Ex : Les méfaits du tabac

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Texte Tchékhov mes Denis Podalydès

Un texte de 15mn mais un spectacle d’1h15…

C’est la belle idée de Floriane Bonnani, violoniste, et de Michel Robin, comédien, sociétaire de la Comédie Française, qui ont voulu réunir musique et texte dans un spectacle où la musique ne serait pas le faire valoir du texte mais à ses côtés, à part entière.

Tel est ce beau projet tel que le définit Floriane Bonnani :  » faire entendre et montrer des correspondances, des jeux de miroir, des reflets, entre certaines pièces musicales et certains textes afin de rendre sensible un monde où le théâtre et la musique entrent dans une véritable conversation, s’influencent, se répondent »

C’est ainsi qu’elle « convoque » au côté de Tchekhov, JS Bach, P Tchaïkovski, L Berio avec les deux musiciennes, Emmanuelle Swiercz, pianiste, et Muriel Ferraro, soprano.

Un spectacle qui nous a enchantés (Michel Robin, magistral d’humanité ! Des musiciennes excellentes et quelque peu comédiennes !) et qui a été suivi d’une superbe rencontre avec les quatre artistes : un grand merci à eux et à l’équipe des Bouffes du Nord qui a permis cette rencontre.

Les critiques des jeunes qui suivent  témoignent de leur enthousiasme !

lesmefaits photo Bouffes © Charles Mignon

Des critiques de …

Laurine G.

Les Méfaits du Tabac, pièce de Tchekhov, mis en scène par Denis Podalydès, relate l’histoire d’un vieux monsieur, Nioukhine qui est méprisé par sa femme , et fait ici une conférence sur les méfaits du tabac d’après l’ordre de celle-ci, accompagné de trois musiciennes, une pianiste, une violoniste, et une tourneuse de pages aussi chanteuse, qui viennent nourrir le texte de musiques aussi intenses qu’inquiétantes, mais va finalement plutôt raconter sa vie au lieu de disserter sur les dangers du tabac.

J’ai adoré cette pièce, elle était drôle, touchante, et bien rythmée grâce aux interludes musicaux. J’ai eu un coup de cœur pour le comédien qui, par son jeu, nous transmettait ses émotions, il était fantastique.

Le décor très épuré avec seulement des chaises, des étuis à violons, des partitions et des métronomes ça et là, rappelait le contexte de l’école de musique et ajoutait une part de mystère au début de la pièce, à savoir à qui appartiennent ces objets.

De plus j’affectionne tout particulièrement ce théâtre qui, de part son aspect vieux et rustique, presque délabré, donne une impression d’intimité, d’authenticité qui change des tapis rouges et des dorures.

Malgré cela je regrette seulement que le comédien n’ai pas plus parlé et que nous n’ayons pas vu la femme de Nioukhine, même si cela laisse une part de mystère.

C’est donc un spectacle génial qu’on ne voit pas passer !

Clément D.

Denis Podalydès relève le défi d’allier pièce de théàtre et concert de musique classique avec le comédien Michel Robin, les musiciennes  Emmanuelle Swiercz, la pianiste, Muriel Ferraro, la soprano, et Floriane Bonanni, la violoniste s’occupant par ailleurs de la conception du spectacle.

Les Méfaits du tabac, écrit par Anton Tchekhov est une pièce censée durer une quinzaine de minutes, elle va en durer soixante – quinze accompagnées des musiques de Bach, Berio et Tchaïkovski. J’ai trouvé ça génial ! Le comédien Michel Robin joue excellemment bien Nioukhine, personnage qu’il interprète, qui devrait  nous faire une conférence sur les méfaits du tabac, ordre de sa femme, mais qui va plutôt nous raconter sa vie, accompagné des musiciennes.

J’ai aimé les morceaux classiques, donnant un aspect de rêve que pourrait faire Nioukhine lors de ses longues pauses pendant ses discours. Très touchante, cette pièce tragi-comique dévoile la vie qu’un homme a vécue dans une école de musique sous les ordres de sa femme – qui n’apparait d’ailleurs jamais sur scène.

La mise en scène avec son décor et son jeu de lumière donne un aspect sobre et confortable à la pièce très agréable. Ce « concert » en un acte est une franche réussite.

Merci à DJL et les Bouffes du Nord ainsi que les artistes qui ont même répondu à nos questions à la fin de la pièce lors d’une table ronde !

Laetitia V.

Cette représentation part d’un projet de la violoniste Floriane Bonnani, et du comédien Michel Robin : monter un spectacle qui soit à la fois une pièce de théâtre et un concert. Ces deux artistes grandioses s’associent aux non moins talentueuses Emmanuelle Swiercz, pianiste, et Muriel Ferraro, cantatrice, pour élaborer dans une mise en scène de Denis Podalydès un spectacle au cours duquel musique et théâtre se mêlent, correspondent, résonnent, transformant le monologue de Tchékov en un dialogue saisissant.
Dialogue entre les deux arts, mais aussi dialogue entre le personnage Nioukhine, vieil homme usé et extrêmement attachant, et le public, largement sollicité puisqu’il s’agit initialement d’une conférence imposée par sa femme que le personnage transforme en mise à nu, en confidence d’une heure et quart dont le charme opère non seulement lorsqu’il parle, mais aussi lorsque la musique prend le relais car elle permet d’exprimer ce que le texte ne dit pas.
Cette idée m’a enchantée, tout comme la performance de Michel Robin, qui paraît tout à fait à sa place dans ce personnage qui cherche la sienne, et la virtuosité des musiciennes, bluffantes.
Une pièce délicieuse qui met du baume au cœur !

Selen A.

Au départ, l’idée d’assister à un monologue d’une heure cinq ne m’enchantait pas vraiment. Alors quand les trois musiciennes firent leur entrée sur la scène et que le spectacle prit une dimension toute autre que celle que je m’étais imaginée, mi-pièce de théâtre, mi-concert, j’en fus d’autant plus surprise. Le monologue qui en fait ne dure qu’un quart d’heure tout seul était donc accompagné par les trois musiciennes : Floriane Bonanni au violon, Muriel Ferraro au chant et Emmanuelle Swiercz au piano. Cette idée de faire cohabiter sur scène le texte et la musique est une idée de la violoniste Floriane Bonnani et du comédien Michel Robin.

Moi qui pensais m’ennuyer du début à la fin est été agréablement surprise de voir à quel point captivante cette pièce a été, du début à la fin, grâce à la fabuleuse prestation du comédien et des musiciennes (qui sont elles aussi un peu comédiennes). Les œuvres de Bach, Berio et Tchaïkovski s’accordent parfaitement avec l’esprit du personnage de Nioukhine et après avoir vu cette pièce interprétée d’une telle façon, il est difficile de lire le texte original de Tchekhov sans entendre les mélodies de  Bach, Berio et Tchaïkovski trotter dans sa tête.

Ce spectacle est une grande réussite, je le recommande à tous !

Elisa A. L.

Les méfaits du tabac , texte de Tchekhov  joué par Michel Robin, grand comédien de la Comédie Française, est mis en scène par Denis Podalydès, lui aussi issu de la Comédie Française. 

Ce récit est l’histoire d’un vieil homme souhaitant nous faire part des méfaits du tabac mais qui s’éloigne toujours du sujet jusqu’à ce que sa conférence prenne fin et qu’il ne puisse donc pas nous révéler ses opinions à ce propos. Il est accompagné de trois femmes (filles ou élèves) qui l’accompagnent entre quelques phrases, de musique classique (Bach, Tchaïkovski et Berio).

J’ai trouvé le personnage de Nioukhine très touchant, il s’égare sans cesse de son sujet en nous faisant part de ses expériences dans la vie, ses sentiments… De plus le jeu d’acteur irréprochable, nous fait même perdre la notion de jeu, ce qui rendait ce rôle de vieillard encore plus réaliste et vivant. Ce vieil homme mélancolique semble dépassé et vulnérable alors qu’il s’avère avoir un tempérament rêveur assoiffé d’aventure.

J’ai trouvé la mise en scène simple mais efficace. Les métronomes ainsi que les instruments de musique, nous installent dès notre arrivée dans un univers musical. Quant aux métronomes, ils font aussi référence au temps qui passe, de minuterie, des secondes qui s’égrènent. Les costumes d’époque des trois femmes sont simples eux aussi mais réalistes, celui de Nioukhine est très bien réalisé (un costume de cérémonie abimé par le temps).

J’ai beaucoup aimé cette pièce même si je l’ai trouvée un peu trop sombre, les décors, les costumes, mais aussi la musique vers la fin. Je l’ai trouvée peut être trop angoissante pour une personne qui voudrait s’en aller voyager et avoir du repos, et l’atmosphère y était pesante, contrairement au tout début ou la musique alternent entre joie et mélancolie. Mais je ne suis pas réellement sensible à ce genre de musique, c’est la raison pour laquelle j’ai trouvé qu’à certains moments la musique est trop longue et pas assez variée.

Cela reste tout de même une des pièces que j’ai préférée, les interprétations m’ont impressionnée d’autant plus que j’étais placée au tout devant de la scène et me trouvais donc en face de ce grand comédien qu’est Michel Robin. Ce qui m’a aussi impressionnée, c’est de voir l’aisance que possédaient les musiciennes au violon comme au piano et aussi la voix de cette chanteuse que j’aurais aimée écouter plus longtemps.

Gabriel S.

Les Méfaits du Tabac est une pièce écrite par Anton Tchekhov et parue en 1902. Cette pièce est une scène monologue en un seul acte dans laquelle Nioukhine, un vieux bonhomme quinquagénaire rabougri, doit faire une conférence, à la demande de sa femme, sur les méfaits du tabac, dans une petite province. En réalité, il est peu question de tabac mais plutôt des jérémiades d’un homme que sa chère épouse tyrannise depuis le jour de son mariage, et qui va profiter de ce petit instant de répit pour s’apitoyer sur son sort.

Ce qui m’a beaucoup plu dans cette pièce, c’est avant tout l’originalité de la mise en scène. En effet, sur environ une 1h de spectacle, Michel Robin (l’acteur jouant Nioukhine) ne parlera que 15 minutes, les 45 autres restantes étant consacrées à une pianiste et une violoniste, toutes deux très talentueuses, qui nous berceront, nous envoûteront tout au long de la représentation. Les jeux d’ombres et de lumières jouent un rôle capital dans le spectacle: tantôt clair, tantôt cauchemardesque. Michel Robin est parfaitement dans son personnage, et captive ainsi le public, de façon à ce que celui-ci éprouve l’envie de lui répondre, de débattre à son tour.

J’ai trouvé cette pièce magistrale, de par l’atmosphère qu’elle arrive à créer mais aussi de par le réel vent de fraîcheur qu’elle apporte au théâtre « conventionnel ».

 Eva B.

Les Méfaits du Tabac est un monologue d’une durée de 15 min écrit par Anton Tchekhov et accompagne de 45 min de musique. Cette pièce est mise en scène par Denis Podalydès.

La pièce raconte l’histoire de Nioukhine (joué par Michel Robin), un homme âgé qui est entouré de filles et que sa femme tyrannise. Il est censé faire un discours sur les méfaits du tabac mais il va divaguer et raconter sa vie et ses sentiments. Dans son discours, on sent qu’il veux être partout à la fois, qu’il veut voyager et qu’il rêve d’aventure.

Il est accompagné de trois jeunes femmes dont nous ne savons pas l’identité : elles sont, soit ses filles, soit des élèves de l’école où il travaille.

C’est une histoire bouleversante et très accrochante, accompagnée de musique classique (des œuvres de Berio, Bach et Tchaïkovski) qui s’accroche au monologue. Celui-ci est extrêmement bien joué par Michel Robin au point qu’on en oublie presque le fait que c’est une pièce.

Avant d’arriver au spectacle je ne pensais pas aimer autant. Le texte éest très beau et la musique est tout aussi belle. J’aime bien le classique mais je n’en suis pas folle et là j’ai vraiment beaucoup aimé. En tout cas cette pièce est de loin celle que j’ai préférée et je pourrais retourner la voir sans problème.

Melvyn C.

Les Méfaits du tabac est une excellente pièce en un acte d’Anton Tchekhov souvent donnée en « lever de rideau ». Elle a pour metteur en scène Denis Podalydès et est particulière en son genre car la musique fait partie intégrante de la pièce. En effet, en supprimant toutes les phases de musique, la pièce ne dure que 15 minutes ! Mais cela fait aussi partie de son charme.

Pour l’histoire, le pauvre Nioukhine (Michel Robin, le personnage principal) se voit obligé par sa femme de tenir une conférence sur les méfaits du tabac. Il ne sera pas tellement question de tabac, au final. Car l’homme se livre plutôt, révélant une existence absurde, comique, affligeante, entièrement dominée par le tyrannisme de sa femme. Le texte est argumenté de partitions musicales avec les artistes Floriane Bonanni, la violoniste, accompagnée d’Emmanuelle Swiercz au piano et de Muriel Ferraro, soprano. Sur les musiques de Jean-Sébastien Bach, Luciano Berio et Piotr Ilitch Tchaïkovski.

Sami D.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce spectacle. Le metteur en scène a fait le très bon choix de donner l’importance qui lui est due à la pièce courte de Tchekhov, en ajoutant quatre morceaux de musique de Bach, Tchaïkovski et Berio. Ces choix sont pertinents car les artistes sont contemporains de Tchekhov, Tchaïkovski en était même l’ami intime. La pièce qui normalement ne dure qu’un quart d’heure s’est ainsi transformée en une entité qui peut être jouée toute seule.

Même avec cet ajout, la pièce ne dure qu’une heure, ce qui est assez court pour une pièce de théâtre. Mais court ne veut pas dire pauvre ! La preuve : cette adaptation est très riche en intensité. La musique change énormément, passant d’une sonate à caractère heureux, enfantin, à un air d’opéra puis un solo de violon très brutal et éprouvant. J’ai trouvé que c’était en effet la musique qui rythmait la pièce. Le discours prononcé par Michel Robin est en quelque sorte neutre, et c’est la musique qui vient lui apporter du caractère.

Le metteur en scène donne à chacun sa place sur la scène : la chanteuse par exemple, n’est pas immobile mais sert aussi de tourneuse de pages à la pianiste.

Je trouve donc cette adaptation extrêmement bien réussie, elle m’a énormément plu.

Giulia M.

 Les Méfaits du tabac est une pièce écrite par Anton Tchekhov, en 1902. Cette très courte pièce (15min) est en fait un monologue du personnage principal, Nioukhine. C’est un vieil homme, assurant, entre autre, différents cours d’un pensionnat géré par sa femme, et s’apprêtant à prononcer une conférence sur les méfaits du tabac. En réalité, il ne fait que divaguer, s’apitoie sur son sort et se plaint de sa femme qui le tyrannise depuis plus de trente ans. Cette dernière n’apparaît jamais sur scène, bien qu’elle soit un des sujets principaux de la pièce. Nioukhine s’adresse directement au public, c’est un personnage drôle et attachant.

Les Méfaits du tabac était habituellement regroupée avec d’autres petites pièces, mais Floriane Bonnani, violoniste, et Michel Robin, comédien, sociétaire de la Comédie Française, ont eu la merveilleuse idée d’associer à ce texte de longs morceaux de musique, rendant la pièce indépendante (elle dure environ une heure). Les morceaux sont interprétés par deux talentueuses musiciennes, Emmanuelle Swiercz, une pianiste, et Floriane Bonnani. La chanteuse lyrique Muriel Ferraro est elle aussi présente. Ces trois femmes représentent les filles de Nioukhine.

Le décor est très sobre, composé simplement d’instruments de musique, d’un drap accroché dans le fond de la scène et d’une chaise utilisée par le vieil homme. Au début de la pièce, des métronomes, disposés sur la scène, battent la mesure, rappelant la notion de travail.

C’est la première fois que j’assiste à une pièce de théâtre accompagnée d’un concert, un concept original que j’ai beaucoup apprécié. Les partitions musicales choisies s’accordent très bien avec le texte. Ce spectacle m’a ravi, c’est une totale réussite.

Lina M.

C’est le va et vient incessant de plusieurs métronomes qui nous accueille et nous introduit dans l’univers de Nioukhine, vieil homme qui nous raconte sa vie au milieu de violents morceaux de Bach et de Berio. Le grand et impressionnant comédien Michel Robin prête son talent et sa prestance au personnage principal, dans un costume usé et rapiécé à l’image de sa propre existence qui semble être contrôlée par sa femme – directrice de l’école de musique dans laquelle se déroule la pièce et que l’on ne verra jamais (part de mystère…)

Au milieu du piano, des chaises, des partitions, des mélodies et de l’intense et transportante voix de la chanteuse d’opéra que l’on aurait aimé entendre plus longtemps, on fait la rencontre de ce personnage attachant et hors du commun. Il est censé nous  donner une conférence sur les méfaits du tabac mais la seule chose que l’on apprend à ce sujet est que « le tabac est essentiellement une plante ». Le reste du temps, le vieil homme s’égare et nous raconte sa vie, ses regrets, sa jeunesse, la tyrannie de sa femme et son quotidien. La musique marque le tumulte et l’angoisse de certains instants, comme a pour effet le solo de la violoniste à la fin de la pièce. Le jeu d’ombre nous plonge également dans une ambiance tendue, intense.  Cependant, la présence des trois jeunes femmes dans de magnifiques robes de Christian Lacroix (filles de Nioukhine ou pensionnaires de l’école ?) apporte de la douceur au monologue de cet homme aspirant simplement à fuir et dont la femme autoritaire et méprisante surnomme « l’épouvantail ».

Au final, cette pseudo-conférence n’aura jamais lieu : « Personnellement je fume, mais ma femme m’a ordonné de parler, aujourd’hui, des méfaits du tabac, donc, il n’y a pas à discuter. Puisqu’il faut parler du tabac, parlons du tabac, cela m’est complètement égal ».

En sortant de cette pièce de courte durée, on a l’impression d’avoir côtoyé un vieillard sympathique et attachant que l’on voudrait prendre dans nos bras et qu’on a le sentiment de d’ors et déjà connaitre, comme un grand-père que l’on souhaiterait avoir. J’ai beaucoup aimé cette pièce dont j’ai trouvé le concept (un seul acte en musique) original et l’histoire touchante, surement par l’excellent jeu d’acteur du brillant Michel Robin, rendant son personnage émouvant !

Quelques photos de la rencontre

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