Les Mille et une nuits à l’Odéon jusqu’au 8 décembre

 Vu par Meri G, Magdallena B, Solène V, Fleur L, Chaksa W

Texte librement inspiré des Mille et une nuits mes Guillaume Vincent

Mille et un contes de survie

La pièce est une réécriture fantaisiste et passionnelle de l’histoire des Mille et une nuits.
La tristement célèbre Schéhérazade inspirée du conte relate des histoires de passions charnelles et de combats fantastiques dans un cadre tantôt joyeux tantôt effrayant.
Comme à son habitude le théâtre de l’Odéon offre un cadre exceptionnel pour une mise en scène onirique qui s’emboîte parfaitement au thème de la pièce. On y retrouve notamment une décoration orientale scindée par quelques éléments modernes et parfois même angoissants, tout particulièrement au début de la pièce quand le jeu des comédiens est particulièrement terrifiant et inquiétant.
La réécriture contemporaine de la pièce, ancrée dans la société du XXIe siècle délivre selon moi un message engagé tout en métaphore.
J’ai aimé retrouver les comédiens dans différents rôles tout au long de la scène. Le jeu d’acteur était naturel et plaisant. De même, suivre différents récits au sein d’une seule et même pièce tient le spectateur en haleine d’un bout à l’autre et ce malgré un entracte.
En général le fil conducteur de la pièce se situe sur une réinvention des Mille et une nuits mais c’est surtout l’engagement du dramaturge et la mise en scène, reflets éblouissants des idées contemporaines, qui retient l’attention du public.
Les scènes de nu et d’amour tout au long de la pièce peuvent être rédhibitoires et un frein pour un jeune public… Mais ce n’est pas un spectacle pour jeune public !

Je conseille donc  avidement cette pièce pour les plus sensibles à la littérature et à l’actualité sociale de notre ère !
Meri G.

Les Mille et Une nuits, un récit captivant

Cette création de Guillaume Vincent, inspirée par la collection de contes des Mille et Une Nuits, captive le spectateur dès la scène d’ouverture, avec l’histoire d’une femme qui à travers ses récits parvient à se faire écouter par un roi sanguinaire grâce à son talent de conteuse; sa seule arme sont les mots, elle raconte des histoires pour sauver sa vie, des histoires qui relève d’un champ divers de littératures et des émotions, en passant de la comédie à la tragédie, des récits narratifs aux poèmes d’amour. On a reconnu évidemment Shéhérazade.
Les contes datent de l’époque ancienne, à travers plusieurs siècles, mais la mise en scène arrive à les insérer dans notre époque moderne, avec des thèmes récurrents comme l’immigration, l’insertion, la culture, les rapports entre hommes et femmes, un dialogue entre Orient et Occident.  Les comédiens sont d’origines différentes, ce qui donne une dimension universelle à la pièce. On se sent dans un monde réaliste avec des gens, des formes, des apparences, des origines diverses que les costumes portent : de belles robes de noces, des costumes d’affaire, des robes de tissu fin très colorées, des vêtements simples et modernes.Les personnages féminins sont forts à l’égal des hommes : on ne dira pas comment commence et se termine le spectacle…
Les jeux de lumière et des sonorités nous font plonger dans l’histoire, ainsi dans la scène d’ouverture, les bruits de l’alarme nous plongent dans des émotions de peur et d’empathie.
Un spectacle qui surprend le spectateur avec des récits captivants, l’humour et le talent de ces comédiens et un énorme effort donné aux décors, costumes, éclairages… Une pièce qui va bousculer le spectateur tout au long de l’histoire. Évidemment le spectateur pourra aussi profiter de la grandeur de la salle de l’Odéon.

Fortement recommandé !  A voir !
Magdallena B.

Des contes plus vrais que nature à voir à l’Odéon !
 Les Mille et Une Nuits adaptés par Guillaume Vincent montrent comment « le pouvoir de la fiction est capable d’arrêter la barbarie ». Le sultan Schahriar meurtri par l’infidélité de sa femme, la fait assassiner, le souverain sanguinaire a trouvé le subterfuge pour ne plus être trompé. Dorénavant, il déflorera chaque soir une jeune vierge qu’il exécutera le matin venu. Personne ne parvient à arrêter la barbarie. Jusqu’à ce que la fille du Vizir, Shéhérazade lui raconte chaque soir une histoire qu’elle interrompt à l’aube. Le roi, curieux de connaître la suite, lui laisse ainsi la vie sauve.
Cette adaptation des célèbres Contes des Mille et une Nuits, nous plonge dans des univers différents tout en restant dans un décor d’entrée d’un palais luxueux. Les dix-sept comédiens et comédiennes vont investire le lieu sans qu’il y ait besoin de changer de décor.
Les jeux de lumières et l’effluve musicale d’Orient montrent aux spectateurs une vision très subtile de la pièce. Le jeu des comédiens est très bien réalisé, certains sont drôles, d’autres plus farfelus. Tous sont différents mais très plaisants à regarder. Le décor remarquable, une très belle lumière, un musicien qui donne le ton et les costumes soignés des comédiens permettent très vite de prendre goût aux histoires qui nous sont racontées.

Des récits captivants, une pièce avec beaucoup d’humour et de talents. Je la conseille vivement !
Solène V.

De très belles Mille et Une Nuits aux accents modernes.

Les Mille et Une Nuits racontent l’histoire d’un sultan qui, après avoir été trompé par sa femme, lui fait couper la tête. Pour que cela n’arrive plus, il décide de passer la nuit avec une vierge chaque soir pendant trois ans et de les exécuter le lendemain matin, jusqu’au jour où il n’y en a plus et que le sultan Shahryar exige d’avoir l’une des deux filles de son Vizir. Shéhérazade, l’aînée, y consent en élaborant un plan : après avoir passé la nuit avec Shahryar, sa sœur viendra faire ses adieux et lui demandera une histoire. La jeune femme commencera donc un récit si intrigant qu’il demandera chaque matin à avoir la suite, ce qui durera pendant mille et une nuits et lui permettra de survivre au cruel destin que lui réservait le sultan. La pièce nous montre les premières histoires des trois premières nuits.
Nous sommes directement plongés dans un décor somptueux et ingénieux : l’estrade et les murs sont carrelés avec des motifs orientaux, les murs en hauteur sont ornés de guirlande et il y a de très belles couleurs. La scène est aussi pratique car elle est divisée en trois grandes parties permettant ainsi d’articuler les histoires qui y sont racontées. La musique et les chants m’ont énormément plu, à la fois doux et forts, j’ai été transportée par les sons que j’entendais. La pièce est modernisée ce qui, selon moi, a de bons et de mauvais côtés : les costumes par exemple sont modernes et, bien que des costumes traditionnels auraient aussi été appréciables, ils vont bien avec la pièce. Certaines parties de la pièce font(indirectement ?) penser à l’actualité, notamment sur la question du féminisme. Néanmoins certains moments ne m’ont pas plu car je les ai trouvés un peu forcés ou alors justement trop modernes et cassent la dynamique et l’ambiance de la pièce.

C’est un spectacle très esthétique, très beau, qui peut faire écho avec l’actualité et que je conseillerai.
Chaska W.

Un récit à redécouvrir sous un angle plus réaliste !

Tout d’abord, l’Odéon : quel endroit magnifique, j’ai eu l’occasion de le redécouvrir et je suis toujours autant émerveillée!
Le conte vient d’une histoire effroyable, une tromperie qui mène à des meurtres quotidiens de la part du trompé. Pour tout vous dire, je n’avais jamais entendu parler de cette histoire mais j’ai eu des frissons en voyant le début. De multiples femmes, une par une, montent dans un escalier, la porte se ferme violemment et on comprend par des cris d’horreur qu’elles vont se faire déflorer puis tuer par cet homme trompé… Et cela dure trois années…
Ensuite la fille du Vizir, Shéhérazade, va échapper à cette sentence en énonçant des contes si intéressants que le sultan Schahriar l’écoutera chaque soir, puis avant l’aube, elle coupe son récit pour s’assurer la vie chaque jour car le sultan veut savoir la suite.
La mise en scène est remarquable, j’ai beaucoup aimé que les contes s’inscrivent dans des origines différentes. Ce sont des contes ancien mais les thèmes de notre époque sont bien représentés et parfois angoissants.
J’ai eu plusieurs fois un sentiment tellement fort que je me sentais oppressée à cause de la tristesse et de la violence de la première scène.
Les costumes sont d’une beauté incroyable, le décor bien organisé. Les acteurs sont très talentueux; parmi eux, un musicien sur le côté dont j’ai apprécié la présence coordonnée et harmonieuse. Des effets de son et de lumières étaient aussi notables dans le but de donner au spectateur une certaine angoisse, jusqu’à des coups de fusil, à deux reprises, qui donne une impressions très violente.

Je conseille vivement cette pièce très riche en découvertes et en émotions.
Fleur L.

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