus lui-même, mais un autre homme. Fascinée par Eugène, Sarah Bernhardt va l’aider et le faire monter sur scène à la Comédie Française pour jouer Cyrano de Bergerac. Malgré son manque d’expérience de la scène, Eugène rencontre un succès phénoménal. Plus qu’un comédien, il devient une icône du courage des gueules cassées face à leur visage.

Les lieux sont différents selon la disposition des rideaux de gaze ensanglantés qui traversent la scène de part en part. Tirés en deux temps trois mouvements, ils façonnent la scène selon le bon vouloir des comédiens. Ils créent une ambiance intime de confidence et de secret, tentant tant bien que mal de cacher au public le visage d’Eugène. Ils créent une atmosphère de silence, de honte et de secrets. Ils occupent l’espace, sans pour autant l’étouffer et le réduire. Le décor, bien que très peu complexe, est réaliste et, de par sa discrétion et sa simplicité, semble un peu superflu. Des costumes simples, qui créent un climat familier, dans lequel nous n’avons aucun mal à nous imaginer. Il est ainsi plus simple de s’identifier aux personnages (même si leur situation reste difficilement imaginable). Un masque se voulant réaliste pour Eugène, mais qui aurait néanmoins mieux fait d’être moins stylisé et plus abstrait (on peut constater une tentative de réalisme, qui aurait malheureusement dû être mieux réussie ou inexistante). Je pense qu’on aurait, en effet, pu se passer de ce masque, et le metteur en scène aurait mieux fait de trouver une autre solution. Une musique douce quasiment constante, qui nous aide à nous plonger dans cet univers parallèle. Presque inaudible, elle nous aide pourtant et nous berce au fil de l’histoire sans que nous n’en ayons vraiment conscience.

Une pièce très belle et très bonne, qui aurait néanmoins pu être excellente à quelques détails près.

Roman BS.

L’impact moral et physique des violences de la guerre présenté sur scène

La pièce raconte l’histoire de Eugène, un résistant de la guerre 14-18 têtu et insolent qui, pendant une bataille, reçut un éclat d’obus qui déforma son visage. Il resta sans presque dire un mot, sans grande interaction avec quoi que ce soit,  au Val-de-Grâce jusqu’à qu’il fasse la rencontre de Sarah Bernhardt, qui fut certaine que le théâtre pourrait sauver le malheur d’Eugène. Il va ainsi interpréter Cyrano de Bergerac, tout en essayant de faire face à un dilemme amoureux des plus complexes.
J’ai personnellement vraiment apprécié cette pièce en chacun de ses points. Notament la mise en scène originale avec les différents rideaux transparents permettant de pouvoir jouer plusieurs scènes en même temps, mêlés à un jeu de lumière particulièrement réussi, qui vient rendre la mise en scène d’autant plus belle tout en ajoutant encore plus d’émotion. Les comédiens jouent particulièrement bien, et on le remarque lors de la scène de bataille, des scènes de folie, de douleur et évidement des scènes de flash back où l’énergie et la puissance que donnent les acteurs se fait vraiment ressentir. Le choix de la musique et des costumes sont également très réussis et nous immergent encore plus dans l’intrigue.
Les vibrants éveillera chacune de vos émotions dans cette pièce, mêlant la triste réalité des dommages de la guerre et des péripéties sentimentales prenantes. A ne surtout pas manquer !

Lino S.

Cette pièce de théâtre met en scène un jeune homme nommé Eugène, qui part pour la Première Guerre Mondiale, en 1914. Malheureusement il reçoit un éclat d’obus dans le visage et devient une « gueule cassée ». A l’hôpital, au Val-de-Grâce, où il se fait soigner il rencontre la Grande Sarah Bernhardt qui lui fait découvrir le théâtre. Eugène interprétera Cyrano de Bergerac dont l’histoire est étrangement similaire à la sienne : Eugène est aussi pris dans un triangle amoureux.

Cette pièce m’a énormément plus. Benjamin Brenière, qui interprète Eugène, réussit à faire passer sa souffrance,et à nous déboussoler autant qu’il l’est lui-même. Durant ses cris et ses plaintes nous sommes si impliqués que nous sortons avec une boule au ventre. Nous ressentons sa souffrance. Cependant, durant la rencontre, il m’a paru un peu distant mais je pense qu’il était épuisé après la représentation.

Le décor quant à lui donne une touche spécifique à la pièce, cela rend le spectacle vivant et dynamique car les comédiens doivent déplacer les rideaux, ce mouvement crée des changements de lieu et de temps. C’est très simple et efficace.

Cette pièce m’a enthousiasmée et émue.

Paula B.

Une pièce qui vous fera vibrer.

En 1914 Eugène, un jeune lieutenant, sera défiguré par l’explosion d’un obus pendant les combats. Quand le pièce commence, il se trouve au Val de Grâce, un hôpital pour « gueule cassée » où il tombe en dépression. Là-bas, il fera la rencontre de
Sarah Bernhardt qui l’engagera pour jouer le rôle de Cyrano de Bergerac (ce qui est un comble, car il a un trou béant au milieu du visage) devant des vétérans de la guerre; ce rôle lui redonne confiance en lui . Dans cette pièce le décor change souvent en jouant avec des rideaux et des lumières pour attirer l’œil sur un côté ou l’autre de la scène. Sinon, sur scène, seuls un lit et des bancs sont présents. Décor sobre donc.

Superbe spectacle, a voir !

Lucas B.