TREMPLIN 2 2015-2016

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SPECTACLES EN GROUPE

Septembre : Danse/musique arménienne (Epée de bois)

Le chant de Karastan, Compagnie Hallet Heghayan

Chant de Karastan

 

Janvier : Philharmonie de Paris

Concert de l’orchestre de Paris : Songe d’une nuit d’été de F.Mendhelsonn, le concerto pour violoncelle de Schumann joué magistralement par A.Weilerstein qui a bissé avec une très belle suite de Bach et enfin Till l’espiègle de Strauss, qui a remporté l’unanimité de tout le groupe;

Présentation1

Février : Opéra de Paris (Bastille)

Il trovatore  G.Verdi mes Alex Ollé, Direction Daniele Callegari

Affiche DSC02814 Avant le spectacle

Première découverte de l’opéra pour la grande majorité des jeunes de TREMPLIN 2, et belle découverte puisque tous étaient très heureux à la fin, malgré l’heure tardive ! Quelques anciens de DJL nous avaient rejoints, heureux de redécouvrir avec nous un moment rare de musique !

DSC02820 DSC02818 DSC02822 Après…

Mars : Danse / Théâtre de la Ville

Borderline, Compagnie Wang Ramirez

De formidables danseurs, virtuoses de hip hop mais aussi poètes de l’espace qui nous ont fait découvrir un spectacle fort et beau : ils se donnent des contraintes,  attachés à des câbles, enfermés dans des boîtes, et les transcendent pour donner une danse pleine de vie qui occupe aussi bien l’espace que le sol. Au delà de l’esthétique, ils nous font rire aussi et nous donnent à réfléchir sur la liberté. Et généreux, ils nous offrent à la fin du spectacle quelques solos pleins de joie et toujours de virtuosité !

image Nika-Kramer-2 Borderline , direction artistique & chorégraphie Sébastien Ramirez , en collaboration avec Honji Wang , gréeurs Kai Gaedtke, Ralph Güthler , coordination gréeurs Jason Oettlé , composition Jean-Philippe Barrios , avec la participation de Christophe Isselee , et les voix de Chung-Won Wang & Henri Ramirez , lumières Cyril Mulon , collaboration dramaturgie Catherine Umbdenstock , scénographie Paul Bauer , réalisation costumes Anna Ramirez , interprétation Johanna Faye ,Honji Wang

© Andreas Herrmann

SPECTACLES EN AUTONOMIE

 

Depuis 3 ans, le théâtre de l’Epée de bois accueille les jeunes de TREMPLIN 2 (classe de première) dans le cadre d’un beau partenariat : contre une critique envoyée dans un délai rapide (que nous envoyons au théâtre et que nous publions sur notre page Facebook), le théâtre offre aux jeunes 2 invitations par personne (dans la limite de 6 invitations par spectacle).

Les jeunes choisissent au début de l’année dans toute la programmation entre 2 et 4 spectacles, selon leur appétit théâtral et surtout le temps dont ils disposent !

Cette année, chaque jeune a vu en moyenne 3 spectacles parmi 27 proposés par le théâtre. Tous ont fait l’objet d’une critique publiée sur notre site et sur notre page Facebook.

Un exemple : OCCIDENT  Texte Rémi De Vos Mise en scène Serge Lipszyc

Occident Vu par Idir Iguedef

Occident : la violence n’a jamais été aussi comique.

Une femme, la cinquantaine, attend son mari ivre. Débute un dialogue absurde et répétitif, d’une violence extrême au sein d’un couple en rupture, dont la solitude et le manque de communication entrainent les protagonistes vers une spirale infernale, du rejet de l’autre au désespoir, et de l’attirance du fascisme aux pulsions de mort.

Occident est une pièce dont il est difficile de se détacher tant sa violence est marquante. Le décor, simplifié au maximum – deux chaises, un panneau blanc- permet de se recentrer instantanément sur le cœur de la pièce, le texte et les acteurs qui la portent, réduisant ainsi la distance entre le jeu et les spectateurs, exposés sans protection à une tempête d’une heure et demie .

Si la tonalité du texte, composée au début d’insultes et jouant sur l’ivresse du mari, semble facile et assez grossière, on se rend très rapidement compte de la subtilité du propos qui se glisse entre les tirades des acteurs et  nous montre un couple qui se déchire, chacun abandonné par l’autre à la suite de déceptions successives mais qui s’aime encore et qui ne parvient plus qu’à fonctionner à travers les provocations , les reproches et les insultes ( sur le modèle du  « je te déteste: pourquoi est-ce que tu ne m’aimes pas assez ? » ) .

Lionel Muzin, le mari, nous entraine toujours plus profondément dans sa descente vers l’alcoolisme, le fascisme, et Julianne Corre joue à merveille le rôle de cette femme, dépassée par le chute libre de son mari, perdue elle aussi et qui n’arrive plus qu’à communiquer qu’à travers la  froideur et le sarcasme. Mais surtout ils font parvenir aux spectateurs un humour incroyable, corrosif, ravageur qui traverse la pièce et ses thèmes permettant de faire avaler cette pilule pleine d’amour, d’idées suicidaires, de racisme, de jalousie, de mort, d’alcoolisme, de haine, de sexe un peu plus facilement.

C’est donc une pièce à conseiller !

TQI

Depuis la rentrée 2015, DES JEUNES ET DES LETTRES a un nouveau partenariat avec le THÉÂTRE DES QUARTIERS D’IVRY (TQI) qui invite des jeunes en début de programmation : en retour ils s’engagent à écrire une critique qui est publiée sur notre page Facebook.

Chaque jeune a vu un spectacle de la programmation qui a fait l’objet d’une critique publiée sur notre site et sur notre page Facebook.

Un exemple : L’ADVERSAIRE d’après Emmanuel Carrère mes Frédéric Cherboeuf

Vu par Juliette Harty de Pierrebourg

« Le mystère, c’est qu’il n’y pas d’explication » – Emmanuel Carrère

Souvenez-vous, c’était en 1993. Jean-Claude Romand assassine sa femme et ses deux enfants, ainsi que ses parents et son chien, et tente de tuer sa maîtresse. Ils étaient sur le point de découvrir qu’il leur avait menti pendant 18 ans, leur disant qu’il était médecin chercheur à l’OMS, alors qu’il passait ses journées sur des parkings et des aires d’autoroute à lire des journaux. Cette affaire fascine Emmanuel Carrère, alors journaliste chez Télérama. Il décide d’en faire un roman. L’Adversaire. C’est en 2015 que Frédéric Cherboeuf rencontre Emmanuel Carrère pour lui parler d’un projet : adapter L’Adversaire au théâtre.
Cette pièce, en fait, c’est l’histoire d’un homme, Frédéric Cherboeuf, qui raconte l’histoire d’un autre homme, Emmanuel Carrère, auteur du roman L’Adversaire qui raconte l’histoire d’un autre homme, celle de Jean-Claude Romand. C’est à travers l’œil de Carrère que l’on découvre Romand. C’est à travers l’écriture de l’Adversaire que l’on découvre l’histoire de l’Adversaire. C’est à travers les témoignages, les doutes, les recherches, le procès, les correspondances, les rencontres, que l’on découvre cette histoire incroyable. Et c’est à travers la pièce de théâtre que l’on découvre Emmanuel Carrère, un homme qui ne se demandait pas « comment ? » mais « pourquoi ? », un homme fasciné par le monstre qu’il avait devant lui.

Cette histoire complexe est bien portée par une mise en scène fluide et logique, mais surtout par un jeu d’acteur incroyablement bon. Le spectateur assiste à la rencontre de Cherboeuf et Carrère, puis à l’écriture du roman L’Adversaire ; troublé par le désespoir de Romand et la douleur de ses proches, amusé par une vieille dame d’une bonté excessive, sonné parce que les acteurs se battent sur scène, bouleversé par les pleurs, fasciné par ce qu’il voit.

L’Adversaire est une pièce réellement impressionnante, et est à l’image de Romand. Elle est fascinante dans sa monstruosité.