Jusqu’à ce que la mort nous sépare à L’Epée de Bois jusqu’au 22 décembre

texte de Rémi De Vos, mise en scène de Nikson Pitaqaj

Vu par Emma L. et Diego G.

Une pièce qui fait rire de la mort en toute simplicité.

Mise en scène par Nikson Pitaqaj, Jusqu’à ce que la mort nous sépare nous montre combien une petite action peut avoir de lourdes conséquences ou bien comment une action qu’on se force à entreprendre peut finalement devenir la clé du bonheur.

Rémi De Vos écrit ici l’histoire de Simon qui vient rendre visite à sa mère (qu’il n’a pas vue depuis une dizaine d’années) pour l’incinération de sa grand-mère. Il y revoit Anne, son amour de jeunesse, avec qui il va devoir partager un lourd secret. Tous deux usent alors de nombreux stratagèmes pour éviter d’annoncer la terrible vérité à la mère. Un mélange de tons qui montent destinés à nous faire rire, de scènes de danses extravagantes et de passages où Simon se confie aux spectateurs à l’aide d’un projecteur braqué sur lui.

Des costumes sobres qui montrent une modernité (ex. costume de Simon, imperméable d’Anne) dans un décor fait de bois au sol et aux murs mais aussi dans les meubles simples (table, chaise…) disposés sur scène. Des éléments comiques sont omniprésents comme la répétition de « Oh mon Dieu » de la part d’Anne ou le choix de la musique lors de l’incinération, qui est une musique cubaine de salsa très entraînante. On remarque notamment un changement de lumière, bleutée au départ (montrant la tristesse de Simon) qui finit rouge (désignant la passion qu’il porte à Anne). Une simplicité qui montre l’essentiel pour comprendre la pièce qui m’a beaucoup plu.

1h15 de représentation qu’on ne voit pas passer !
Emma L.

Une création surprenante jouée par des comédiens surprenants ! qui vaut le détour !

J’ai pu assister  à la représentation de Jusqu’à ce que la mort nous sépare dans la salle Studio du magnifique théâtre de l’Épée de Bois. Je dois dire déjà que la salle est très jolie, elle donne l’impression d’une salle d’un palais. Vous voyez ? Ces petites salles, privées, où les rois recevaient les musiciens il y a des siècles. De plus, le fait que nous soyons en petit comité et que je sois assis au milieu, au premier rang rendait la chose d’autant plus réelle. Nous sommes arrivés, et les comédiens étaient sur scène.
La trame de cette œuvre est on ne peut plus simple : le jour de la crémation de sa mère, une maman (Lina Cespedes) reçoit pour la première fois depuis des années son fils (Henri Vatin). L’atmosphère est bien triste, jusqu’à ce que Anne vienne à son tour rendre visite à la famille en deuil. Elle prend l’urne contenant les cendres de la défunte, et la fait tomber, au grand désespoir de Simon. La pièce part dans une direction complétement délirante, Anne et Simon inventant toutes sortes d’histoires pour cacher la disparition de l’urne (et entre autre, l’annonce de leur mariage). La pièce va néanmoins traiter de sujets essentiels tels que le rapport à la mort, les relations familiales et la liberté́ d’agir indépendamment de quelqu’un.
Les décors sont en accord avec le contexte de la pièce: tristes. Les comédiens m’ont vraiment beaucoup plu. Ils jouait tous trois très bien, et incarnent leur rôle à la perfection : Anne, « bébète » et ridicule, la mère, étrange, apeurante et insaisissable, se prêtant au jeu des deux complices et Simon (qui m’a particulièrement plu), le fils, qui tente tout au long de la pièce de cacher sa haine envers sa mère; il est investi dans son travail et ne pense qu’à une seule et unique chose : rentrer chez lui. D’une part, la dimension absurde et délirante que prend la pièce au début est complètement inattendue. Cela donne une richesse à la création. Cependant, j ai trouvé certains passages lourds (mais pas trop non plus !), et en particulier le dialogue entre Simon et Anne pour savoir qui portera la culpabilité d’avoir cassé l’urne. La complicité qui s’établit entre les différents personnages m’a beaucoup plu, elle donne une certaine fluidité et un certain rythme intéressant à la pièce. Mais la complicité s’établit également avec le public : les apartés d’Henri Vatin au public, qui constituent des transitions, permettent au spectateur d’être plus informés de ce qui se passe que les personnages eux-mêmes. Par ailleurs, la dimension absurde de la pièce se reflète également dans des comportements inexpliqués des personnages, comme c’est le cas durant une danse où ils paraissaient envoûtés, possédés par la musique électro. Enfin, l’absurdité dans la pièce, c’est aussi l’inattendu. Le mariage entre Anne et Simon, simple prétexte à l’origine pour cacher la disparition de l’urne, semble se concrétiser à la fin de la pièce. Tout le monde se réconcilie, une fin un peu trop facile à mon goût.

Une création originale qui vaut le détour et qui mérite plus de spectateurs !
Diego G.

 

Laisser un commentaire