FESTIVAL FRAGMENT(S) du 7 au 8 octobre au Monfort

 

Vu par Diego G.

Deux spectacles bien différents, mais qui méritent d’être contemplés avec attention !

J’ai pu assister ce mardi 8 octobre à une expérience toute nouvelle, dont le principe m’a particulièrement plu. C’est une partie du festival « Fragments(s) » que j’ai pu découvrir au théâtre Monfort, dans le 15eme arrondissement de Paris. C’est un théâtre ma foi des plus normaux, mais dont le chapiteau de 23 mètres de haut (merci à la présentatrice et comédienne Camille Rutherford du fragment « Tourisme » d’avoir fait cette petite précision) impressionne. La représentation s’est donc divisée en deux œuvres en cours de construction. La première, « Tourisme, avec la troupe LAÏKA », et la deuxième, « La Très Bouleversante Confession de l’homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté », du Collectif NightShot.

Concernant « Tourisme », c’est une comédie très moderne, élaborée en dix jours, qui m’a beaucoup fait rire, malgré sa très simple mise en scène. Elle fait l’objet d’un regard critique sur le tourisme, présenté comme un porteur des idéaux coloniaux, en voyageant du Maroc au musée du Quai Branly, en passant par un plateau de théâtre. J’ai apprécié l’autodérision employée pour grossir, ridiculiser et même caricaturer cet acteur majeur de l’activité touristique, ce que nous sommes véritablement lorsque nous nous rendons à l’étranger: des touristes. Des individus attirés par tout ce qui leur est inconnu, parfois émerveillés par des choses dont l’émerveillement n’a pas lieu d’être. Acheter des petites Tour Eiffel, des verres à Vodka ou même des masques vénitiens dans une boutique de souvenirs parisienne: voilà comment se traduit l’absurdité du tourisme. J’avoue avoir été charmé par les merveilleuses, épatantes, que dis-je, « drolissimes » interprétations de Ferdinand Riquet-Rioux, touriste parisien de passage au Maroc, mais aussi enfant fan du PSG ou encore « vieillard maniéré qui se la joue moraliste » au Musée du Quai Branly. Ce dernier contredit avec un certain mépris une journaliste, qui pense que les bibelots africains exposés dans la salle font l’objet d’une matérialisation de la colonisation du continent africain. Cependant, j’ai été tellement entraîné par la pièce que je suis resté sur ma faim une fois les trente minutes passées.

J’avoue avoir été moins charmé par la seconde pièce (dont j’épargnerai le nom pour aller plus vite), même si la mise en scène, soyons francs, est exceptionnelle. Les reporters du magazine Esquire publient l’interview d’un ancien soldat, stéréotype de l’Américain viril, musclé et vulgaire, qui confesse être celui qui a abattu le plus puissant chef terroriste du monde. L’histoire est intéressante, mais pour moi, il y a trop de dialogue. Trop de mots inutiles, des métaphores lourdes à la longue (même si elles permettaient, au début, de bien caractérisé le personnage) et pas assez de gestes selon moi. J’aurai préféré quelque chose de plus joué. Cependant, la mise en scène n’est pas ce qui manque. Les éclairages, les effets sonores, le décor (même si sobre).Tout y est, sans compter que le véritable décor est en cours d’élaboration ! Les actions sont très fluides, ça « match ».

Sans aucun doute, ce sont des spectacles qui marchent, et une expérience qui vaut le détour !

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