L’état de siège

 le 28 mars

Texte Albert Camus mes Emmanuel Demarcy-Mota

Un spectacle qui a intrigué les jeunes par son dispositif scénique sur trois niveaux, qu’ils n’avaient jamais vu, et qui les a enthousiasmés ! Le jeu des acteurs, une fois encore* avec la troupe du Théâtre de la Ville, dirigée par Emmanuel Demarcy-Mota leur a beaucoup plu, acteurs engagés dans leur rôle et mise en scène claire (* nous avions vu l’an dernier Six personnages en quête d’auteur). Et un texte très fort, aux résonnances contemporaines.
Les critiques ci-dessous, reçues après le spectacle en témoignent !

© Jean-Louis Fernandez

Après le spectacle, les jeunes ont eu la chance de rencontrer, Christophe Lemaire, assistant du metteur en scène et ,Hannah Levin Seiderman (rôle de Victoria).
Une très grande chance ! Un grand merci à eux et à Basilia Manonni qui a organisé cette rencontre.

Quelques critiques de jeunes

Nous avons eu la chance, nous élèves participant à des Jeunes et des Lettres, d’assister à ce superbe État de Siège à l’Espace Pierre Cardin-ThdelaVille. L’œuvre d’Albert Camus a été reprise par le metteur en scène Emmanuel Demarcy-Mota. La salle dans laquelle l’œuvre a été représentée m’a particulièrement intriguée par ses étages et tous ses écrans : une ambiance oppressante créée dans tous les recoins de la salle et exploitée tout au long du spectacle !
L’intrigue parle de comment, à l’arrivée de la peste, tout l’univers que s’était créé une simple petite ville au bord de mer, va s’effondrer. En effet, alors qu’un groupe de comédiens répétaient leur pièce, l’un d’eux va s’effondrer sur le sol. Il va rapidement être diagnostiqué et la peste va être déclarée. À partir de là, s’enchaînent un cheminement de protocoles destinés à mettre en place une sorte de système totalitaire : des sentiments tels que l’amour n’ont plus leur place dans cet univers de chaos. Mais ce qui est assez particulier, c’est la personnification de la peste, qui va installer d’elle-même l’état de siège. Heureusement, peu à peu la révolte va aller en s’organisant, grâce à un jeune homme de la ville, Diego.
Pour ma part, le gros plus de cette représentation était de loin la manière avec laquelle les comédiens ont exploité la scène et toutes ses ressources : ces acrobaties, ces écrans, ces jeux de lumière et de son, cette ambiance de complète observation et oppression. J’ai aussi beaucoup aimé le jeu de Diego, qui, avec l’espoir de pouvoir vivre l’amour avec la femme de ses rêves de laquelle il a été privé jusqu’ici, va se battre corps et âme. Beaucoup de sensibilité se dégage de cet acteur, et il m’a particulièrement touchée dans son jeu. Malgré tout, le seul point que j’aurais à reprocher à la pièce est que le début porte facilement à confusion. C’est pourquoi je vous conseillerais de vous renseigner un petit peu sur l’histoire de la pièce avant d’aller y assister.
À voir !

Anna Q.

Nous étions le mardi 28 mars, au Theâtre de la Ville à la Concorde pour assister à la représentation d’une pièce écrite par Albert Camus L’état de siège et mise en scène par Emmanuel Demarcy-Mota. L’histoire raconte le changement d’une ville, calme, et paisible tout à coup envahie par la peste. L’apparition d’un homme et de sa secrétaire disant être la peste fera un énorme remue-ménage dans cette ville. Ayant pris le pouvoir ils deviendront dictateurs et imposeront de nombreuses règles aux habitants …
La disposition de la salle ainsi que la mise en scène de la pièce est très originale : scène principale au milieu, entourée du public. Les acteurs prennent le maximum d’espace de la salle pour interpréter la pièce, jouant aussi bien sur la scène principale que dans l’espace du public ; cela permet de nous emmener cette ville avec les acteurs !
Des écrans sont placés en face de chaque colonne où se trouvent les spectateurs. Ils signifient la surveillance intempestive de la ville. Cette représentation de la surveillance sur scène m’a plu.
Les nombreux acteurs (14 au total ) présents dans cette pièce jouent bien leurs rôles, en costumes généralement sombres, symbolisant ainsi la période.

Ce spectacle vous dépaysera, car vous serez plongés 70 ans en arrière. Une époque sombre où la mort vous entourera…
Ce sera un long saut, mais instructif pour comprendre les conditions de survie dans une dictature. Un spectacle à voir !

Aurore G-P

C’est une œuvre puissante, intrigante et superbe que nous avons eu l’occasion de voir au Théâtre de la Ville.
L’Etat de siège d’Albert Camus est mise en scène par Emmanuel Demarcy-Mota avec une troupe composée d’une douzaine d’acteurs à l’espace Cardin.
L’Etat de siège, écrite en 1948 par Albert Camus, raconte la montée en puissance d’un régime dictatorial dirigé par la Peste en personne et sa secrétaire la mort dans un monde fictif aux allures à la fois réalistes et fantastiques. Cette pièce s’inspire d’évènements historiques (e.g le régime totalitaire nazi) tout en ajoutant une dimension irrationnelle, absurde qui frôle le fantastique (e.g la chute de la comète, la personnification de la Peste et de la mort…). Son histoire se déroule dans un monde régi par une monarchie autoritaire dont l’idéologie repose sur le concept « d’immobilité », soit le refus du changement le plus total, qui se retrouve gravement perturbé par l’arrivée d’une comète sur terre, annonciatrice d’une catastrophe. C’est dans ce cadre que débarquent la Peste et sa secrétaire la mort, renversant le pouvoir et instaurant un régime reposant sur l’instrumentalisation de la peur.
Emmanuel Demarcy-Mota joue sur la structure de la scène (trois plateaux à des niveaux différents) pour offrir aux spectateurs une image de ville, de cage, d’arènes et de manière plus symbolique l’idée d’une hiérarchie, d’un sentiment de domination. Cette structure à la fois symbolique et matérielle est particulièrement réussie, les impressions qu’elle dégage sont fortement ressenties. De plus, elle propose un modernisme intéressant et donne du dynamisme aux jeux de scène. Autres caractéristiques plaisantes de la mise en scène sont le bruit et les écrans. Le bruit est finement utilisé, il varie selon les situations, tantôt il est calme, agréable, léger, tantôt il s’intensifie, gronde et envahit la salle. Le bruit marque, transmet et stimule les émotions qui se dégagent de la pièce (e.g la chute de la comète : un son fort, rappelant le bruit de séisme,), il immerge le spectateur dans la pièce. Les écrans, dispositif risqué qui peut paraître superficiel, ont permis de jouer sur l’idée d’une surveillance sous toutes ses formes (carte d’identité des personnages constituant le peuple, référence à 1984 de Georges Orwell, mise en abîme de la pièce à travers son filmage,…) qui furent très convaincantes, mais ont pris ce côté un peu superficiel, pour ne pas dire inutile, lors de projection de méduses, de bois,…( Cependant, cela donne un aspect poétique). Les acteurs ont merveilleusement incarné leurs rôles, ils ont su transmettre les émotions avec beaucoup de réalisme, en particulier Serge MAGGIANI qui nous offre une Peste sublime, drôle, brillante, ou encore Philippe DEMARLE, dont l’aspect lunatique, fou et provocateur du personnage Nada est grisante.

Un texte humaniste à thèmes politiques mondiaux, une exaltation de la vie face à la mort. A voir absolument !

Méziane I.

Une véritable critique du totalitarisme grâce à des personnages allégoriques joués par de superbes comédiens.

Nous avons assisté à la pièce L’état de siège d’Albert Camus, mise en scène par Emmanuel Demarcy-Mota au Théâtre de la Ville.
Lorsque la Peste apparait dans une ville maritime et fait tomber le Gouverneur, la terreur s’installe. Aidée de sa secrétaire la Mort, la Peste installe un régime totalitaire : administration kafkaïenne, persécutions, endoctrinement, interdictions… Tout y est.

Jusqu’au jour où Diego organise une véritable résistance où seul l’amour peut vaincre la peur
Composée de trois étages avec une scène centrale et des possibilités d’interactions avec le public, la disposition de la salle est d’une grande originalité nous donnant une impression d’enfermement.

Les écrans placés dans la salle projettent des vidéos des personnages réalisées en direct, une idée ingénieuse pour symboliser la surveillance des individus dans une société dictatoriale. Ces écrans affichent aussi des images par pur esthétisme qui rajoute une touche de couleur dans cet univers apocalyptique mais qui s’éloignent peut-être trop du sujet.

Les comédiens sont vêtus de beaux costumes contemporains ce qui démontre que le sujet de la pièce n’est pas révolu et touche malheureusement encore le présent.
Les acteurs possèdent tout leur charme et personnalité et touchent le public en s’appropriant les personnages à merveille.
Une mise en scène géniale, peut-être quelquefois trop riche, nous faisant perdre le fil de l’histoire de temps à autre.
Une très belle critique de la société mise en scène avec originalité! A voir.

Sabah A.

Cette pièce raconte comment une ville sereine passe à une dictature. Alors que des personnes de la ville s’amuse entre eux, s’installe la peste. Un personnage nommé la peste prend le pouvoir soutenu  par une secrétaire nommé la mort. L’amour, la joie, l’amusement et la sociabilité ne font plus partie des principes de la ville, ils deviennent même interdits. La ville est régie par la peur et la terreur, et les citoyens ont perdu le contrôle d’eux mêmes en existant juste par des papiers. Diego et sa compagne essayent de se battre contre cette injustice avec l’amour. Diego parviendra à vaincre le personnage de la peste en affrontant la mort. Elle lui permettra de comprendre que la clé de la victoire est de ne plus avoir peur. Les citoyens suivront alors son exemple, et gagneront en n’ayant plus peur. Leur couple aura cependant succombé aux événements de la pièce et sera détruit par la mort de Diego .

Grâce aux effets de lumières qui changent à chaque situations, combinés aux sons violents et inattendus, l’effet angoissant de la pièce est très bien mis en valeur, Bien que la salle soit très étrange par l’échange de la scène et de la place des spectateurs, elle crée une sorte de dimension égale à celle d’une ville avec les étages qui font penser à ceux des immeubles. La salle a la forme d’une arène, ce qui crée un enfermement. Cette pièce nous fait penser à des situations qui ont vraiment existé comme le règne d’Hitler et de Franco. La pièce n’est cependant pas réaliste mais plutôt fantastique. Cette pièce met très bien en valeur le personnage de la mort et de la peste en les faisant sortir du chaos comme les tyrans qui prennent le pouvoir à partir du chaos.

J’ai beaucoup aimé cette pièce, car le sujet était déjà de mon goût. Le fait de personnaliser la mort et la peste est très intéressant. La mise en scène a aussi été un des éléments importants de cette pièce. Tous les décors, les lumières, les musiques et les personnages avaient une signification (comme avoir placé un enfant dans la pièce pour symboliser l’avenir ou mettre un écran sur lequel était diffuser des vidéos pour changer d’ambiance et d’environnements et symboliser la surveillance des individus, ou encore les masques que portent les hommes qui transportent les cadavres qui rappellent celui des médecins au moyen-âge lors des épidémies de  peste). Cela m’a beaucoup plu de devoir déchiffrer la signification de tous ces détails.

Cette pièce nous fait beaucoup réfléchir au monde actuel et peut nous faire changer notre vision des choses. Je vous la recommandes fortement !

Bérénice SdeV.

Ecrit en 1948 par Albert Camus, L’état de siège est une pièce en référence à la seconde guerre Mondiale  qui se base essentiellement sur le thème de la peur.
Emmanuel Demarcy-Mota nous propose une mise en scène revisitée de ce texte.
On assiste à la mise à mort d’une ville et d’un peuple imprégnés par la terreur de son gouverneur. Au cours du spectacle, la Peste, métaphore emblématique de la peur, s’empare de la ville et prend le contrôle total de ses habitants.
On voit alors le point de vue de l’auteur sur la société de son époque où le seul sentiment plus fort que la peur devient une peur encore plus grande. Tout au long du spectacle un jeune couple grandit dans cet environnement vicié. Leur amour se cherche entre la répression et la peur et suscite chez nous un sentiment d’espoir et de compassion envers eux.
Dans leurs déplacements, les acteurs exploitent l’espace ; ils captivent l’œil du public en jouant avec le décor. Le décor original et fascinant utilise des ouvertures de portes et de trappes, un écran où passent des vidéos.  Des plateaux presque vides à certains moments  poussent le spectateur à se concentrer sur le texte.
En actualisant cette pièce le metteur en scène relance la critique de Camus et nous fait prendre conscience qu’elle est intemporelle.

L’état de siège est une pièce à la fois captivante et philosophique que je recommande fortement.

Gaston D.

L’état de siège est une pièce racontant l’histoire d’un peuple qui voit avec superstition une comète arriver sur Terre.  Peu de temps après, arrivent la Peste (à apparence humaine) et sa secrétaire (la Mort). Elles prennent le pouvoir et mettent en place une étrange dictature. Le peuple passe alors d’une vie paisible à une vie contrôlée par la terreur et dirigée par des lois absurdes et terrifiantes. Très vite, la révolte se prépare autour d’un jeune homme nommé Diego
J’ai beaucoup aimé la mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota : elle est originale et nous immerge totalement dans l’atmosphère de la pièce. La mise en scène est assez particulière. En effet, la scène se situe là où il pourrait y avoir des spectateurs en temps normal, tandis qu’une partie des spectateurs sont assis sur ce qui est normalement la scène. Le metteur en scène a choisi cet emplacement pour que les acteurs aient plus de place pour jouer et soient plus proches des spectateurs. C’est un point positif car on les voit mieux et on est encore plus plongé dans l’histoire. Les acteurs possèdent des vêtements assez ordinaires, à part au moment où la Peste arrive, et où les personnages mettent leur masque de corbeaux (qui étaient utilisés au Moyen-Age par les médecins pour se protéger des maladies), marquant ainsi le début de la terreur. Il y a aussi des écrans en hauteur sur lesquels sont transmis en direct des vidéos des acteurs en train de jouer, et d’autres éléments scénographiques changeants selon les scènes, avec parfois de la musique. Les vidéos sont principalement filmées par des caméras de surveillance, ce qui rappelle de manière subtile et moderne le thème de la dictature. Les comédiens sont tous excellents ; je trouve que les comédiens jouant la Peste et sa secrétaire sont parfaits dans leur rôle.

Une mise en scène peu commune et innovante pour un spectacle captivant et actualisé !

Iannis V.