Ex : Personne…/Karamazov / Mesure…

 

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Sam Braun  d’après les entretiens avec Stéphane Guinoiseau, mes Patrick Olivier

Sam Braun n’est âgé que de 16 ans quand il est arrêté par la milice française avec sa famille. Il ira donc à Drancy avant d’être déporté à Auschwitz-Monowitz où il restera jusqu’en 1945 avant d’entamer la « Marche de la mort » durant 4 mois.
La mise en scène de Patrick Olivier est très simple et très parlante, ce qui nous fait entrer dans l’histoire d’autant plus que des commémorations ont lieu à Auschwitz-Monowitz en ce moment même.
Les décors et la musique qui accompagnaient la pièce étaient tout aussi simples que la mise en scène, ce qui nous replace efficacement dans le contexte historique. La musique jouée par le violoniste et l’accordéoniste sur scène accompagne les paroles de Sam Braun et le diaporama laissant défiler des images d’archives.
La présence de Sam Braun est accentuée aussi bien par le jeu de l’acteur que par des paroles enregistrées de l’auteur lui-même que l’on entend durant la pièce. Patrick Olivier, metteur en scène et comédien, interprète de manière juste et émouvante le rôle de Sam Braun dont l’histoire ne nous laisse pas indifférent.
Un témoignage poignant et magnifique qu’il ne faut surtout pas rater.

Eva B.

karamazov  Mes Olivier Fenoy, CécileMaudet

Le Théâtre del’Arc-En-Ciel parie sur un projet ambitieux en adaptant une grande œuvre littéraire Les Frères Karamazov au théâtre. Ils sont quatre à avoir travaillé sur cette adaptation : Sophie-Iris Aguettant, Cécile Maudet, Olivier Fenoy et Bastien Ossart. Deux d’entre eux d’ailleurs sont les metteurs en scène, et l’un des deux interprète même le rôle du père, Fiodor Pavlovitch Karamzov, dans ce spectacle qui dure près de 3 heures !
Nous sommes bien dans l’âme slave absolue avec ces trois frères que presque tout oppose : Dimitri le passionnel, Ivan l’intellectuel et Alexeï le croyant  qui quitte le monastère pour tenter de régler les différends dans sa famille, et un père qui inspire tout, sauf de la sympathie. Ils n’arrivent pas à être heureux et sont toujours dans l’excès.
J’ai particulièrement apprécié le jeu de Bastien Fenoy (Dimitri) et de Peggy Martineau (Grouchenka), car je leur ai trouvé un jeu plus vivant et plus moderne que le reste de la troupe !
Le décor est simple, fait de trois gros pylônes, qui permettent de gérer les entrées et les sorties et de changer rapidement l’identité du lieu : un banc et des lumières, nous voilà dans le monastère, un lit et quelques livres nous voici dans la maison des frères Karamazov. La musique vient ponctuer le drame tel un gong asiatique.
Voilà un spectacle pour découvrir Dostoïevski, si on ne le connaît pas, cependant j’ai trouvé la mise en scène un peu trop classique à mon goût et j’aurais imaginé plus de folie autour de ces trois frères. Cela étant, je cours chercher ce roman pour le lire avec, je suis sûr, autant de plaisir que j’ai eu à lire Le Joueur.
Merci donc à toute l’équipe de m’avoir fait découvrir Les Frères Karamazov.

Gabriel N.

Mesures de nos jours

Texte Charlotte Delbo mes Claude-Alice Peyrottes

Mesure de nos jours est le dernier volet de la trilogie Auschwitz et après de Charlotte Delbo, une résistante communiste qui a connu les camps de concentration.
La pièce regroupe les récits de l’expérience de cinq femmes qui sont passées par les camps de concentration. Le texte en lui même est déjà très fort, on peut remarquer de nombreux jeux de mots et des parallélismes qui par moment peuvent faire sourire, mais qui la plupart du temps nous font prendre conscience de la dureté de leurs témoignages. Chaque personnage a un jeu et un caractère radicalement différent. La pièce n’insiste pas tant sur l’horreur de la vie dans les camps, que sur l’après. Les récits nous parlent beaucoup de la réinsertion de ces femmes dans la société, qui resteront à jamais traumatisées par leur destin. L’unique vrai dialogue est assez comique, mais le reste de la pièce est seulement composé de longs monologues très expressifs et très forts à leur manière, se répondant et donnant des points de vue différents sur ce qu’elles ont vécu. Mêmes réinsérées ces femmes resteront marquées à vie, avec des enfants, mariées ou remariées, il sera quand même pour toutes difficile de reprendre leur place.
La pièce parvient avec brio à nous faire connaître les pensées des déportés, ce qui nous permet de les voir, non plus comme une masse, mais comme des individus. C’est donc une excellente pièce qui fait preuve de beaucoup de force tout en restant humble et sans être romanesque.

Gaspard S.