Trois spectacles vus à l’Epée de bois / Octobre

Octobre 2013

Ardente Patience Texte : Antonio Skàrmeta /Mise en en scène: Michael Batz

Une pièce où s’entremêle l’émotion et la drôlerie à travers la rencontre du poète Pablo Néruda et de son facteur.

C’est aussi une œuvre politique qui entretient le souvenir des risques de fascisme, souvenirs douloureux mais émouvants de l’histoire du Chili et des derniers instants de vie de Néruda.

Cela est parfaitement transmis par le jeu des acteurs qui m’a marqué autant par son lyrisme et sa délicatesse que par son réalisme.

Je conseille cette pièce à toutes les générations.

Lucas C.

Les canailles Les canailles, un mariage orthopédique Dramaturgie et mise en scène : Lucas Olmedo

Les Canailles, un mariage orthopédique, à quoi peut-on s’attendre en lisant ce titre? À première vue, cela n’a pas vraiment de sens : un mariage est censé être fondé sur des règles morales… En effet, le spectateur risque vite d’être un peu confus, avec toutes ces informations entremêlées ! Mais ce n’est pas grave, car comme indiqué, le narrateur nous dit ce qu’il sait et nous devons retenir ce que nous voulons.

Une mise en scène très rythmée et originale avec de nombreux personnages tous très différents qui ont tous leur mot à dire, de la musique moderne en quasi-continu accompagnée de danses, un éclairage fait par les comédiens eux-mêmes qui portent les projecteurs et même des projections réalisées sur scène attendent le spectateur qui en prend plein la vue pendant deux heures ! Une ambiance très moderne donc, avec beaucoup de mouvements et beaucoup de courtes scènes qui commencent dès l’entrée dans la salle. Mais la pièce est également pleine de références historiques et théâtrales : une histoire où se mêle hypnose et démence pour amener au crime final et qui raconte en trois « chapitres » la vie autour d’une femme mystérieuse : Édita.

Cette pièce en désordre m’a donc beaucoup plu par son originalité et sa modernité. J’ai trouvé l’ambiance de cinéma très réussie car elle n’a pas fait du théâtre un film et les technologies modernes n’ont pas effacé  le jeu des comédiens comme on peut le voir ailleurs. De plus, les personnages à la fois cools et pathétiques, d’une certaine manière emprisonnés par ce qu’ils sont avec leurs idées absurdes, sont très divertissants. La pièce du dramaturge et metteur en scène espagnol Lucas Olmedo fait une satire mais aussi une caricature réussie des gens qui vivent dans la longue période post Seconde Guerre mondiale et qui veulent s’émanciper par les nouveaux styles artistiques, les moqueries, les trahisons, et même les crimes !

Mareva J-W.

Ainsi parlait... Texte : Friedrich Nietzsche /Adaptation théâtrale : Smael Benabdelouhab

Dans une petite salle toute en bois et sombre, au centre un porte-manteau et un pupitre, voilà un décor simple mais mystérieux.

Pendant la première partie du spectacle, un comédien (Smael Benabdelouhab) joue le prologue de Ainsi parlait Zarathoustra, de Friedrich Nietzsche.

Zarathoustra, après avoir passé dix ans de sa vie, seul dans la montagne, décide de redescendre dans le monde des humains pour leur faire part de sa pensée.

Le comédien à la voix timbrée, avec ses différentes mimiques, sait très bien interpréter les multiples personnages du prologue : Zarathoustra, le dernier homme, le bouffon ou le vieil homme. Ressemblant à un conteur, Smael nous captive et nous impressionne dans sa belle adaptation théâtrale. Il nous fait entrer dans un autre monde, celui de Zarathoustra.

Pierre Heber-Suffrin explique et analyse le texte qui vient d’être joué, dans la deuxième partie du spectacle. Il nous éclaircit sur certains points qui ne sont pas facile à comprendre et commente ce prologue avec précision et qualité. C’est une importante et intéressante étape du spectacle pendant laquelle on découvre mieux le sens de certains passages.

Enfin, le public peut poser des questions aux deux hommes et cela crée une sorte de débat.

Avec ces différentes manières d’étudier le texte, on ressort de ce spectacle avec un sentiment agréable d’avoir bien compris le texte.

Merci pour ce beau spectacle !

Tonia M.