TRISTESSES à l’Odéon jusqu’au 27 mai

 Vu par Pauline F.

Spectacle d’ Anne-Cécile Vandalem

C’est à travers une mise en scène et des décors pour le moins innovants qu’Anne-Cécile Vandalem immerge ses spectateurs dans la vie et dans les tourments de huit villageois pendant 2 heures intenses.
D’emblée le spectateur est plongé dans le quotidien tragique des personnages. Ces derniers, joués toujours avec une incroyable justesse par des comédiens extraordinaires prennent vie à travers des caractères divers donnant énormément de profondeur à chacun. Leur jeu est si fort qu’il permet aux spectateurs de fustiger ou de s’attacher à eux et leurs histoires auxquelles on croit sans hésitation.
Des musiciens se déplaçant sur le plateau, à l’apparence d’âmes d’anciens habitants qui errent sans but rythment les humeurs et les déplacements des personnages à la manière d’un thriller politique et tiennent ainsi le spectateur en haleine sans jamais perdre son attention.
L’utilisation de la caméra et de l’audiovisuel, qui paraît parfois comme une mode et un accessoire au sein de certaines mises en scènes de nos jours est ici parfaitement utilisé et ne paraît à aucun moment superflu. Des déplacements de caméras, des plans séquences à la manière d’Ivo Van Hove. Le rapport entre le pré-enregistré et le direct trouve réellement sa place au sein du plateau et est toujours maitrisé avec justesse.
Enfin les lumières sombres qui s’accordent avec le décor nous plongent sur une île et l’on peut facilement s’imaginer vivre avec les comédiens dans ces temps sordides.
Malgré les décors importants et spectaculaires, la mise en scène reste épurée, simple et met d’autant plus en valeur le jeu, encore une fois, incroyablement juste de la dizaine de comédiens présente sur scène.

Un bijou du théâtre moderne, du jamais vu, à ne rater sous aucun prétexte !

Un regard moins enthousiaste de Kirian C.

Je pensais voir une pièce de théâtre, j’ai vu une série. La mise en scène de Vandalem repose beaucoup trop sur la vidéo. Certaines scènes sont entièrement filmées. Les comédiens étant enfermés dans les décors (maisons, église…), nous devons alors nous contenter de l’écran au-dessus de la scène pour suivre. Quel dommage ! Le concept était très intéressant – suivre le personnage jusque dans son intimité, lorsqu’il rentre chez lui. Résultat, l’effet inverse se produit : le spectateur se sent plutôt exclu. De plus, le jeu des acteurs n’est pas totalement convaincant. Les touches d’humour de Soren Petersen ou du veuf semblent tomber comme un cheveu sur la soupe. Néanmoins, grâce aux musiciens jouant aussi certains des morts hantant encore l’île, et au fantôme d’Ida Heiger à la voix spectrale, l’atmosphère morbide qui entoure ce conte cruel est franchement réussie !

Un ensemble assez décevant. Dommage, l’histoire et les décors étaient plutôt prometteurs.

 

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