TQI : La Double Inconstance (novembre)

Toujours à l’Epée de bois et un spectacle au Théâtre des Quartiers d’Ivry

TQI double-inconstance Affiche Vu par

Anita D. qui n’a pas aimé et porte un regard sévère…

Une interprétation intéressante mais un jeu d’acteur grossier.

Adel Hakim met en scène La Double Inconstance  au Théâtre des  Quartiers d’Ivry.

Cette pièce de Marivaux relate l’histoire de Silvia, une paysanne dont est tombé amoureux le Prince, et de son amant Arlequin. C’est avec les ruses de Flaminia que le couple se séparera  pour  épouser  chacun  de  son  côté  son  nouvel  amour.  L’on assiste au changement de comportement des deux amants séduits par le luxe du système du pouvoir contre lequel ils se rebellaient au début de la pièce et renonçant à leur amour qui leur semblait si éternel.

Adel Hakim nous offre une vision fort intéressante de son interprétation de l’œuvre. Les divertissements réussis suggèrent le sort de Trivelin et de Lisette, deux domestiques aux rôles pourtant importants, non partagés par Marivaux. Mais le metteur en  scène  veut  avant  tout  moderniser la  pièce  et  créer  un  parallèle  avec les  jeunes d’aujourd’hui qu’il qualifie de « très fascinés par les joujoux technologiques » dans une interview  de  « La  Terrasse ».  Il  a  pour  cela  donné  le  rôle  des  deux  paysans  à  des métisses. Malgré un choix d’acteurs intéressant, le jeu de la troupe m’a semblé ridicule. Un important élément qui fait le comique de cette mise en scène sont les exagérations ironiques qui rappellent parfois le langage des bandes dessinées ou bien celui des jeunes d’aujourd’hui et qui fait rire le public. Mais certains acteurs ont tendance à trop exagérer leurs répliques. Arlequin par exemple ne scande pas ces tirades mais crie certains mots qui d’ailleurs ne nécessitent pas d’accentuation par rapport à l’ensemble du texte. Les réactions et les gestes des personnages ne sont pas subtils et parfois même en décalage avec leurs paroles, ce qui crée une certaine confusion. Par ailleurs des passages au ton ironique sont joués avec un sérieux et un dramatique déroutants. Même en connaissant déjà le texte, j’ai eu du mal à voir des personnages agir, mais je voyais tout le temps des acteurs  surjouant  leurs  rôles.

Cependant  il faut reconnaître que  malgré le jeu d’acteurs exagéré, on rit souvent au cours de la pièce.

Un spectacle décevant donc.

Louise V. qui a aimé, avec quelques réserves toutefois

Une pièce très drôle qui remet Marivaux au goût du jour!

La Double Inconstance est une comédie de Marivaux, mise en scène au Théâtre des Quartiers d’Ivry par Adel Hakim.

Arlequin et Silvia, deux jeunes villageois, sont amoureux l’un de l’autre. Mais le prince aime Silvia et l’emporte dans son palais. Pour conquérir la jeune femme, le prince doit détourner d’elle Arlequin. Ainsi, il charge Flaminia, une dame de la cour, de séduire l’amant. Tandis que Silvia montre peu à peu moins de réticence à rester au palais lorsqu’elle retrouve celui qui se faisait passer pour un officier du palais et qui lui avait rendu visite à plusieurs reprises (qui n’est en réalité autre que le prince lui même) dont elle tombe amoureuse, Arlequin se laisse séduire par la belle Flaminia et se laisse doucement charmer par le luxe qu’offre la vie au château.

Le ton de la pièce est donné dès lors que deux des comédiens demandent, avec beaucoup d’humour, aux spectateurs d’éteindre leurs téléphones. Le temps d’une chanson (en italien, bien sûr!) et le spectacle commence. Entrée en scène fracassante de Jade Herbulot, jeune métisse au style androgyne que Adel Hakim a choisi dans le but de représenter, je cite „la diversité sociale“. Ce choix étonnant, judicieux et pertinent donne à la mise en scène quelque chose de très charmant et d’original. Tout en conservant les dialogues de Marivaux, Adel Hakim parvient à rendre sa mise en scène très vivante, très moderne mais surtout extrêmement drôle: Lou Chouvain, qui interprète Lisette, la sœur de Flaminia, et a parfaitement compris ce choix, est hilarante et interprète avec brio une jeune femme en apparence superficielle; elle est toutefois très touchante de sensibilité. Malheureusement, cette subtilité de la mise en scène semble avoir été moins bien comprise par Mounir Margoum (Arlequin), qui la décridibilise quelque peu par un jeu excessif et trop tourné vers la volonté de faire rire par des mimiques et des gestuelles empruntées à des humoristes de one man show à mauvais escient.

Adel Hakim signe une mise en scène très sensuelle (sans jamais tomber dans l’érotisme ou la vulgarité!), très pertinente et particulièrement plaisante et remet ainsi la pièce de Marivaux, bien que parfaitement indémodable, au goût du plus grand nombre.