Bérénice/Fragments à l’Epée de bois

 Vu par Nasser H.

Bérénice, est une tragédie de Jean Racine en 5 actes et en vers qui retrace le sort tragique de Bérénice qui est une reine de Palestine juive. Elle est amoureuse de l’héritier du trône romain; Titus réciproquement  lui voue les mêmes sentiments mais il sacrifie son amour pour se monter à la hauteur des aspirations de son peuple xénophobe. D’autre part, Antiochus, ami  dévoué du roi Titus est silencieusement amoureux de Bérénice qui lui est indifférente. Un amalgame de sentiments qui va et vient comme un ras de marée durant toute la pièce.
Une des meilleures pièces de Jean Racine (mais  moins pour moi  qu’ Andromaque qu’on a étudié en seconde). Elle est mise en scène par Laurence Février qui s’est focalisée sur les 3 personnages principaux de la pièce : Bérénice, Titus et Antiochus, et ce dans une grande salle qui n’a pas le moindre décor sauf une chaise vide avec laquelle elle fait allusion au trône (peut être); cette pièce contient 2 petites ouvertures (portes) de part et d’autre d’une autre ouverture plus grande et plus haute, juste en face du spectateur, d’où on peut voir les actrices qui font des va et vient avant de rejoindre la grande salle. Les  actrices sont vêtues de costumes, des robes noires, mais à celle qui prend la parole, on met un manteau rouge, ça reflète certainement l’ampleur et l’angoisse qui s’emparent des personnages et qui les rendent comme des robots inconscients, leur réflexion vient d’ailleurs :  une voix extérieure qui parle.
Quoique les personnages de Racine concernent une femme (Bérénice) et deux hommes (Titus et Antiochus), la metteure en scène les a tous représentés comme 3 femmes, peut être  pour dire que l’amour, l’angoisse, la tristesse……. s’emparent des êtres humains sans faire de discrimination entre femme et homme.
La musique est faible, à peine perceptible, on entend plutôt le son de la mer, c’est pour dire peut être que les esprits des personnages sont emportés par les vagues.
De toute façon, c’est une pièce très intéressante, surtout pour les passionnés des classiques du 17ème siècle qui apprécient le verbe raffiné en alexandrins.

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