Trust / Shakespeare / Alléluia au TQI jusqu’au 10 octobre

 

Par Aloys B.

Du rire aux larmes à travers Shakespeare.

Une pièce qui mêle avec légèreté, musique et sujets graves, tel que l’impact du pouvoir sur l’Homme.

On y retrouve les figures emblématiques de Shakespeare : Hamlet, Othello, Prospero, Puck, Lady Macbeth, Juliette … La pièce est portée par une troupe très homogène de 16 comédiens, qui passent du chœur aux personnages, du texte au chant, avec un immense engagement. Chaque comédien joue un de ces personnages, qui nous entraînent au travers de leurs histoires. Ils partent, reviennent, se croisent, passant du tragique au comique avec un humour parfois grinçant, dans un contexte contemporain faisant référence à différentes cultures.

La musique, élément essentiel de ce spectacle, portée par le chœur, insuffle la voix et la pensée aux personnages.

L’univers est donné par une projection murale, seul quelques objets disposés sur la scène encadrent l’histoire et nous donnent une idée du lieu. Ces objets ne sont pas fixes ils sortent et rentrent pour le bien de l’action. Parfois les acteurs marchent sur scène de façon discontinue, ils marquent des arrêts tournent et partent ce qui appuyés par la lumière et le son crée une atmosphère à chaque fois renouvelée.

J’adore particulièrement ce jeu pour la scène du métro car ce décor humain oppresse le personnage mais également nous… SPECTATEURS.

 

Vu par Hani N.

Trust/Shakespeare/Alléluia de Dieudonné Niangouna est une pièce de théâtre pour le moins surprenante (à entendre par ceci un mélange d’étrange, de moderne et de bizarre) mais très intéressante. Cette pièce est en quelque sorte un hommage à la culture pop liant plusieurs générations. On y fait maintes références aux réseaux sociaux, aux gouvernements actuels, etc. Le metteur en scène fait le pari fou de soumettre au monde contemporain plusieurs personnages de Shakespeare. On retrouve, par exemple, Hamlet dans un cimetière (une fois n’est pas coutume) arrêté par des agents de police, Macbeth assis sur son trône, à savoir une cuvette de toilettes, le roi Lear en clochard dans le métro. Autant dire que le metteur en scène a laissé libre cours à son imagination.

Le travail de mise en scène était particulièrement soigné, avec des acrobaties, des danses, des cérémonies vaudoues (c’est à se demander si on ne s’est pas perdu en route et au lieu d’aller au théâtre on s’était rendu par erreur à la voyante du coin de la rue) et une bataille dans l’espace. On a à peine le temps de comprendre le lieu de l’action que la mise en scène nous envoie sur le plateau d’une émission télé, dans un vaisseau spatial, dans une ligne de métro parisien – je supposerai que c’est la ligne 13, car vu les va-et-vient incessants des acteurs, la ligne avait une grande affluence, et la ligne 13 est imbattable dans ce domaine -, dans le château de Macbeth…etc.

Le jeu des lumières est impressionnant. On passe d’une scène en forme de cercueil à une scène qui ressemble à une rivière, un tapis, une terre craquelée…etc. Enfin, on ne peut apprécier cette pièce sans apercevoir les formes bizarres projetées sur l’écran de fond. Bien que la plupart des spectateurs ne comprennent pas leur signification, moi le premier, un simple regard titille l’imagination du spectateur. Les seules formes que j’ai pu reconnaître sans aucun effort sont celles d’un crâne et d’un visage, la tête étant un élément essentiel de cette pièce. En effet, dès la première scène avec Hamlet, jusqu’à la dernière avec le « psychologue », on retrouve le symbole du crane dans quasiment toute la représentation théâtrale, qu’il soit porté par un personnage ou relégué au second plan. Cela est peut-être dû au fait que, très souvent, le crâne, et le squelette en général, sont un symbole de la mort, un des fondements de cette œuvre qui s’inspire des pièces de William Shakespeare connu principalement pour ses tragédies.

 

Au début, j’étais quelque peu sceptique au sujet de cette pièce, mais plus je prends du recul, plus je me dis qu’elle tient du génie car il faut être stable sur ses appuis pour moderniser du Shakespeare, chose que le metteur en scène fait avec brio. Le plus étrange dans tout cela, c’est que c’est en faisant la critique que j’ai commencé à apprécier ce travail.

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