TQI : Berliner Mauer (Mars)

berliner-sceneweb-300x300 Mise en scène : Julie Bertin et Jade Herbulot – Le Birgit Ensemble

Un spectacle vu et beaucoup apprécié par :

Mathilde Marest

 
Un spectacle très original, mêlant de nombreux points de vue sur le mur de Berlin !
La pièce de théâtre Berliner Mauer : vestiges, mise en scène par Julie Bertin et Jade Herbulot, décrit les événements autour du mur de Berlin afin de susciter une réflexion sur l’héritage que le spectateur garde de cet épisode historique. Ainsi les seize comédiens, qui sont amenés à danser, chanter et crier au cours du spectacle, dévoilent l’union de l’Allemagne libérée du nazisme, puis la désunion causée par le rideau de fer ensuite matérialisé par le mur séparant la RDA de la RFA, et enfin la réunion lors de la chute du mur. Les avis concernant les événements divergent entre les dirigeants politiques, les journalistes, les Berlinois de l’Ouest et de l’Est ainsi que le poète et auteur dramatique Heiner Müller. Pendant 2 h 15, la pièce de théâtre tend de la conférence de Yalta en 1945, à la chute du mur en 1989.
Avant d’assister à sa représentation, je pensais que Berliner Mauer : vestiges allait exposer la vie d’une famille ou d’amis séparés par le mur de Berlin, qui feraient tout pour se retrouver, comme on le trouve dans de nombreux témoignages et fictions sur ce thème. Le fait que le spectateur ne suive pas un personnage en particulier et son histoire, mais qu’il soit face à une approche globale des événements m’a donc d’abord assez déroutée. Cependant, au fur et à mesure, j’ai vraiment apprécié cette pièce, entre autres parce qu’elle essaye de rendre le public acteur de l’histoire du mur. En effet, les spectateurs sont tout d’abord partagés entre deux gradins se faisant face de part et d’autre de la scène, puis ils sont séparés par le mur, ne se voient plus et assistent à un spectacle différent tout en entendant celui qui leur est invisible. Enfin, lors de la chute du mur, les différents comédiens et spectateurs se retrouvent et se réunissent autour d’une comédienne incarnant Rostropovitch au violoncelle.
Pour vraiment dissocier la partie RDA de celle de la RFA, de nombreux autres moyens sont utilisés et m’ont extrêmement plu ! Par exemple, le côté libre et capitaliste a le droit à un entracte où les spectateurs peuvent s’acheter une boisson, alors que le côté communiste reste dans la salle, où des gâteaux sont distribués aux spectateurs. J’ai été placée du côté de la RFA et personnellement j’ai vraiment ressenti les années 1970 et 1980 à Berlin : l’imprégnation américaine avec le Coca-Cola, le Monopoly, le mouvement hippie… Pendant la représentation, le spectateur se fait téléporter dans une autre époque complètement différente de la sienne et ressent ainsi ce que les Berlinois de l’Ouest ont vécu : la séparation avec l’Est de la ville pourtant très proche et familière, la tentative d’aide des proches en RDA en creusant un tunnel, et la coupure avec le monde communiste, qu’ils ne connaissent pas.
J’ai adoré autant la mise en scène que la pièce en elle-même ! L’idée de faire des spectateurs et des comédiens des acteurs du passé est très originale et surtout réussie ! C’est un spectacle magnifique qui vaut donc d’être vu et d’être vécu !
Bérénice Nieto

J’ai énormément aimé ce spectacle, mis en scène de manière très originale et pertinente, aussi divertissant qu’historique. Un spectacle à voir absolument.

Dans cette comédie historique, le public sera partagé aléatoirement en deux groupes qui seront placés face à face dans la salle, représentant soit Berlin est, soit Berlin ouest.

Ce départage du public en deux a été un de mes aspects préférés de ce spectacle, très représentatif de la situation réelle d’un peuple d’une même culture, séparé subitement pour des raisons politiques. J’ai été placée à Berlin ouest et ai vu une partie bien différente du spectacle du public de Berlin est, séparé de celui-ci par le rideau de fer. Jusqu’à la fin de la pièce, les deux parties de public ne se retrouvent plus, Berlin est étant à mon amusement privé d’entracte…

De plus, les choix de mise en scène étaient généralement très bons ; j’ai notamment apprécié les vestiges du Berlin d’après-guerre, représentés par un tas de cendres, d’abord tiré grâce à un balai en mur symbolique entre Berlin est et ouest par une des figures politiques d’après-guerre, et remplacés plus tard par le mur.

La diversité artistique de cette pièce, étroitement liée à l’histoire, est très riche, par une très bonne mise en scène et maitrise de l’éclairage : on nous informe de chaque moment et personnage historique, parallèlement à l’est ou à l’ouest, avec des décors et des costumes fidèles à l’époque.

Enfin, il s’agit d’une pièce très réussie du point de vue comique. Rien que la première scène – l’accord de répartition de l’Allemagne entre les nations vainqueurs de la seconde guerre mondiale – a fait, par son ridicule, rire tout le public.