Allers-Retours à l’Epée de Bois jusqu’au 23 décembre

ALLERS – RETOURS Texte d’Ödön von Horvath, mes Alain Batis

Vu par Dora V.

Un humour qui va et vient sur le pont de l’exil.

L’auteur emploie ici la farce, c’est donc avec humour qu’il raconte l’histoire d’un homme qui est exilé de son pays et renvoyé dans son pays de naissance, malgré le fait qu’il l’ait quitté à 15 jours à peine. La frontière est séparée par un pont qui est un terrain neutre, des deux côtés, se trouvent les agents de la douane. Les deux hommes se détestent, et pourtant, la fille de l’un est éprise de l’autre. Le personnage exilé est donc envoyé et renvoyé sans arrêt des deux côtés du pont. L’histoire met en scène 16 personnages pour 8 acteurs, on retrouve des chefs d’état, des personnages typiques et par leur caricature amusante. On retrouve parfois des moments musicaux qui s’allient parfaitement au texte.

Les costumes, tenues militaires des hommes de douane, le style simple et classique du personnage principal, la tenue plus élaborée du chef d’état nous renseignent par eux-mêmes sur les personnages énoncés. La musique et les bruitages apportent beaucoup à l’histoire et à la pièce. L’espace et les décors sont très liés, les comédiens les modifient durant la pièce, déplaçant les éléments décoratifs. Les auteurs m’ont beaucoup plu et j’ai aimé leur manière d’exagérer les personnages qu’ils jouaient, ce qui rajoutait beaucoup de qualité à la farce déjà très bien mise en place par Horvath.

Une pièce aussi amusante qu’entraînante qui donne du baume au cœur !

 

Vu par Ariadna G.

Un marchand ruiné ballotté entre deux pays qui ne veulent plus de lui, des gardes frontières, des manigances de contrebandiers, une rencontre secrète entre deux ministres et une frontière absurde…

Allers Retours fait étrangement écho à l’actualité dans les questionnements qu’elle pose sur la nationalité et les lois des Hommes qui frôlent parfois l’absurde.
C’est dans un décor minimaliste mais multitâche et mobile que les personnages évoluent : une table roulante devient alors une voiture puis une cuisine. Le public est alors amené à se laisser porter par son imagination, aidé des bruitages et des mimiques des comédiens qui, là ou les éléments de décor manquent, les esquissent subtilement.
Les costumes d’époque deviennent quant à eux essentiels du fait que seulement 8 acteurs sont amenés à jouer 16 personnages. Ceux-ci avec la musique apportent à la pièce un délicieux goût mélancolique. Les chants qui entrecoupent les scènes apportent un tempo particulier.
Quant aux acteurs, Rafael Almosni nous émeut dans son rôle d’apatride prisonnier d’une frontière, de même pour Marc Segala et surtout Marie Cécile Tuvache qui interprète 4 rôles différents avec une palette des sentiments impressionnante passant de la fragilité à la mesquinerie la plus répulsive. J’ai eu plus de difficultés à appréhender le jeu de Sophie Kircher qui m’a semblé trop outré à certains passages.
En bref, une pièce toujours d’actualité qui vaut le détour, accompagnée d’une mise en scène inventive et vivante bien que les allers retours aient certaines longueurs…

 

Vu par Louise C.

Un aller-retour entre les années 1930 et aujourd’hui.

Un pont, deux pays, deux postes de frontière : l’intrigue de cette comédie se déroule dans une séance particulière, lieu de passage où se confrontent deux pays, deux populations et de nombreux destins.

Ferdinand Havlicek, ressortissant étranger, est reconduit à la frontière car devenu un poids économique depuis la faillite de son petit commerce. Seulement, suite à des réformes de l’accès à la citoyenneté dans son pays d’origine, il est condamné à effectuer des allers-retours entre les deux postes de frontière qui le refusent tour à tour.

On découvre le quotidien des habitants de la région, les conflits entre générations et pays.

Un dénouement un peu facile, mais une critique toujours actuelle des lois administratives absurdes et déconnectées de la réalité. Des comédiens endossant jusqu’à quatre rôles avec agilité et un décor réduit au strict minimum mais efficacement utilisé, enrichi de bruitages qui ajoutent au comique. Des interludes chantés rythment les deux heures qui auraient pu sembler longues.

Une comédie bien agencée et toujours actuelle !

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