Un ennemi du peuple à l’Odéon jusqu’au 15 juin

 Vu par Cherita G. et Lou C.

© Jean-Louis Fernandez

« L’homme le plus fort au monde c’est l’homme le plus seul« 

Un ennemi du peuple raconte l’histoire d’un docteur, d’un homme bon, simplement bon, qui veut le bien du peuple dans une société complexe ou la majorité, même ignorante, détient  la vérité absolue.
La pièce polémique met en évidence les failles de la démocratie et en fait ressortir ses multiples travers.
Tout au long de la pièce on peut voir comment cet homme qui porte une cause altruiste, véritable et honorable, va être victime des institutions, de la presse, de la pression du groupe, de la majorité, du peuple et comment cela va l’emmener à une chute injustifiée jusqu’à en faire l’ennemi du peuple.
Le texte saisissant d’Henrik Ibsen a pu prendre forme grâce au metteur en scène Jean François Sivadier  qui a su, grâce à d’excellents acteurs, une scénographie éblouissante et toute une équipe technique derrière, faire passer un message fort pour la vérité

Cherita G.

En 1883, Henrik Ibsen engage son projet, Un ennemi du peuple ; il a bien l’intention de
régler ses comptes après les critiques de sa précédente pièce, Les Revenants (1881), qui
a suscité de nombreuses polémiques. Il enrage contre les petits bourgeois, les matérialistes et le peuple. Le dramaturge écrit alors ce droit de réponse qui sonne comme un manifeste où il évoque tant les questions environnementales que politiques.
Pour avoir dénoncé la pollution des eaux de la station thermale dont il est le médecin, Tomas Stockman voit se dresser contre lui la « majorité compacte » qui jusque-là le soutenait. Au cours d’une réunion publique il est accusé de vouloir ruiner les finances municipales et est déclaré « ennemi du peuple ». Il estime avoir compris qui était le pire ennemi de la vérité et de la liberté c’est la majorité compacte. Il énonce en ces termes : L’homme le plus fort du monde est celui le plus seul.
Les éléments de la mise en scène m’ont tout simplement charmée. La scénographie est incroyable. Les costumes, les décors sont modernes. Ces décors nous transportent dans un milieu aquatique. En effet, l’eau, contenue par un ensemble de bâches plastiques savamment éclairées par les lumières de Philippe Berthomé, est omniprésente. Elles illustrent sans doute le « Å kaste sten i glasshus » (« il ne faut pas jeter de pierres dans une maison en verre » qui s’effondre, justement, sous l’assaut de ces dernières). D’étonnants lustres dont des sacs remplis d’eau font office de globes sublimés par les lumières. Nous sommes dans un appartement chic. On s’y croirait. Des musiques rythment l’ensemble de la pièce: techno vibrionnante. Quant aux comédiens, je les ai trouvés très bons. Nicolas Bouchaud défend durant trois heures et sans jamais quitter le plateau un Tomas Stockman humain, attachant, glissant vers la folie. Le comédien est admirable.
Cependant, la pièce m’a paru trop longue et a su me perdre un peu à la fin.

Un ennemi du peuple, un spectacle qui bouscule et interroge. Un point de vue affirmé sur le théâtre et la politique qui secoue le spectateur.
Lou C.

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