Enterre-moi mon amour au TQI le 2 mars 2019

 Vu par Chaska W.

Inspirée d’un article de Lucie Soullier paru d Le Monde  mes  Clea Petrolesi

Enterre-moi mon amour  met en scène l’échange de deux migrants syriens, Dana ainsi que son beau-frère Kholio, avec leur famille et amis (dont certains ont déjà fait la traversée), par l’intermédiaire de l’application Whatsapp. 250 messages y sont restitués, permettant de suivre leur périple de Damas jusqu’en Allemagne, faisant office de journal de bord. Cette version de la pièce était inachevée, et la version finale se jouera en 2020.

Sur scène il y a trois personnes : Caroline qui s’occupe des photographies et Benoît qui s’occupe de la partie informatique et joue aussi avec Najda. Ils n’interprètent personne en particulier, ils disent même à la fin de la représentation, lors d’un moment où le public pouvait leur poser des questions, que leur but n’était pas d’incarner Dana et Kholio. Benoît et Najda sont habillés simplement, il n’y a pas de costumes. Caroline a trois bacs pour faire des photographies en argentique, et se déplace parfois entre les comédiens afin de les photographier. Elle avait une contrainte de la part de Dana : ne montrer aucune photo de la conversation où l’on pouvait la voir pour pouvoir protéger sa famille qui était restée à Damas.  Sur le plateau il y a le coin de photographie, une table avec du matériel informatique ainsi qu’un projecteur et un écran qui nous montre une carte de l’Europe avec quelques messages du groupe Whatsapp. Il y a aussi un casier avec trois imperméables respectivement noir, rouge et jaune formant les couleurs du drapeau de l’Allemagne. Il y a de la musique, notamment la musique corporelle faite par Benoît à certains moments. Parfois il tapait un peu fort et de ce fait, couvrait la voix de Najda, ce qui pouvait parfois être un peu dérangeant.

La pièce m’a plu : il est vrai que le support est inattendu mais il est bien mis en scène à mon goût. Malheureusement, je trouve que la photographie, elle,  n’est pas assez mise en valeur alors que, selon Clea Petrolesi, c’est un des points les plus importants de la pièce et j’espère donc qu’il le sera plus dans la version définitive. Je terminerai avec un point qui m’a semblé intéressant : la pièce étant le compte rendu des deux migrants sur une conversation Whatsapp, l’aspect de la peur et des conditions de vie ne sont pas vraiment évoqués pour ne pas inquiéter leurs proches : ça n’est donc qu’une partie de la réalité qui est montrée.

C’est une pièce très intéressante qu’il faut voir.

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