La dernière bande à l’Athénée jusqu’au 30 novembre

 Vu par Louise C. Et Dominique T.

Texte S.Beckett mes Jacques Osinski avec Denis Lavant

Un seul-en-scène admirable, mais pas accessible à tous…

Un vieil homme, assis à son bureau sous l’implacable éclairage d’un lampe suspendue au-dessus de lui, seul au centre de la scène plongée dans le noir. Pendant 1h30, Denis Lavant incarne à lui  seul le récit d’un vieil écrivain raté qui s’adonne à son rituel annuel : enregistrer une bande sur son vieux magnétophone, résumant l’année passée comme dans un journal intime.

Il commence par écouter une de ses anciennes bandes, installant une sorte de dialogue entre ces deux versions de lui-même, une superposition de voix, de temps et de souvenirs. Le contraste entre les deux voix, les deux récits (homme en deuil mais encore ambitieux et le vieillard alcoolique, allant et venant difficilement sur la scène) se renforce, le vide de la vie du vieil homme ressassant ses souvenirs devient palpable, sa manière d’écouter la bande pathétique (sautant les passages trop durs, repassant d’autres plus nostalgiques, riant amèrement de son orgueil et de ses espoirs d’alors).
La performance du comédien est admirable, sa voix enregistrée donnant vie à ce récit de manière juste, touchante, avec un humour sombre caractéristique de Beckett, et rendant le texte d’une clarté rare. Son jeu rend parfaitement ce personnage vieilli, dont la vie ne consiste plus qu’en une répétition de rituels, un ressassement de souvenirs, d’un seul souvenir particulièrement. Mais le schéma assez fermé de la trame (à peine une évolution dans la situation du personnage) tout comme les silences et blancs à répétition sont assez éprouvants, et peuvent rendre cette pièce difficilement accessible.
Malgré la beauté du sujet, la qualité de jeu et la richesse du texte (interrogations sur le langage, le récit, poésie de certains passages) j’ai eu quelques fois du mal à ne pas m’impatienter devant le déroulement de l’action et à me départir parfois du sentiment que l’on n’allait nulle part. Le début avec la lente dégustation de la banane était particulièrement éprouvant, et il manquait une certaine tension vers la fin, qui ne semblait pas venir.

A voir donc à condition de ne pas avoir peur des moments d’attente, pour entendre ce dialogue troublant d’un vieil homme avec sa mémoire, porté par la voix et le jeu caractéristiques de Denis Lavant.
Louise C.

À travers des jeux de répétition et d’attente, Samuel Beckett capte avec adresse notre attention dans La dernière bande

Dans un ancien bureau, un vieil homme réécoute annuellement les bobines enregistrées au cours des dernières années à l’aide de son magnétophone.
Sa solitude est soulignée par un long silence et un éclairage faible. La pièce commence en suscitant chez nous une attente : le comédien reste immobile, assis sur sa chaise pendant des minutes qui se font ressentir très longues. Le rythme de la pièce est relativement lent mais le spectateur est captivé par les actions même moindres du personnage grâce au jeu d’acteur excellent du comédien. On ressent de la compassion, de la pitié pour ce personne âgé, habillé modestement et prisonnier des souvenirs d’antan.  À voir !
Dominique T.

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