TQI : Les femmes savantes (Janvier)

Les femmes Aff 2 Texte Molière / Mise en scène Elisabeth Chailloux
3 jeunes ont vu ce spectacle, qu’ils ont beaucoup aimé !
Les femmes s’inventent !!
La pièce raconte comment l’ordre familial de grands bourgeois parisiens se voit bouleversé après que les femmes de la famille, folles de philosophie et de rhétorique, aient pris le pouvoir. Les femmes rêvent d’avoir la pleine maîtrise du langage, cela permet de dominer les autres et d’exercer leur pouvoir. L’art des mots permet à Trissotin, philosophe charlatan, d’avoir toute son emprise sur elles.
Leur combat résonne dans cette époque où la place de la femme est remise en question, et l’omnipotence masculine contestée. Ce spectacle est placé sous le signe de l’humour. On redécouvre le texte de Molière. Le décor est très sobre, juste une table, des chaises, et un lustre, typiquement un décor des années 1970 (pour preuve le téléphone pas très moderne). La scène fait penser à un ring de boxe, synonyme de combat ; là, joutes verbales.
Un bon moment énergique et jouissif. Allez-y !
Tim Ejchenrand
Cette comédie est une pièce pure et limpide. Dans la maison de Chrysale, grand bourgeois parisien, l’ordre familial est bouleversé : les femmes ont pris le pouvoir. Sa femme, sa sœur et sa fille aînée adorent la philosophie, la science et la poésie et veulent ainsi se libérer du rôle que les hommes leur ont assigné. Trissotin est un escroc intellectuel, qui n’a pour but que le profit et veut épouser la cadette Henriette, laquelle est folle de Clitandre. Comment les hommes vont-ils récupérer leur « pouvoir » ? Sur scène nous n’avons que quelques chaises et des livres. Mais cela est suffisant car tout au long de la pièce, ce sont les paroles des comédiens qui dominent. En effet, la manière dont on parle est le sujet de la pièce. Par exemple Martine, la cuisinière est renvoyée pour ses défauts de langage. Les femmes savantes édifient le projet de chasser de la langue française les syllabes sales comme « con » ou « cul ». De plus la précision incroyable dont les comédiens parlent, en alexandrins de Molière, laisse le spectateur stupéfait. Afin de maîtriser le pouvoir, dont l’outil est le langage, elles mettent donc en marche une révolution culturelle. Ces femmes sont en même temps ridicules et c’est en partie cela qui va renforcer le comique de la pièce. Ces dernières veulent accéder au savoir, à la science et à la littérature mais elles s’y prennent très mal. Cela n’empêchera pas un siècle plus tard, la réussite des femmes qui règneront sur les salons savants qui se développés dans toute l’Europe. C’est donc une pièce dans laquelle les femmes ne veulent plus être soumises aux tâches qu’on leur a accordées : pièce féministe alors ? réactionnaire puisqu’elles sont ridiculisées ?
Que ça soit des enfants ou des adultes, le rire et la fascination ne quittent jamais le public, et le divertissement est assuré !
Asmaa Arrobi
Bien que le langage de Molière soit en alexandrins et d’un vocabulaire plus très actuel, les acteurs ont réussi à le rendre fluide, tout comme leur jeu contemporain qui se marie habilement avec leur réplique.
Le décor et les costumes inspirés des années 1960 m’ont beaucoup surpris par leur originalité et très bien complété par la musique qui reste dans le même thème.
De plus, la technique de séparation des pièces par des toiles translucides sur lesquelles on projette une certaine lumière pour la faire paraître opaque à certains moments m’a beaucoup plu.
J’ai beaucoup apprécié ce spectacle, mis en scène de manière très agréable et comique, encadré d’un décor tout aussi original.
Bérénice Nieto