Antigone

 6 janvier 2017

Texte Sophocle mes Adel Hakim (avec les acteurs de Théâtre National Palestinien)

 Découverte du très beau lieu lieu à la Manufacture des Œillets

 

Puis découverte de la pièce de Sophocle par les comédiens du Théâtre National palestinien

 

© Nabil Boutros

Un spectacle d’une grande beauté, épuré et intense, donnant toute sa part au texte et à la langue, « aux langues » doit-on dire puisque le grec de Sophocle devient décor projeté sur le mur de fond, l’arabe sonne magnifiquement dans la voix et le jeu des comédiens excellents ainsi que dans la musique et un poème de Mahmoud Darwich,  et le français, en surtitre, nous donne accès à ce magnifique texte, vieux de presque 2500 ans et pourtant si moderne. Trois langues, « méditerranéennes » comme le soulignait Elisabeth Chailloux lors de la rencontre avec l’équipe à l’issue de la représentation, qui inscrivent en nous une universalité de cœur et d’esprit, car cette Antigone, grecque, et sur la plateau palestinienne, est toujours cette jeune femme  qui privilégie les valeurs du cœur au pouvoir tyrannique et qui revendique la liberté au prix de sa mort. La scénographie restitue magnifiquement cette universalité par ce mur de fond aux éclats métalliques, à la fois mur antique, mur de palais à l’architecture contemporaine et mur de la honte (celui qui sépare Israël et la Palestine, mais aussi tout mur érigé pour anéantir la liberté)…

Un très beau spectacle ! Et nous sommes heureux que les jeunes de TREMPLIN 1

A l’issue de la représentation, nous avons eu la grande chance de rencontrer quelques comédiens, leur traducteur et Elisabeth Chailloux, co-directrice du TQI. UN TRES GRAND MERCI pour leur disponibilité et la richesse de leurs intervention.

Quelques critiques de jeunes

Nous sommes allés voir la représentation de la pièce Antigone écrite par Sophocle au Théâtre des Quartiers d’Ivry et la pièce a été mise en scène par Adel Hakim.

L’histoire raconte la vie d’une jeune femme, Antigone, qui voit ses deux frères entretués car les deux souhaitaient garder le pouvoir. Leur oncle devient alors roi et décide d’en faire enterrer un mais pas l’autre. Antigone se révolte.

La principale chose que j’ai remarquée est le jeu d’acteurs sans dialogue. Une musique de fond (souvent orientale) apparaît et les acteurs arrivent à nous séduire pendant au moins 10 minutes seulement avec des gestes, des mouvements. Cet élément contraste avec le fait que la pièce soit jouée en arable (sur-titrée en français). La différence de langue a peut être inspiré le metteur en scène pour les nombreux temps de silence. 

 Je veux également parler du mur en arrière plan qui comportait deux portes aux extrémités et une porte principale. Par la porte principale ne rentraient quasiment que les personnages principaux, tandis que les portes secondaires sont seulement empruntées par les gardes (excepté Antigone au début).

 

Une pièce touchante, qui sait se différencier de toutes les autres…

Suzan L.

   Antigone mis en scène par Adel Hakime est une pièce actuellement jouée à La Fabrique dans les quartiers d’Ivry. Il s’agit d’un théâtre à placement libre avec une petite scène évoquant la « skene » grecque installée sur un le grand plateau du théâtre..
Antigone, c’est l’histoire d’une fille qui se sacrifie pour honorer la mort de son propre frère. Faisant partie de la famille royale, cela entraine de lourdes conséquences qui mettent son entourage dans des positions délicates.
Adel Hakim a su nous faire partager sa pièce de théâtre interprétée en arabe – pièce écrite de Sophocle (reprise au 20ème siècle par Anouilh). Je pense pour ma part que le metteur en scène a réussi à apporter un sentiment nouveau à la pièce ; en effet le fait que la pièce soit interprétée dans une langue qui m’est inconnue, a redonné aux prestations des acteurs une meilleure chance de se faire remarquer. Grâce à ce choix, on ne peut que mieux apprécier le jeu des acteurs. C’est ainsi que nous avons une magnifique Antigone, dont les sentiments nous parviennent jusqu’à notre cœur, et un Créon qui nous fait frissonner tant l’interprète joue sa dureté avec talent.
C’est une pièce que je recommanderais sans d’hésitation. Donc si vous appréciez les langues orientales, c’est une occasion en or d’y prendre goût.
Yelena G.

Une Antigone orientale et originale reliant la Grèce à la Palestine…

La pièce Antigone de Sophocle est mise en scène par Adel Hakim avec le Théâtre National Palestinien au Théâtre des Quartiers d’Ivry, jouée en langue arabe.
A la mort du roi Œdipe, ses fils, Etéocle et Polynice se partagent le pouvoir mais finissent par s’entretuer.
Antigone et Ismène sont désormais les seules descendantes d’Œdipe et c’est donc Créon, leur oncle, qui est le nouveau maître de la ville. Il décide de faire tomber Polynice en disgrâce, laissant son corps sans sépulture et d’honorer Etéocle.
Antigone s’oppose à cette décision et décide d’enterrer le corps de son frère malgré les dissuasions d’Ismène.
Créon apprenant l’acte rebelle d’Antigone la condamne à mort.

Grâce à cette mise en scène, Adel Hakim fait ressusciter la problématique d’Antigone en la reliant à l’actualité de la Palestine. Il nous prouve avec émotion et profondeur qu’Antigone reste une pièce qui fait ressortir des aspects de la vie d’aujourd’hui.
La pièce est exposée dans un décor simple qui nous permet de nous imaginer les lieux où se situe l’histoire.
L’éclairage en parfaite symbiose avec le décor nous plonge dans des atmosphères pleines d’émotions.
Cependant, les projections imagées sur le mur sont moins captivantes pour leur esthétique trop chargée, en contradiction avec la sobriété et la simplicité de la pièce.
La magnifique musique jouée par le Trio Joubran apporte une grande sensibilité et un aspect tragique oriental très différent de celui de la Grèce de Sophocle. Une réussite originale !
Voir cette pièce jouée en arabe reste surprenant et pourtant très agréable à l’écoute. On ne perd pas une minute le fil de l’histoire.
Les comédiens ont le sens de la simplicité tragique et ne basculent jamais dans l’excès d’expressivité.

Un très beau texte et une formidable mise en scène à double sens !
Sabah A.

Les lois des dieux et les lois des rois

Antigone de Sophocle est l’histoire émouvante et tragique de la jeune et pieuse Antigone, fille d’Œdipe, et sœur d’Etéocle et de Polynice. La scène se déroule à Thèbes. Les deux frères se sont entretués pour le contrôle de la cité. Leur oncle, Créon, déclare que, tandis qu’Etéocle recevra tous les hommages funèbres, le cadavre de Polynice pourrira hors de la cité. Antigone n’est pas d’accord: ceci est contraire aux lois divines. En toute connaissance de cause, elle ira enterrer son frère, au prix de sa vie.

Cette histoire est très émouvante, et la mise en scène épurée la fait ressentir dans toute son intensité. Le décor rappelle, par ses trois portes, les théâtres originaux où se jouait Antigone en Grèce antique​. Il n’y a que peu d’accessoires: il n’y en a pas besoin. Le talent des artistes apporte le décor, les mots, l’émotion. En effet, les acteurs ont un jeu émotionnel, il transmettent l’émotion pure dans leurs intonations, leurs expressions, leurs déplacements. On associe sans peine leurs paroles à la traduction, et la traduction au mythe d’Antigone.
La pièce est jouée par la troupe nationale de Palestine en arabe littéraire surtitré en français et il est étonnant de voir la pièce et de la lire tout en entendant la musicalité de l’arabe. Cette particularité rend la pièce inoubliable. On retrouve également dans cette pièce des passages de danse ethnique très beaux et  très significatifs.

J’ai particulièrement apprécié cette pièce car elle est très bien jouée, et qu’on comprend tout même si les acteurs parlent une autre langue, parce que la pièce en elle-même est très intéressante, c’est un mythe très beau, et parce que le décor simple et pur devenait tour à tour château, caveau, place publique, plaine… grâce aux acteurs très doués et investis.
Une superbe pièce très émouvante, à ne rater sous aucun prétexte.
Eléa MdeT

Une très belle pièce qui nous a fait voyager ! La pièce de Sophocle a été mise en scène par Adel Hakim. Il a travaillé avec une troupe palestinienne et a créé ce spectacle au théâtre palestinien de Jérusalem en 2011.

Antigone est une pièce qui parle de la fille d’Œdipe qui enfreint les règles de Créon, son oncle mais surtout le roi de Thèbes. Elle organise des funérailles à Polynice, son frère, tandis que Créon avait ordonné de laisser son corps pourrir sur le champ de bataille, menaçant celui qui oserait braver cet interdit de peine de mort. Antigone, s’étant opposée à la volonté de Créon sait que la mort l’attend et affirme donc sa liberté et sa révolte contre toute compromission. Les autres personnages sont atteints par cette tragédie touchant la fille d’Œdipe et de Jocaste.
C’est une pièce impressionnante par sa langue arabe qui nous transporte et qui la différencie de la plupart des pièces jouées en France. De surcroît, les décors étaient plutôt de nature sobre mais cela ne nous a pas empêché de voyager à travers un autre univers. Les musiques orientales nous ont également permis d’entrer dans cette pièce très connue en France, mais d’une façon différente et originale.
Antigone dégage une force impressionnante pour crier sa détermination, elle ne regrette pas ce qu’elle a fait malgré sa mort qu’elle voit arriver à grande allure. Tous étaient très bons, et impressionnants dans leurs rôles.

Un spectacle magnifique et une très belle mise en scène ! A voir absolument !

Théa F.

Mise en scène par Adel Hakim, Antigone est une pièce entrainante et captivante, que ce soit grâce aux excellents comédiens ou à la musique orientale forte et rythmée qui intervient au bon moment. Rien que le fait que les acteurs parlent en arabe classique actualise la pièce et la rend plus puissante.
La pièce est tirée du texte de Sophocle, elle est mise en scène par Adel Akim et jouée par la troupe du Théâtre National Palestinien. La représentation était dans une grande salle confortable de la Manufacture des Œillets
Antigone est une tragédie grecque écrite par Sophocle durant l’antiquité. Elle raconte l’histoire de la chute de la famille royale qui règne sur Thèbes. Tout commence après que Étéocle et Polynice, deux frères, s’entretuent lors d’une bataille. Le roi Créon ordonne de donner les honneurs funéraires à Étéocle mais de jeter le cadavre de Polynice aux chiens car celui-ci a, selon lui, trahi la cité. Terrifiée par cette injustice, Antigone court offrir elle-même les honneurs funéraires à Polynice mais Créon l’apprend et décide de la tuer. C’est de là que commence la tragédie … Le texte de Sophocle est très facile à comprendre et l’intrigue est saisissante même si c’est une tragédie grecque avec un thème assez banal et connu.
Tous les éléments du spectacle sont bien pensés. Le théâtre est très grand et comme le décor n’est pas surchargé, cela donne une impression de respiration. Ce dernier est même succinct : il est composé de plusieurs chaises, d’une estrade, et d’un mur qui sert à faire rentrer et sortir les comédiens sur scène, et à projeter de la lumière. Les éclairages sont simples et maitrisés. Les personnages portent des vêtements assez neutres à part le roi qui a un costume blanc symbolisant son pouvoir. Les comédiens correspondent parfaitement à leur rôle et jouent très bien. Comme les acteurs parlent en arabe classique on ne sait pas si le texte de Sophocle est respecté (malgré les surtitres). En revanche, cette langue actualise presque la pièce de Sophocle car on a l’impression que le conflit israélo-palestinien devient une tragédie grecque. La musique orientale entraînante et les textes du poète palestinien Mahmoud Darwich nous font sortir du cadre de la représentation.

Une mise en scène agréable et des acteurs inoubliables !

Iannis V.