STUCK PLASTIC au TQI jusqu’au 16 novembre

 Vu par Dora F. et Ariadna G.

Texte Marius von Mayenburg mes Maïa Sandoz

Un spectacle irritant par son humour et drôle par sa critique !

La pièce Stuk Plastik, est écrite en 2015 par Marius von Mayenburg, le conseiller artistique de Thomas Ostermeier
L’histoire est tout à fait banale en apparence : un couple et leur fils en crise d’adolescence engagent une femme de ménage. Mais derrière cette façade habituelle, se cache une critique de la société et de ses vices. En effet, on voit vite les problèmes du couple, leurs défauts, ils se révèlent rapidement au public. Le fait de devenir patron dans leur propre maison les déboussole et ils finissent par complètement dérailler. L’intervention de l’artiste excentrique duquel la femme s’occupe en tant qu’assistante ne fait que mettre de l’huile sur le feu. Il se permet d’analyser leurs moindres faits et gestes et décide de prendre la nouvelle femme de ménage comme muse. Ce grand bazar, c’est la femme de ménage qui devra le ranger, elle nettoie la saleté abstraite comme concrète de ses patrons sans se poser de questions. La pièce nous met face à une caricature dans laquelle on ne peut pas s’empêcher parfois de se retrouver, à contre cœur.
J’ai trouvé la mise en scène très intéressante, le public entoure les comédiens et se sent ainsi plus concerné. Les acteurs, bien que ce soit difficile, réussissent à ne pas laisser à part un côté du public, parlant dans toutes les directions avec cadence. Les costumes sont assez simples, des tenues banales pour une famille banale. Les lumières sont utilisées à plusieurs reprises, on illumine un personnage lorsqu’il est en plein monologue, on change de tons pour représenter le jour ou la nuit. Le décor est lui aussi assez simple: un salon banal avec un canapé, une table, un tapis, une lampe et des poufs. Tout pousse à croire que c’est donc simple et habituel, mais vite ce salon simple devient salissant. J’ai aimé le jeu des acteurs, leur capacité à nous faire plonger dans l’histoire, à représenter les familles caricaturées mais pas si éloignées de la réalité.
Un spectacle à voir pour rire et mieux comprendre!
Dora F.

Stück Plastik nous plonge au cœur d’une famille caricaturale qui fait étrangement écho à ce que nous connaissons que trop bien : du couple qui s’effondre à l’artiste extravagant en passant par le préadolescent mal dans sa peau et la femme de ménage assujettie au silence de sa condition.
Par son ton cynique, la critique est là, omniprésente: si le milieu intellectuel et bien pensant est pointé du doigt,  c’est la société toute entière qui est remise en cause: du burn out à la surconsommation en passant par la maladie et les inégalités sociales.
La mise en scène audacieuse rend justice au texte. Ici pas de scène classique mais un public qui entoure les acteurs. Cette astuce scénique nous immerge, nous spectateurs, dans l’intrigue et nous interpelle sur notre condition et comportements sociaux. Nous voilà transformés en personnages à part entière de cette satire sociale.
Entre canapés chics, robes à bustier, jeans, nouilles s’étalant au sol et tapis en fourrure, les comédiens évoluent dans ce décor, changeant de costume directement sur scène sans qu’on s’en rende vraiment compte. Ainsi Maïa Mayenburg intègre l’auto-destruction psychologique des personnages au décor : les ampoules au plafond en viennent à disjoncter.
Les acteurs interprètent avec beaucoup de justesse le chaos des relations conjugales ou l’hypocrite bienveillance des bobos. Serge Biavan nous régale d’une bonne dose d’humour noir dans la peau de Serge Haulupa. Le jeu de Maxime Coggio est en revanche moins convaincant, le personnage de l’adolescent est difficilement identifiable, bien qu’il nous bouleverse à la fin de la pièce.

En bref, un humour acide qui nous fait autant rire que réfléchir. Stück Plastik, une plastique sociale? Oui! À voir!

Ariadna G.

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