EdeB : Le rapport Pilecki (Janvier)

Rapport Pilecki

Texte de Witold Pilecki / mise en scène par Patrick Olivier.

« L’Homme est pire que les bêtes… Il les dépasse avec toute l’immensité de l’enfer. » Witold Pilecki
Le 19 septembre, à Varsovie, un homme se fait volontairement arrêter par les Allemands. Son nom : Witold Pilecki (prononcer piletski) Sa mission : être déporté dans la camp d’Auschwitz pour y créer un réseau de résistance.
Le 26 janvier, à Paris, un homme monte sur une scène. Il est accompagné d’un violoniste et d’un accordéoniste. Son nom : Patrick Olivier Sa mission : incarner Witold Pilecki et raconter son expérience d’Aushwitz grâce à son Rapport.
Et quant à moi : Mon nom : Juliette H. Ma mission : rédiger à mon tour un rapport sur la pièce que j’ai vue.
« C’est dans une petite salle, face à une scène ne comportant qu’un lit de camp et un grand écran blanc que je m’assois. Un homme monte sur scène, il retire son manteau militaire et commence à nous parler. Il s’appelle Witold Pilecki.
Il nous raconte sa vie à Auschwitz. Il nous parle du travail insoutenable, du froid et de la pluie diluvienne des hivers rudes, de la faim, de sa mission, des quelques centaines de personnes qu’il a pu rallier à son réseau de résistance, du typhus, des prisonniers pris au hasard et fusillés par le chef du camp devant le Mur des gémissements, des épidémies de poux dans l’hôpital, des détenus tués à coup de bottes, de bâtons et de poignard, de la radio télégraphique qu’il a réussi à construire avec des pièces détachées trouvées lors des journées de travail, des rapports qu’il envoie à Varsovie grâce à la radio et les évadés, des morts, des fours crématoires construits par les prisonniers eux-mêmes, des chambres à gaz, du doute d’être encore humain, de son évasion en 1943.
Derrière lui, des images et des vidéos défilent. Des images du portail d’Auschwitz, où il écrit « Arbeit macht frei » (le travail rend libre). Des images connues, d’autre non. Des vidéos terribles. Je vois ma voisine fermer les yeux. Des vidéos de la libération avec des prisonniers plus morts que vivants.
Parfois, un violoniste et un accordéoniste sortent de la pénombre et jouent des airs doux, tristes, mélancoliques. L’acteur joue très bien. Il fait souvent des pauses entre les mots et regarde tout droit devant lui, comme si des images lui revenaient. La pièce est courte. Environ une heure et quart. Mais cette heure est dure. Pour certains plus que pour d’autres.
Moi, j’ai une partie de ma famille qui y a été. J’ai même vu une photo de l’un d’eux sur l’écran à un moment. À la fin une dame pleurait. Je l’avais entendue dire (je crois) qu’elle avait sept ans à l’époque et que la vie au ghetto de Varsovie était rude.
C’était violent mais c’était beau. Et c’était nécessaire. À voir absolument.
Witold Pileki : mission accomplie ✔
Patrick Olivier : mission accomplie ✔
Juliette H. : mission accomplie ✔
Juliette Harty de Pierrebourg