Kévin, portrait d’un apprenti converti au TQI

mise en scène par Jean-Pierre Baro et texte d’Amine Adjina

 

vu par Gabrielle D.

Une très belle pièce d’actualité !

Kevin, portrait d’un apprenti converti, mise en scène par Jean-Pierre Baro et écrite par Amine Adjina est représenté au Théâtre des Quartiers d’Ivry du 17 au 26 janvier.

Kevin, jeune adulte de dix-sept ans, commence à s’intéresser de plus en plus à la religion musulmane après le départ de sa mère, qui tente de fuir l’atmosphère étouffante du quartier. Élevé entre un père algérien et une mère française, Kevin se questionne sur le monde, tandis que son père lui vit devant le monde irréel de la télévision. Cette passivité et l’abandon soudain de sa mère, pousse le jeune homme à s’intéresser à l’Islam. Au fil de la pièce, des personnages apparaissent, comme un étrange individu mêlant le prophète Allah à Robin des Bois ou encore la mystérieuse « sœur » qui soutient Kevin dans sa radicalisation. Peu à peu, le jeune homme s’enferme dans son univers religieux extrémiste.

Le plateau, formé d’une grande structure métallique et de néon, permet le positionnement des personnages, entre l’école, le foyer et la mosquée. On se retrouve alors véritablement plongé dans l’univers du jeune homme. Un écran numérisé prend une place imposante sur la scène afin de nous faire vivre l’histoire intensément. On y voit notamment le jeu Call Of Duty reflétant la violence et la haine qui se dégage de ce jeu et s’abat sur Kévin, parallèlement sur nous. C’est également  par cet écran, que se font les appels Skype entre le jeune homme et la « sœur ». Dans cette représentation, nous sommes Kevin, dans son corps et son esprit, nous vivons le temps d’une heure et quart, la vie de cet apprenti converti qui est en train de basculer.

Les acteurs sont excellents. Leur polyvalence nous stupéfie. Mohamed Bouadla dans le rôle de Kevin nous fait vivre , par son énergie débordante, un spectacle vivant, drôle tout en étant touchant et véritable.

Enfin, cette pièce se fait remarquable, par son sujet extrêmement actuel, qui nous questionne sur la radicalisation d’une jeunesse oubliée et perdue.

Une superbe pièce à voir par des adolescents mais également par leurs parents !

Vu par Axel M.

Je tiens à dire que cette pièce m’a vraiment plu. D’une part, elle parle d’un fléau qui nous touche depuis de nombreuses années, les jeunes qui partent faire le djihad. Dans cette pièce, ils abordent ce fléau de deux façons différentes. Premièrement, ils approchent le sujet de façon humoristique en intégrant ce sujet dans un monde de jeunes qui pensent ne pas avoir d’avenir et qui ne font que jouer aux jeux vidéo. Cependant il montre bien le fait que tout le recrutement se fait sur ordinateur et donc que cela s’adresse surtout aux jeunes. Deuxièmement, ils abordent le sujet de façon bien plus sérieuse en montrant bien les conflits que cela peut entraîner dans les foyers, à l’école… D’autre part, la pièce est un mélange de réel et de fantastique surtout au niveau du décor et d’un certain personnage plutôt mystérieux. Ce décor mélange mosquée, chambre, salon, école, et le foyer d’un autre personnage. Tous ces différents endroits sont liés par un décor très fantasque et un peu futuriste. En outre ce personnage mystérieux intervient soudainement dans l’ombre habillé comme un chevalier et disant s’appeler Robin des Bois. Je suppose que ces décors et ce personnage qui sont fantasques et irréels sont là pour souligner le fait que partir au Djihad est totalement absurde.

Vu par Marie J.

Kévin, l’apprenti converti est une pièce tout à fait contemporaine. Elle se déroule dans une cité, en France. Elle est jouée par trois comédiens : un jeune homme qui joue le rôle principal, un homme plus âgé qui joue le rôle de son père et de l’Imam, et une jeune femme qui joue le rôle d’une musulmane et d’une apparition divine. Cette pièce traite le sujet de la religion musulmane et la conversion d’un adolescent de 18 ans, de l’islam vers le djihadisme. La mise en scène est très vive et dynamique. Le comédien principal transmet aussi son énergie débordante. Elle est prenante, et traite un sujet d’actualité : la confusion entre l’islam et le djihadisme. Elle présente les valeurs de l’islam tout en confrontant les grandes différences avec le djihadisme.
Cette pièce permet de suivre la transformation du jeune homme Kévin, de l’islam au djihadisme. Elle s’est faite sous l’influence d’une femme fictive qu’il contacte par webcam, sur son ordinateur. Peu à peu, Kévin change. Il veut la justice en passant par la détermination, l’isolement et la violence. Kévin communique régulièrement avec cette jeune femme à qui il raconte ses pensées, dont une apparition divine qui va remettre sa foi musulmane en question et le conduire vers le djihadisme. Cette apparition lui certifie que Dieu l’a choisi pour qu’il remette les musulmans du monde sur le droit chemin. Il doit aussi leur transmettre la parole sacrée. À partir de cet instant, le comportement de Kévin se dégrade. À la maison, il émet des pensées radicales à son père, et au lycée, avec sa professeure qui observe une chute de ses résultats, il manque de respect, tout comme à l’imam de la mosquée. Ainsi, nous constatons une manipulation de son esprit, comme son père va le découvrir en trouvant dans son ordinateur des vidéos très choquantes de djihadistes en train d’agir. C’est ainsi qu’il prévient la police et que Kévin pourra finalement être arrêté à la frontière. Son voyage s’arrête là.
La suite de la pièce est racontée par les trois comédiens, assis sur des chaises, face au public. Ils évoquent notamment le regret de Kévin face à cette volonté insensée, qui revenu dans son quartier, a changé d’image à jamais.
J’ai beaucoup apprécié cette pièce car elle évoque un grand problème contemporain qui divise notre société. Elle permet de se plonger dans un personnage et d’essayer de comprendre ses choix, ses décisions, ses actes et de casser les codes et les stéréotypes.

Je recommande beaucoup cette pièce.

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