LES AUTRES au Théâtre de L’Épée de Bois jusqu’au 23 décembre

Texte Jean-Claude Grumberg / MES Jean-Louis Benoit.

 

Critique par Iannis V. (TREMPLIN 2)

 

Les Autres est une pièce de Jean-Claude Grumberg, mise en scène par Jean-Louis Benoit. C’est un spectacle aussi drôle que tragique où le spectateur passe du rire au début de la pièce, à la tristesse à la fin. Cette pièce est composée de plusieurs petites pièces que Grumberg avait écrites auparavant : Michu en guise d’introduction, Les Vacances, Rixe, et La Vocation en guise de fin tragique. Ces différentes parties racontent les péripéties d’une famille de français « moyens » voire qualifiés de « beaufs ». Les Vacances par exemple dévoile le comportement de cette famille en vacance (en Grèce) dans un restaurant. On découvre le racisme des personnages dans leurs propos, et l’obsession paranoïaque du père de famille qui pense s’être fait arnaquer.

L’un des points les plus positifs de l’œuvre est sans doute le jeu des acteurs tristement drôle et pourtant réaliste. Je pense au personnage de Jean, incarné par Pierre Cuq et surtout à Henri, le père de famille enrôlé par l’excellent Philippe Duquesne. Ces deux acteurs semblent faits pour leur rôle.

La mise en scène de Jean-Louis Benoit est simple et réaliste, elle est néanmoins très réussie de par sa mobilité agréable : les décors glissent d’un point à un autre de la scène. Les accessoires et les éclairages sont sobres et accentuent le réalisme de la mise en scène.

Cette pièce est intéressante car elle traite un sujet rarement utilisé au théâtre en mêlant tragédie et comédie. Dans son œuvre Grumberg nous dévoile une réalité de la société, il nous montre de manière brutale le quotidien et le comportement raciste d’une famille de français « moyens ».

Une pièce à ne pas rater rien que pour sa thématique inhabituelle, et pour le jeu de son acteur principal, Philippe Duquesne.

Critique de Ninon S. (TREMPLIN 2)

Présenté comme comique au début de la pièce, le racisme dégoute le public au fur et à mesure du temps passé à L’Epée de Bois. La gradation ascendante qu’est Les Autres donne à méditer sur les pensées des Français.

Ce spectacle, écrit par Jean-Claude Grumberg et mis en scène par Jean-Louis Benoit, est constitué de quatre courtes pièces: Michu , Les Vacances , Rixe , et La Vocation .

Dans la première scène, le thème est la peur d’un homme envers lui même. L’homme banal accepte tout ce que lui dit son collègue de bureau Michu: il se croit pédéraste, communiste et juif et craint donc pour lui. Cette représentation m’a paru comique, Philippe Duquesne joue à cet effet, sa gestuelle et son ton de voix font rire.

La deuxième partie met en scène une famille de français qui est en vacances à l’étranger. Pour eux, tout ce qui ne provient pas de France les rend malade. Henri, le père, alias Philippe Duquesne ici aussi, ne cesse de crier contre “les autres”. Le peu

de décor et de changements lumineux ainsi que les propos racistes que tient la famille sont angoissants. Ces propos continuent d’être développés dans la troisième pièce: le même père de famille rentre dans une voiture et accuse son conducteur, un “bougnoul”, d’en être le seul responsable. Il le tue et ne paraît pas être déranger par son acte. Ce personnage m’a écoeuré, peut être était-ce le but du metteur en scène? Jean-Louis Benoit a choisi d’entourer Henri d’êtres moins imposants pour qu’il soit le centre de notre attention: Nicole Max qui joue Aimée, la mère, est petite et sa voix ne porte pas autant que celle de Duquesne, et Pierre Cuq qui incarne le fils, paraît mal à l’aise, sentiment partagé avec le public, et renfermé sur lui même. Ce dernier est un des deux protagonistes de la dernière pièce. Dans celle-ci, il doit annoncer à son père, abominable haineux de la justice, que sa vocation est d’être agent de police. La mise en scène rend compte de l’étroite situation dans laquelle il se trouve. En effet, le papier peint rayé de sa chambre nous fait penser à une prison et l’espace qui constitue sa chambre est extrêmement petit.

Par l’intermédiaire de l’ingénieuse idée de n’utiliser que deux panneaux mobiles et d’excellents acteurs, Jean-Louis Benoit met le public devant ses répugnances et, indirectement, il nous critique.

Les Autres dérange, ce n’est pas un spectacle agréable à voir mais il devait être fait comme il a été fait. A voir car le théâtre c’est peut-être aussi ressentir des émotions qui ne nous plaisent pas.

Critique de Alia Y.S

LES AUTRES est une pièce divisée en 4 actes portant toutes sur une famille composée d’un père, d’une mère et de deux assez âgés tous les deux. Cette pièce traite de la xénophobie, du racisme religieux et de la relation familiale.
Dans chaque acte, une discrimination à lieu, dans le premier, c’est par rapport aux juifs, communistes et pédérastes.
Dans le second la discrimination est faite vis à vis d’un restaurateur étranger.
Dans le troisième acte c’est vis à vis d’un « bougnoule  » comme le nomme le père de famille. Dans le quatrième et dernier acte, il est question de la relation père-fils inexistante entre le père et l’aîné. Celui-ci n’ose pas dire certaines choses à son père. Cela reflète bien le manque paternel présent dans cette famille.
Cette pièce dénonce au travers de différentes histoires décors (ceux-ci étant d’ailleurs plutôt sobres, juste quelques meubles dans chaque acte), le racisme que l’on retrouve en France. Le stéréotype du raciste est ici représenté. Certains termes sont employés au cours de la pièce comme « je suis chez moi ici », « qu’ils rentrent chez eux », « Le français est con », « t’as pas intérêt à re fouttre les pieds ici », « mort aux vaches ».
Cependant, malgré cette bonne initiative de la part de la compagnie, je n’ai pas du tout aimé la pièce. Je n’ai pas réussi à être captivée par la pièce, cela doit aussi être à cause du fait que je ne supporte pas d’entendre ce genre de remarques racistes.
Au niveau matériel, les comédiens endossaient bien leur rôle. J’imagine que devoir interpréter le rôle d’une personne raciste ne doit pas être simple du tout. Ceci dit, les comédiens jouent vraiment bien. Le côté inhumain et impulsif du père, soumis de la mère, passif du plus jeune des fils et le côté peureux de l’aîné était vraiment bien interprété par chacun des comédiens. Les changements de scène et de décors étaient rythmés par une musique simple (une trompette, des percussions, une clarinette et un instrument à cordes).
Je ne sais pas si je recommanderais cette pièce à quelqu’un…

 

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