LE ROI SE MEURT au Théâtre de L’Épée de Bois jusqu’au 20 décembre

 

Texte Ionesco / MES Antonio Diaz-Florián

 

Critique par Meziane I. (TREMPLIN 2)

Le Théâtre de L’Épée de Bois présente à notre plus grand plaisir Le roi se meurt d’Eugène Ionesco, mis en scène par Antonio Diaz-Florián, une pièce touchante qui entraîne le spectateur dans un captivant voyage mêlant l’humour au drame.

Cette pièce tragique s’ouvre sur un monde tombant en ruine, un passé glorieux qui penche vers sa fin. La reine Marie, première femme de Bérenger 1er, est plus que consciente de la fin du règne de celui-ci, elle ose espérer qu’il l’acceptera avec la dignité qui correspond à son rang. Marie, deuxième femme du roi, s’attriste de cette mort imminente et la refuse, ce contre quoi le médecin s’insurge à l’aide de multiples preuves de toutes origines. Le garde et Juliette, servante du palais, s’attristent de la fin de leur bon roi. Mais le roi se refuse de croire en sa mort prochaine. Au fil de la pièce, il passera de la dénégation à la révolte, puis finira par la résignation.

La mise en scène est, à bien des niveaux, remarquable, notamment les costumes qui s’associent parfaitement avec le cadre de la pièce, celui de la monarchie, et dont les couleurs, noir pour le roi et blanc pour les autres, évoquent par avance le dénouement de la pièce. De la même manière, le maquillage est une réussite ; les masques de crèmes blanches qu’arborent les acteurs les font disparaître au profit de leurs personnages respectifs et font ressortir avec puissance les émotions. Chaque acteur s’inscrit dans son rôle : les personnages sont à la fois uniques, mais se rejoignent tous en une émotion commune, la tristesse.  Cependant, chaque personnage l’exprime à sa manière. L’ensemble crée une cohésion entre tous les personnages qui plonge le spectateur dans le courant émotionnel de la pièce. Le caractère tragique est régulièrement renversé par les interventions humoristiques qui surgissent de manière inattendue, ce qui vient étonner le spectateur et ajouter une dimension supérieure à l’œuvre. Il ne faut pas non plus oublier les jeux de mouvements qui offrent du dynamisme et empêche la salle de sombrer dans l’ennui.

Le travail d’Antonio Diaz-Florián et les performances de la troupe de L’Épée de Bois aboutissent à une superbe mise en scène qui vient ravir le spectateur et l’immerger dans un monde à la fois lyrique, tragique et humoristique.

Une œuvre splendide qui mérite qu’on la voit.

 

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