Deux spectacles à l’Epée de bois / Janvier

Les-Facheux_portrait_w193 Les fâcheux de Molière      Mise en scène : Jean-Denis Monory

Comme vous le savez, Les Fâcheux, de Molière est une comédie du XVIIe siècle. Mais il est cependant plutôt rare de voir des représentations où l’on se croit vraiment à cette époque. Je trouve que c’est très dommage et c’est pour cela que j’ai été très contente lorsqu’un valet, dans son costume de valet, arrive sur la scène pour nous souhaiter, en vieux français, un bon divertissement.

Par la suite, je n’ai pas été déçue : grâce au super jeu des comédiens, le spectateur parvient à se plonger dans l’action comique malgré le décor simple mais sympa, éclairé par des bougies : c’est la magie du théâtre.

En effet, le public s’est beaucoup manifesté par des rires et les comédiens jouent aussi avec lui ce qui a, je pense, créé une belle ambiance pour chaque spectateur. De plus, le but de faire rire de Molière a sans doute été exaucé.

La pièce, parlée en vieux français, aurait pu devenir ennuyeuse, mais ça n’a pas du tout été le cas : elle a beaucoup été agrémentée par des danses et de la musique faites sur scène ce que j’ai adoré. Pour cette raison, je pense que même ceux qui pourraient avoir du mal à comprendre l’ancêtre du français se divertiront à regarder la pièce.

En somme, un bel éclairage aux bougies, de beaux « r » roulés et « s » prononcés, de magnifiques costumes, un jeu et des danses excellents des comédiens que je félicite et, ce qui m’a le plus plu, des magnifiques instruments pour de la chouette musique ! Cela donne une représentation des Fâcheux, d’après moi, très réussie !

Mareva July-Wormit

perrault-contes-baroques-cc3a9line-pdfUn autre spectacle de Jean-Denis Monory

Je le conseille fortement à toutes les personnes de tous âges !

Lorsque j’ai demandé à avoir des invitations pour des spectacles, j’ai hésité pour la pièce de théâtre : Perrault, Contes baroques, me demandant si ce ne serait pas un peu ennuyeux vu que c’était à partir de huit ans et je me suis décidée car les photos sur le site de l’Épée de Bois donnaient envie : les personnages maquillés avec de la poudre blanche sur le visage ressemblaient à des poupées. Le jour de la représentation, lorsque je suis entrée dans la   superbe Salle en bois du théâtre, j’ai eu l’impression d’entrer dans un monde merveilleux :  la lumière à faible intensité, et la salle toute en bois donnaient une ambiance chaleureuse.

Les décors sont excellents ! De vraies bougies allumées sont situées sur des portants, comme dans les églises, de part et d’autres de la scène et sur deux lustres accrochés au-dessus de la scène ainsi, lorsque les comédiens font des mouvements, les flammes des bougies flagellent et leurs reflets sur les comédiens font penser à ceux d’un feu de cheminée. L’ambiance est celle d’une soirée où votre grand-mère vous raconte d’anciens contes. Au milieu de la scène est placé un beau clavecin de part et d’autre sont placés des panneaux peints servant de décor pour les différents contes (un cygne dans un lac, un château, une grande porte).

Il y a trois comédiens et l’un d’entre eux joue au clavecin, pendant tout le spectacle, de très beaux morceaux baroques des XVIIe et XVIIIe siècles qui rythment très bien les différentes péripéties des contes. Par exemple, un passage très rapide pour un moment de course ou un passage lent et grinçant pour un moment de grande peur. Les deux autres comédiens jouent, en se relayant, le narrateur et les personnages.

Trois contes sont joués :

La Belle au bois dormant, dont je ne connaissais pas la réelle fin : avec une reine-« belle » mère ogresse qui veut manger les enfants de la Belle au Bois Dormant. On remarque donc que certains éléments ont été censurés pour que les contes ne soient pas durs, choquants.

Suit Les Souhaits ridicules que je ne connaissais pas sous cette version. C’est l’histoire d’un bûcheron fort pauvre qui rencontre Jupiter dans les bois. Celui-ci lui fait une offre de trois souhaits qui se réaliseront dès que le bûcheron les ordonnera. Mais le bûcheron maladroit va souhaiter deux fois des choses idiotes en ne s’en rendant pas compte : comme un gros boudin ou que sa femme reçoive un nez aussi gros qu’un boudin !

Enfin il y a La Barbe Bleue,où la peur est très bien interprétée par les comédiens.

Au moins un accessoire change pour chaque conte, sans doute pour que les enfants puissent différencier les personnages des trois contes.

Pour finir, ce qui m’a beaucoup plu, c’est la manière dont les contes sont racontés. D’abord avec la gestuelle baroque, attribuant à chaque mot important de l’histoire un signe en particulier, par exemple, pour l’amour, les comédiens mettent une main sur la poitrine.

Les comédiens parlent comme s’ils vivaient au XVIIe siècle, la langue baroque prononçant la plupart des consonnes. Au début, cela m’a un peu dérangée mais on s’y habitue très vite. Tout cela plongeait les spectateurs dans un beau monde ancien, mystérieux et baroque.

Tonia MITTELSTAEDT

 

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