Discours sur le colonialisme à l’Epée de bois jusqu’au 22 septembre

 Vu par Pablo C.

Texte Aimé Césaire  mes Mariann Mathéus (CieMoun San Mélé)

Publié en 1950, le « Discours » d’Aimé Césaire (1913-2008), poète et député communiste, s’inscrit dans la lignée des pamphlets anticolonialistes. En effet, ce texte virulent dans lequel Césaire s’efforce de démontrer l’inhumanité des points de vues émis par les penseurs humanistes de l’époque tels que Jules Romains ou Ernest Renan va prouver l’influence néfaste des Etats colonisateurs sur les peuples qu’ils ont par le passé opprimés.

Ce grand pamphlet d’Aimé Césaire est sublimé par une mise en scène sobre de Mariann Mathéus. Cette dernière interpète les paroles évoquant le point de vue de Césaire tandis que Patrick Karl expose les paroles des penseurs humanistes. La scène est occupée par deux pupitres avancés, et au fond deux chaises sur lequel les comédiens s’asseyent et deux autres chaises sur lesquelles se trouvent les deux musiciens. La pièce est divisée en six parties avec des pauses musicales. Les trois premières pauses sont jouées uniquement par le guitariste, donnant une légère pause entre chaque thèse exposée. Puis, l’arrivée du tambour et de ses solos ahurrisants vient symboliser un changement : la musique n’est plus décorative, elle rappelle les peuples africains. C’est donc tout un peuple qui s’exprime grâce à cet instrument.  Ce qui vient par dessus tout sublimer la pièce, c’est l’interprétation de Mariann Mathéus . La comédienne ne récitait pas le texte, elle le vivait. Lorsque l’émotion procurée par le texte était si forte qu’une larme lui échappait, alors on croyait en ses mots, car il n’était pas question de faire croire ce qu’elle récitait mais bien de nous faire comprendre ce qu’elle récitait, car le texte de Césaire s’attaque au passé pour qu’il ne soit pas notre futur.

Un texte beau et fort, une interprétation vraie. A voir absolument !

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