Ex : La maison de Bernarda Alba

La maison de Bernarda Alba texte F.Garcia Lorca mes Carole Lorang

La dernière pièce de F.G.Lorca parle de l’enfermement, de la frustration et de la folie : un huis clos entre quatre sœurs tenues enfermées par leur mère pour un deuil de 8 ans après la mort du père  , cette mère, deux domestiques, tour à tour confidentes et servantes pauvres, et la grand mère, folle, enfermée dans sa chambre, qui s’en échappe parfois, la seule vraiment libre de cette famille emprisonnée dans ses fantasmes et son maintien absolu des apparences; une famille qui préfigure aussi la dictature espagnole qui, deux mois après la rédaction de La Maison de Bernarda Alba, va assassiner son auteur !

La mise en scène de  Carole Lorang met en valeur l’horreur de l’enfermement et la folie, la musique contribuant pour beaucoup à cette impression. Le décor, un plancher sans murs que ne franchissent jamais les sœurs (sauf Adela à la fin, la seule capable de se révolter au prix de sa vie) met en évidence la prison intérieure de ces jeunes femmes.

Une table ronde passionnante avec trois des comédiennes (Bach-Lan Lê-Bà Thi, Rita Reis et Anne Lévy), Francis Schmit, assistant à la mise en scène et Franz Leander Klee, qui a composé la musique au cœur de ce spectacle, a suivi la représentation. Les jeunes ont posé des questions très judicieuses (notamment sur la musique, la scénographie, le choix d’un comédien pour jouer le rôle d’Angustia ) d’ailleurs saluées par les artistes, et les réponses ont éclairé et permis d’approfondir la mise en scène et le jeu des comédiennes.

Un grand MERCI à eux pour leur disponibilité, et un grand MERCI aux Bouffes du Nord qui ont permis cette très belle rencontre .

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Beaucoup de critiques, en majorité élogieuses, de ….

Lila B.

J’ai trouvé la pièce  La maison de Bernarda Alba  intéressante et peine de vie. J’ai aimé la façon qu’a le metteur en scène de représenter l’isolement et l’enfermement des filles de Bernarda. Les actrices baignées de chaleur et de frustration  interprètent très bien leurs rôles en particulier la mère, le tyran, qu’on aime détester. J’ai constaté que la religion et la tradition dominent cette pièce ce qui la rend d’autant plus intéressante car elle nous plonge dans l’univers de l’Espagne des années 30.
J’ai également aimé le personnage de la grand-mère qui apporte une touche décalée à la pièce.

En résumé, je dirais que j’ai beaucoup aimé cette pièce, on réussit facilement à cerner les personnages, ce qui la rend d’autant plus intéressante.

Selen A.

La Maison de Bernarda Alba, pièce écrite par F.G. Lorca en 1936 (il y a 78 ans) a été, selon moi, magnifiquement bien représentée – pour notre plus grand plaisir – mardi dernier (11/02/2014) au Théâtre des Bouffes du Nord.

La brillante – ou devrais-je dire « lugubre » – mise en scène de Carole Lorang y a bien sûr joué un rôle important. L’unique décor de la pièce : des lattes de plancher directement posées sur de la terre séchée – moyen judicieux de représenter l’environnement rural de la maison –, des volets clos et de faibles rayons de soleil parvenant à passer au travers, ainsi que l’ambiance déjà assez sombre du théâtre en lui-même et la musique venant ajouter de temps à autre une petite touche amusante au décor ont permis de faire entrer le spectateur, dès les premières secondes, dans cette Espagne des années 30 touchée par la canicule, sans lui demander de faire quelques efforts de concentration.

Cette famille en deuil, constituée entièrement de femmes, plus ou moins âgées, a été très bien interprétée par des comédiennes et un comédien bourrés de talent. La grand-mère, tout comme la musique, apporte elle aussi une petite touche joyeuse au décor et les deux domestiques, qui sont par ailleurs de vraies commères, démarrent cette pièce qui durera 1h40 – et qu’on ne voit pas passer – en plantant le décor narratif et seront, durant toute la pièce, comme le deuxième public de cette triste histoire.

Un spectacle très réussi et simple à comprendre grâce à un texte et une interprétation très naturels. Je le recommande à tous !

Anouk M. 

La pièce de La maison de Bernarda Alba ne m’a pas énormément plu, j’ai trouvé que les dialogues étaient parfois ennuyeux et lents. Mais la mise en scène est impeccable et le cadre de la scène est superbe. Les décors ne m’ont pas déçue non plus, j’ai beaucoup aimé cet espèce de salle en ruines et le fait que le parquet se cassait un peu au bout, comme si la maison était aussi cassée que la famille de Bernarda et de filles ; la lumière nous donnait l’impression de chaud et d’enfermement dans cette atmosphère lugubre qu’est la pièce dans laquelle se déroule tout le spectacle.

Le point très positif qui a mon goût est assez exceptionnel, c’est que la pièce est jouée par des actrices (et un acteur qui joue le rôle d’Angustia) qui ont toutes bien compris leurs personnages. Dommage que l’histoire ne m’ait pas tellement accrochée…

Alice D.

Écrite par F.G. Lorca en 1936,  La maison de Bernarda Alba nous retranscrit un huit clos étouffant dans lequel une veuve impose à ses quatre filles le silence, en respect à leur père décédé.  L’auteur et le metteur en scène parviennent à nous plonger dans l’Espagne des années 30.

J’ai beaucoup aimé cette pièce, le metteur en scène a su nous communiquer cette atmosphère étouffante d’une maison endeuillée, refermée sur elle-même, par un temps de canicule extrême, au fin fond de l’Andalousie rurale. Le décor, judicieusement choisi, nous y plonge directement : un simple plancher de bois posé sur de la terre nue, à même le sol, 3 murs, couverts de volets entrebâillés, laissant filtrer quelques rayons de soleil ; ces quelques éléments suffisent à créer cette sensation lourde d’isolement et d’étouffement.

Les personnages sont incroyables! Que des femmes, toutes touchées par la rigidité de la matriarche qui mène sa maison à la baguette avec dureté. Chaque femme tient son rôle avec puissance et sensibilité. La frustration monte tout au long de la pièce, inévitable, irrépressible.

J’ai beaucoup aimé cette pièce, qui retranscrit parfaitement la frustration que peuvent ressentir les 4 filles de Bernarda. C’est un tour de force que réalisent ici le metteur et les comédiens, cette pièce est lugubre et je ne l’apprécie que plus. Il faudrait aussi souligner l’audace du metteur en scène et de la comédienne jouant la plus jeune des filles de Bernarda qui a osé porter une robe verte (le vert portant malheur au théâtre), quelle audace !

Enfin, pour conclure, j’aimerais rendre hommage  à la dernière phrase de la pièce, poignante et incroyable, c’est pour cela que je n’ai qu’un mot à dire : SILENCE !

Ada S.

Je dois vous avouer qu’avant d’entrer dans la salle, je ne savais pas à quoi m’attendre : en effet, j’avais déjà vu variété de pièces de théâtre engagé, et à chaque fois j’avais, soit détesté la pièce, soit il s’agissait pour moi d’un bonheur complet. Pour cette pièce, il s’agit du deuxième cas !! Non seulement la mise en scène est prodigieuse d’ingéniosité avec une réelle réflexion sur l’espace, autant du point de vue concret que celui que se fixent les personnages mentalement, un travail de lumières fantastique : on peut sentir la chaleur de l’été andalous en voyant la scène, et une musique ne faisant qu’améliorer le tableau… Le jeu des acteurs était magnifique et je ne parle pas des textes qui sont sublimes ! La seule chose que je regrette, c’est qu’un poteau se soit glissé entre moi et le plaisir à l’état pur, me cachant un pan du spectacle durant tout le long. Si je peux qualifier ce spectacle en deux mots et demi : chef d’œuvre !!!

Julia C.

J’ai beaucoup apprécié cette pièce. L’atmosphère pesante crée par Bernarda, terrifiante et grandiose à la fois, et par la chaleur de l’été andalou, sont captivantes dès les premiers instants.

Une tension constante règne tout au long de la pièce. Les personnages, toutes folles à l’exception d’Adela, qui réussit encore à croire à l’amour et à la vie, sont admirables dans leur insanité. Elles font peur, et on y croit.

La mise en scène très simple contribue, à mon avis, à ce portrait de la folie qui se transmet très directement. En évitant des décors trop chargés, la folie, présente constamment sur scène, peut prendre toute la place.

Le choix de prendre un homme pour jouer Angustias est très intéressant, pousse à réfléchir ; Angustias étant censée être la plus âgée et la plus laide des filles.

Cette pièce m’a donc énormément plu, pour la véracité des personnages, mais aussi pour toutes les différentes formes de folies que l’on pouvait y voir.

Sarah H.

La pièce la maison de Bernarda Alba , écrite par F.G Lorca m’a plu dans l’ensemble. Le metteur en scène a très bien su nous captiver et nous faire ressentir l’atmosphère de deuil qui pesait sur cette maison, mais également l’enfermement que subissent les quatre filles de Bernarda suite au décès de leur père.

Pour ce qui est des personnages , j’ai beaucoup aimé la folie de la grand mère qui à certains moments me faisait même assez peur. J’ai également apprécié le personnage d’Adela qui incarne la jeunesse, la passion et la rébellion. Même en sachant qu’il est destiné à sa sœur aînée, Adela est prête à tout pour être avec Pepe, celui qu’elle aime (quitte à y laisser sa vie). C’est surtout son côté courageux et déterminé qui m’a plu dans ce personnage.

Le décor était juste excellent , c’est un des points forts de cette pièce car il est à la fois simple et très bien choisi : en effet sur la scène il ne se trouvait que très peu de choses mais ça a suffit au metteur en scène pour nous montrer l’isolement et le deuil ressentis. Par ailleurs, j’ai aussi trouvé que le décor de la salle allait bien avec le décor de la scène , qu’il n’y avait pas de vrai décalage. Le seul point négatif pour moi aura été les dialogues , assez longs à certains moments et donc la pièce m’a paru alors assez longue.

Dans l’ensemble j’ai beaucoup apprécié cette pièce avec de très bons acteurs et un très beau décor , elle fait donc à présent partie de mes pièces favorites.

Gaspard S.

La pièce de théâtre que nous avons vu précédemment, La maison de Bernarda Alba de F.Garcia Lorca, a su critiquer le fascisme espagnol avec brio .Outre l’écriture de la pièce hors du commun, nous avons pu profiter d’une mise en scène exceptionnelle, notamment avec une construction des personnage qui nous permet de comprendre beaucoup de la psychologie de ceux-ci. De plus cette représentation a profité de bruitage et de musique superbement synchronisée avec les émotions et surtout ce sentiment d’enfermement déjà transmis par la construction du plateau.

Loan G.

La Maison de Bernarda Alba, composée en 1936, quelques mois avant l’exécution du poète Federico Garcia Lorca à Grenade par les Franquistes, est le dernier volet d’une trilogie dramatique de la terre espagnole andalouse, commencée avec Noces de sang en 1932 et poursuivie avec Yerma en 1934.

La mise en scène de Carole Lorang laisse pénétrer par les volets de la maison des rayons de feu que l’on devine douloureux tandis que les lignes de l’espace scénographique sont strictement géométriques et ne donnent nulle chance à la respiration des êtres vivants qui sont réduits à des figures vides dont l’âme meurt de ne pas exister.

Bernarda Alba (Sylvie Jobert), forte femme, vient d’enterrer son époux et revient à la maison entourée de ses filles qu’elle enferme littéralement chez elle pour un deuil de huit années. Cloches d’église, cris rapaces des oiseaux, passage bruyant de moissonneurs joyeux, telle est la vie sonore de la rue qui perce à travers les persiennes de bois.

Mais nulle échappatoire en perspective pour les jeunes demoiselles séquestrées qui doivent obéir aux règles de la religion et d’une morale stricte, si ce n’est l’aînée plus âgée, Angustia, fille d’un premier mariage, et dont la dot est conséquente. La maladroite Angustia est volontairement interprétée par un homme, Jérôme Varanfrain, dans la mise en scène de Carole Lorang qui veut souligner les décalages, les déplacements existentiels de la véritable nature des personnages.Ils ne savent jamais vraiment qui ils sont ou bien n’osent pas assumer leurs souhaits. La sœur aînée est promise à Pepe le Romano, fiancé par intérêt et qui n’a d’yeux que pour la plus jeune, la belle et rebelle Adela (Bach-Lan Lê-Ba Thi) qui seule reste attentive et donne prise à ses propres désirs, au nom des vertus de la nature, de l’amour et de la liberté.Entre les deux sœurs encore, une troisième, Martirio (Rita Reis) qui souffre de jalousie de ne pas se savoir aimée par le très demandé Pepe le Romano et qui n’ose pas s’opposer à sa marâtre de mère. Ces filles de maison exploitées témoignent des troubles sociaux de 1936.  Quant à la grand-mère, Maria Josefa (Véronique Nosbaum), c’est une vraie folle, enfermée aussi, mais elle chante à merveille la vérité et la liberté. Pourtant, les paroles restent âpres et dures.

Lina M.

C’est dans un magnifique cadre que nous avons assisté à un retour dans l’Espagne des années 1930, époque durant laquelle éclate la guerre civile et où le fascisme prend place.
Tout le long de la pièce, on fait connaissance avec une famille de femmes cloîtrées, privées de liberté après le décès du patriarche et dont le tyran n’est autre que la mère , l’autoritaire et imposante Bernarda Alba, redoutée de tous dans ce petit village andalou.
Le décor laisse filtrer les ombres et, recluses derrière leurs persiennes closes, les 4 sœurs voient leur jeunesse s’écouler. N’ayant le droit de rien faire, elles sont en proie à une véritable hystérie et la jalousie et l’agressivité prennent place entre elles. Face à ces jeunes femmes en détresse, Bernarda incarne la tradition et s’érige en despote bienséante mais lorsqu’elle se retrouve avec sa servante depuis des années, on ressent un peu de légèreté, des blagues fusent et on perçoit un franc parler qui fait sourire .
La plus âgée des sœurs n’est même plus une femme (son personnage est joué par un homme) tandis que la plus jeune se montre assoiffée d’amour et de liberté, elle ne veut pas abandonner. La seule issue face à cette atmosphère étouffante semble être la folie qui rode et que l’on ressent à chaque seconde.

A l’issue de cette pièce, Lorca nous fait toucher du doigt les terres arides d’Andalousie sur lesquelles fondait déjà le franquisme. Elle bouleverse, perturbe par sa force et par le biais des comédiens et de la mise en scène, on veut comprendre, savoir comment cela va se terminer et on en ressort à la fois subjugués et remués. Je l’ai trouvée étrange, oppressante mais j’ai aimé et la conseille ! C’est également une vision intéressante de la position de la femme, de sa soumission à cette époque et un plaisir pour les yeux que d’admirer ce théâtre si spécial.

 

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