Le dur désir de durer au Théâtre Monfort (avec le ThdelaVille) jusqu’au 17 février

 Vu par Ilan V.D, Lily-Kay C.,Callista D. et Kirian C.(Envol)

Théâtre DROMESKO

« Et maintenant ?
Et maintenant nous y sommes. »

Indéniablement la troupe du Théâtre Dromesko parvient à nous emmener quelque part, sans vraiment qu’on sache où. Peut-être à la lisère entre la vie et la mort, là où germent les doutes et les craintes, partagé entre l’ombre et la lumière, là où le temps n’est plus, là où l’art rencontre la folie.
C’est dans une atmosphère empreinte à la fois de la verve kusturicienne et de la chaleur de la culture hispanique, que nous découvrons le travail de la compagnie d’Igor Dromesko. Un travail d’un esthétisme accompli sur la matière humaine, conciliant brillamment la poésie, la danse et le théâtre afin de guider le spectateur vers une réflexion sur l’Homme, le tout ponctué d’un humour aux allures foraines.

Une véritable tempête avant le calme qu’il faut s’empresser de découvrir.
Ilan V.D.

Le dur désir de durer nous transpose et nous dépose à l’aube de la nuit, au début des derniers instants.

Puisque (comme l’annonce le sous-titre), « après-demain, demain sera hier », le temps toujours soumis à la relativité, passe pourtant petit à petit. L’absurdité de cette pièce émerveille son public par l’étonnante simplicité et originalité du passage de ses personnages d’un monde à l’autre.
Le désir de durer implique une difficulté car nous sommes rattrapés par la fatalité de la mort. Hommes et femmes vieux et plus jeunes, seuls ou accompagnés, malades ou en pleine santé, passent dans le couloir enjoué des derniers instants de la vie. En plus de tous ces humains encore bien vivants, quelques animaux ont la gentillesse de les escorter : un cochon à tutu rose défile fièrement, un oiseau déploie élégamment ses grandes ailes et un poney donne du fil à retordre à sa cavalière.
« Si en vie, je ne veux pas de la mort, moi, mort je ne voudrai surement pas de la vie ! », chiasme de toute logique, énoncé par un monsieur bien déterminé à philosopher. Tous nos personnages déambulent, se précipitent ou même habitent pendant quelques minutes, dans ce couloir, tantôt lumineux et chantant, tantôt silencieux et noir. Que ce soit dans un lit, à pied ou au travers du vent, à pirouette sur les mains ou en dansant, le chemin doit être parcouru d’une extrémité à l’autre : il faut nécessairement « passer de l’autre côté »
Cette pièce suscite des interrogations permanentes. Les dialogues sont rares, les monologues aussi. Le sens peut échapper si ce n’est qu’il n’y en a pas. Les liens entre les scénettes comiques n’ont pas tout à fait lieu d’être. En tant que public, je demeurais perdue entre tous ces personnages, leur devenir et ce qu’ils avaient pu être avant d’arriver là, maintenant, à la fin.
La danse moderne, les chants espagnols et les violoncellistes permettent à l’ouïe et le regard d’être accaparés. Même le corps est perturbé soit par les éclaboussures d’eau, soit par l’immense ventilateur provoquant une tempête vraisemblable.  Paradoxalement, ce passage de la vie à la mort, démontre de cette manière au public qu’il est bien vivant.
Certains avancent tête baissée, pressés, sans remarquer qu’ils sont déjà dépassés par le temps et foncent inconsciemment vers la fin. D’autres y avancent difficilement, portés doucement par la maladie.
Cette pièce absurde, amène à se questionner, à interpréter, tout comme dans la vie : on ne voit pas toujours, le sens et le lien des événements qui s’enchaînent.

Je conseille vivement cette pièce aux amoureux de la réflexion. Ce spectacle est une véritable œuvre d’art. Je la vois comme un tableau abstrait, on comprend le sentiment qui en émane mais l’interprétation est singulière à tout un chacun. L’ineffable donne à voir et suscite l’émerveillement.
Lily-Kay C.

Une excellente pièce qui m’a tout simplement épatée.

La pièce de Guillaume Durieux est mise en scène par Lily et Igor avec la troupe du Théâtre Dromesco. Un peu comme dans un cirque, dans le petit chapiteau, le public est assis de part et d’autre de la scène, se faisant face. Dans la saison hivernale, cette disposition crée une ambiance chaleureuse.
Plutôt qu’une histoire, le fil conducteur de la pièce semble être de l’ordre du symbole, tel que la représentation du temps qui passe, des tempêtes de la vie et de sa fragilité. A une procession succède un discours philosophique, des danses contemporaines, puis un défilé de passants affairés. Ces scènes s’accompagnent de musiques aux intonations espagnoles. La mise en scène très mystérieuse soulève la question de ce qui se passe après que les personnages disparaissent en coulisses.
J’ai surtout été marquée par l’originalité de la mise en scène, avec la forte présence de la musique, ce qui me plait toujours. En effet, dès le début de la pièce, la chanson de la Vierge de Séville accompagne une chorégraphie aussi drôle qu’absurde : des danseurs sans bras ni têtes donnent l’impression d’avoir deux paires de jambes attachées au tronc.
Un autre aspect de la pièce qui m’a semblé intéressant est le déplacement des acteurs, qui s’effectuait toujours dans le même sens (de la vie vers la mort ?). Dans une première scène, un individu tente de résister à la force d’une foule. Dans la scène suivante, cette foule est aspirée par une tempête qui soulève les rideaux des coulisses et emporte le moindre objet avec elle. Cette scène impressionnante m’a laissée bouche bée.
Enfin, j’ai beaucoup apprécié la participation des divers animaux grâce auxquels l’ambiance prend un air comique et surprenant, le marabou Charles apportant même un brin de magie.

Callista D.

La mise en scène du Dur désir de durer par la compagnie Dromesko est des plus originale. Il m’est assez difficile de faire une critique sur un spectcale aussi excentrique. Sur scène, nous trouvons aussi bien des comédiens citant des vers d’Arthur Rimbaud que des porcs en tutu dansant sur Le lac des cygnes de Tchaïkovski. Bien que je sois sans doute complètement passé à côté du fond de la pièce, j’ai apprécié la prestation des comédiens, danseurs et musiciens. Aucun décor, seulement des accessoires, pas non plus de cadre temporel, ce qui confère à la pièce une portée universelle et intemporelle.  Très peu de texte mais grâce au jeu très expressif des comédiens, cela ne manque pas. La pièce est très visuelle et à parfois des côtés burlesques. Le tout est plutôt amusant ! A voir !

Kirian C.

 

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