PHÈDRE au Théâtre de la Ville jusqu’au 25 janvier

 Vu par Selma C.
Texte Racine mes Brigitte Jaques-Wajeman

Une interprétation, magnifique et fiévreuse, de la passion.
Phèdre raconte la passion maudite de la reine d’Athènes, Phèdre, pour son beau-fils Hippolyte. Alors que le père de ce dernier, Thésée, roi d’Athènes a été déclaré mort, elle se décide, sur les conseils de sa nourrice Oenone, à avouer au jeune homme la passion qui la ronge et la détruit depuis tant d’années. Cette révélation horrifie Hippolyte qui, lui, a sur la conscience son amour interdit pour la fille des ennemis de son père, la belle Aricie. Alors que Phèdre a avoué son secret, Thésée revient miraculeusement, sain et sauf. Dans sa panique et sur les conseils d’Oenone, Phèdre accuse Hippolyte de l’action dont elle est elle-même coupable, scellant ainsi le destin de ce dernier et le sien par la même occasion.
Le décor est plutôt simple: deux murs orangés, l’un incurvé en arrière-plan et l’autre droit en premier plan, pouvant rappeler le marbre ou la pierre qui constituaient les palais royaux de la Grèce antique, cadre spatio-temporel de l’action de la pièce. Le mur en premier plan permet, à certains moments, à des personnages de se dissimuler derrière, de se promener à travers l’espace. Les costumes, quant à eux, sont plus diversifiés: les femmes portent de longues robes simples, rappelant sans vraiment l’être les tuniques antiques, et insistant sur la nature de chaque personnage, des tons sombres pour Phèdre et Oenone, les coupables, et du blanc pour Aricie, l’innocente. Les hommes quant à eux portent essentiellement de longs manteaux, avec des nuances de tons marquant leurs différences (marron foncé pour Thésée et marron clair pour Hippolyte, soulignant ainsi leur différence d’âge). Ces décors et costumes relativement simples, mais pas pour autant dénués de sens, laisse la place et accompagnent merveilleusement les jeux fiévreux et passionnés des comédiens. Car Brigitte Jaques-Wajeman a magnifiquement su montrer les différentes passions qui habitent chacun des personnages. Chacun de leurs gestes, intonations, démarches semblent être dictés par la passion et la folie qu’elle encourt. Les interprètes sont tous magnifiques, chacun sachant retranscrire l’émotion que doit provoquer son personnage, en particulier Raphaèle Bouchard (Phèdre), littéralement habitée par son (complexe) personnage.
Une mise en scène prenante, donc, à ne pas manquer !

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