Une journée avec AMOS GITAI au Théâtre de la Ville

 Vu par Pablo C.
Salut de Letter to a friend in Gaza

Le samedi 7 septembre avait lieu au Théâtre de la Ville Espace Cardin Une journée avec à Amos Gitaï , dédié à l’artiste israélien, nouvel ambassadeur de la saison 2019-2020.

Cette journée en présence de l’artiste pluridisciplinaire débutait avec une rencontre entre lui-même, l’historien Patrick Boucheron et le metteur en scène et directeur du Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy-Mota. Intitulée Témoignages, éthique et politique, cette rencontre passionnante confrontait le rôle de l’art, le cinéma, le théâtre et la sculpture dans le cas d’Amos Gitaï, avec les notions de mémoires, de frontières, au cœur du conflit israélo-palestinien, qui a tant  marqué Amos Gitaï et que l’on retrouve dans son œuvre. Ainsi, deux raisonnements, deux points de vue réfléchissaient ensemble, s’entraidaient dans la réflexion : le raisonnement de l’historien et celui de l’artiste.

Puis avait lieu la représentation de Letter to a friend in Gaza, pièce mise en scène par Amos Gitaï. Sur un décor épuré (une longue table en bois), des comédiens disent des poèmes tant en hébreu qu’en arabe. Ces poèmes sont ponctués par des images des camps de réfugiés palestiniens, de conflits ainsi que par de la musique, jouée par un accordéon, une clarinette et un santour. Le spectacle reste statique, parfois répétitif, mais c’est ainsi qu’il permet au spectateur de saisir les enjeux évoqués par la pièce. Par sa lenteur, la pièce permet d’opposer la dureté des images aux poèmes, poèmes en hébreu et en arabe, qui se rejoignent par l’art, celui qui peut permettre ce que tant désirent entre Israël et la Palestine.

A l’occasion des trente ans de Berlin Jérusalem, son deuxième film, une copie restaurée de celui-ci a été faite. Le film est composé de deux histoires ayant lieu dans les années 1930 : celle d’une poétesse expressionniste allemande et celle d’une fondatrice des kibboutz israéliens. Le film montre la naissance du conflit israélo-palestinien avec l’occupation de terres par les membres des kibboutz, s’achevant sur une explosion, une violence qui marque la naissance du conflit.

Amos Gitaï, par son œuvre, démontre l’importance de l’art, de la caméra, des mots comme messagers de la paix, comme les seuls outils qui peuvent, comme le dit Gitaï, « toucher un nerf ».

Laisser un commentaire