EdeB : Rosa Liberté / Le prince travesti (mars)

Rosa Liberté  Texte et mise en scène de Philippe Forgeau.
Vu par Célia Jain
Une pièce sombre qui nous fait réfléchir sur la situation actuelle du monde.
C’est l’histoire de Rosa Luxembourg, celle que Bertolt Brecht nommait Rosa la Rouge, et qui pendant toute sa vie n’a cessé de dénoncer le nationalisme. Mais c’est aussi son histoire à elle, où elle a vécu, ou elle vivra, avec qui a-t-elle passé sa vie jusqu’à son assassinat (le crâne défoncé à coup de crosse et son corps jeté dans un canal) le 15 janvier 1919.
J’ai bien aimé le côté sombre de la pièce, qui reste malgré tout éclairée par plusieurs projecteurs de différentes couleurs dirigés vers la protagoniste. Une autre nuance est aussi amenée par la présence de 9 ballons rouges sur scène (dont je n’ai pas compris la signification). L’utilisation du costume, gilet et pantalon, met en avant le fait que le problème du nationalisme est toujours présent.
Pendant toute la pièce, on nous rappelle comment Rosa Luxembourg est morte, d’une voix haineuse, et avec en fond sonore une musique electro/rock que je trouve assez originale. Le jeu de la comédienne est très impressionnant : elle a réussi a nous raconter l’histoire de Rosa tout en prenant sa place, on aurait presque dit que la comédienne était possédée par Rosa Luxembourg à certain moment.
Ce spectacle m’a marqué, et je le conseille vivement !

le-prince-travesti Texte de Marivaux et mise en scène de Daniel Mesguich

Vu par :

Alexandra Archambault

Le Prince travesti nous emmène dans un château où se mélange amour, complot et secret.
Un prince travesti et des personnages plein de secrets… Les costumes sont conçus à la perfection : ils montrent très bien la personnalité des personnages comme pour Hortense par exemple, dans une tenue aux couleurs vives rose, orange crépusculaire et jaune. Son enthousiasme met de la couleur sur la scène. Fréderic, quant à lui, est vêtu de couleurs sombres : noir et rouge comme son âme damnée.
La pièce est pleine de miroirs déformants qui reflètent les personnages. La princesse peut même y apparaître lorsqu’elle n’est plus sur scène : ce qui permet une certaine tension, le regard qu’elle fait peut être effrayant. Dans ces instants-là, ou avec un passage important, il y a un coup de tonnerre qui retentit et nous surprend. Au même moment, les lumières s’éteignent et se rallument comme pour rendre la scène pesante. Lorsque Lélio et Hortense se retrouvent seuls, il n’y a que deux lumières pour faire une focalisation sur les personnages, une façon frappante de mettre en avant le couple et non sur ce qu’il y a autour.
Seul bémol, je n’ai pas aimé le maquillage : la princesse a une barre dessinée sur son œil gauche, tout comme Lélio qui a un losange blanc et noir au même endroit. La seule personne à avoir un maquillage normal est Hortense qui n’a que du phare à paupières et du rouge à lèvres.
Je recommande cette pièce aux personnes souhaitant une soirée calme.
Tim Ejchenrand

Double jeu ! Une princesse demande à sa meilleure amie Hortense de faire part de ses sentiments à l’homme qu’elle aime.  Or il se trouve que Hortense aime le même homme (Le Prince de Leon alias Lélio !), qui lui avait sauvé la vie. S’enchaîneront  une série d’intrigues et de quiproquos.  Qui aime qui ? Qui trompe qui ? Tous jouent un double jeu, c’est ce qui rend la pièce comique et vivante !

Personnellement, j’ai bien aimé les « arrêts sur image » quand Hortense et Lélio se rencontrent et commencent leur conversation. Tous les acteurs ont le visage couvert par un maquillage, ce qui montre la moitié cachée de chacun. La grande salle est ornée de miroirs (ce qui semble logique chez une princesse !) et même le sol, dans lesquels se reflètent des images trompeuses. Cela permet un jeu avec les formes des acteurs comme des dédoublements ! La musique lugubre ou romantique est en alternance avec des silences. Les costumes sont d’époque, tels que je me les imagine. L’intrigue m’a plu parce que derrière chaque ambassadeur se cache peut-être un prince !  C’est tout l’art du théâtre que de nous le faire croire !