Un démocrate au théâtre des Quartiers d’Ivry / 17 -27 Nov

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Texte et mes Julie Timmerman Vu par Garance, Ilan, Nathan et Théodore (TREMPLIN 2)

Un spectacle tout simplement captivant qui permet de se poser des questions sur soi-même et sur la société !
Un démocrate est une pièce écrite et mise en scène par Julie Timmerman et jouée au Théâtre des Quartiers d’Ivry. Pour sa rédaction Julie Timmerman s’est inspirée de faits réels. En effet, le personnage principal est Edward L. Bernays, le neveu du célèbre psychanalyste Sigmund Freud. Il ne s’agit pas, dans cette pièce, de simplement retracer l’histoire de Bernays, il s’agit de montrer aux spectateurs sa découverte et de l’expliquer. Eddie, c’est ainsi qu’il est nommé dans la pièce, a compris comment il pouvait conditionner les hommes lorsqu’ils forment une masse. Il a compris qu’il pouvait utiliser leurs désirs et leurs pulsions les plus profondes pour les manipuler et les pousser à la consommation (par exemple). Il les manipule pour le bien. Il les manipule pour la démocratie. Mais lorsqu’il se rend compte des effets de sa découverte il est déjà trop tard, son système de manipulation des foules s’est imposé partout…et il n’est pas toujours employé pour la démocratie…
J’ai beaucoup aimé cette mise en scène parce qu’elle est assez simple, il y a un panneau au fond de la scène sur le lequel est collé une photo du réel Edward L. Bernays. Devant, il y a une table qui renferme tous les accessoires dont ont besoin les comédiens. J’ai aimé le fait que le tableau se remplisse de photos, de pancartes ou d’affiches au cours de la pièce car cela fait comme un rappel historique qui empêche le spectateur de s’abandonner complètement à la fiction. Cela pourrait être considéré comme négatif mais cela m’a plu parce que ce dont parle la pièce est toujours actuel et donne vraiment à réfléchir. En outre, j’ai beaucoup aimé le jeu des comédiens qui n’ont pas de rôle fixe, tantôt ils sont Bernays, tantôt ils sont Freud, tantôt ils sont d’autres personnages. Ils se partagent les rôles à merveille et chacun les interprète différemment, c’est incroyable. Je loue également énormément Julie Timmerman qui a réussi à faire une très belle mise en scène (la dernière scène est magnifique !) tout en étant comédienne dans la pièce.

C’est un spectacle magnifique ! A voir absolument ! Garance G.

La pièce raconte l’histoire réelle d’Edward L. Bernays, publicitaire américain, considéré comme le père de la propagande, auteur d’un livre expliquant comment manipuler l’opinion en démocratie. Il invente des méthodes permettant d’endormir le libre arbitre, de transformer le citoyen en consommateur docile qui achète, vote, part à la guerre – librement, croit-il. Edward Bernays dit même que la manipulation est indispensable à la démocratie, la présence d’un « gouvernement invisible ». Il fait alors fortune et devient célèbre mais comment va-t-il réagir quand il se rendra compte que les nazis utilisent ses méthodes afin d’assurer leur propagande et manipuler les masses ?
C’est une pièce qui m’a réellement fait peur, sans forcément en avoir l’intention. Au travers d’une histoire racontée par Edward incarné par différents comédiens, le spectateur plonge dans les rouages les plus sombres d’un système de manipulation de l’opinion. Cette manipulation que l’on vit sans vraiment s’en rendre compte. L’originalité de la mise en scène est fondée sur la présence d’un grand tableau noir où les comédiens collent des photos au fur et à mesure qu’ils nous présentent le parcours d’Eddie. La pièce alterne entre des scènes importantes de la vie d’Edward L. Bernays et des scènes de mise en pratique de la manipulation. Des hommes et des femmes sont dans un bureau devant des caméras de surveillance et ils apprennent à une nouvelle recrue à faire en sorte que les gens restent chez eux et qu’ils consomment le plus possible.
Effectivement, à l’issue de cette pièce, on se rend bien compte que cette manipulation est d’actualité. On la vit, sans totalement s’en rendre compte et surtout sans s’y opposer. On peut même se demander si ceux qui s’y opposent le font vraiment de leur libre arbitre ou si c’est encore un diktat de leur inconscient largement soufflé par le gouvernement invisible d’Eddie.

Une pièce édifiante qui pousse à réfléchir …  A voir absolument ! Ilan V.D.

Cette pièce reprend la vie professionnelle ( du côté « sentimental », nous n’avons que son mariage et comment sa femme l’aide dans son travail ) de Edward Bernays, ici souvent surnommé Eddie.
Le spectacle est relativement minimaliste : une chaise, une table, quatre tabourets, et un grand mur avec l’inscription suivante : EDWARD L. BERNAYS 1891-1995 avec sa photo. Le mur est très important car il sera le support, au fur et à mesure de la pièc,e de l’accrochage de plusieurs photos et coups de craie ( je me suis trouvé bien à la fin, lorsque le mur s’écrase au sol…)
Nombreux accessoires sont utilisés, des verres, des costumes, comme pour le « bal vert » où les acteurs sortent alors des habits verts de dessous la table. Un microphone suspendu sert aux acteurs pour faire parler la radio, et donc connaître l’opinion publique plus facilement.
Le jeu des acteurs est irréprochable, ils ont bien réussi à nous emmener là ils voulaient, dans les mailles des filets de la vie de Edward Bernays
Pour revenir sur la pièce, on pourrait découper l’heure et demie en deux parties : 80 %  racontela vie de Eddie par l’échange de l’étiquette « EDDIE » qui définit qui prend le rôle du personnage à chaque fois. Cela permet de focaliser son attention, et de mieux comprendre les subtilités de la troisième personne. Cette biographie se retrouve coupée par des séquences de resserrement des comédiens sur la table placée sur le devant de la scène avec une plaquette en métal muni de bouton. Ils sont alors en train d’épier un immeuble, dont ils doivent empêcher les habitants de sortir, par tous les moyens possibles.
Je pense qu’il y a de nombreuses façon de voir ces passages, et suis persuadé que mes camarades trouveront autre chose à en dire. Pour moi le fait de surveiller les habitants, et les empêcher de sortir, serait comme une application de l’idéologie de Bernays, qui embrigade les masses et les fait consommer, et pour ça rien de mieux qu’il  reste chez eux !

Pour conclure cette pièce est très intéressante, autant artistiquement que sur le fond, et permet de voir « l’envers du décor » de la propagande, et où l’arbre totalitaire est allé chercher ses racines. Nathan B.

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