Ensemble ensemble au Carreau du Temple le 5 février

conception de Vincent Tomasset

 

vu par Pauline Q.

Ensemble Ensemble est aujourd’hui repris au Carreau du Temple à Paris après sa création en 2017 lors du festival Actoral à Marseille.
Aina Alegre, Lorenzo De Angelis, Julien Gallée-Ferré et Anne Steffens sont quatre interprètes présents sur le plateau, trois danseurs et une comédienne qui ont pour mission de mettre en jeu les notions de parcours, d’itinéraire avec des matériaux biographiques réels ou fictifs, en interrogeant les façons de donner corps à la voix, de donner voix à la pensée, habillés en noir et qui surgissent délicatement de la pénombre.
Structurée autour de neuf textes, cette pièce répond « au désir d’accompagner son existence de présences multiples, qu’elles soient réelles, fictives, subies ou convoquées », un choix de Vincent Thomasset, auteur et metteur en scène de cette pièce traversée par la question de l’identité et la figure du double.
Un spectacle qui mélange théâtre et danse avec des chorégraphies soigneusement choisies avec les interprètes, qui suit comme création « le parcours d’une femme qui essaie de mettre des mots sur ce qui l’entoure ». Plusieurs monologues, dialogues et musiques s’entremêlent en vue d’un monde nouveau qui tente de surgir avec du mouvement, de l’écoute mais aussi du silence.
Chaque élément s’installe et se déploie en toute simplicité, qui propose modestement sa poésie absurde et charme par sa légère élégance. Une courte pièce abstraite bien réfléchie !

vu par Aloys B.

Un spectacle intéressant et parfois troublant.

Cette pièce se compose de plusieurs courtes scènes dans lesquelles les personnages vont argumenter sur le rapport à l’autre. La quasi-totalité de ces scènes sont des face-à-face. Cette pièce mélange théâtre et danse, dont les chorégraphies viennent clore les scènes.

Ce spectacle va poser nombre de questions, tel comment donner voix à la pensée. Mais comme toute question attend une réponse, une réponse appelle une nouvelle question.
Ainsi, à la fin de la pièce on se pose de très nombreuses questions, on en est même parfois perdu quant au sens de cette œuvre. Peut-être est-ce là le but de cette mise en scène qui n’est au final qu’une mise en abîme de notre quotidien.

Dans la distribution nous retrouvons deux danseurs et deux comédiens, tous excellents. Ces quatre interprètes sont toujours sur scène mais jouent le plus souvent en duo, deux portants le texte en avant-scène, les deux autres dans l’ombre au fond du plateau dédoublant ces personnages en reprenant leur gestuelle ou inversement.

Les interprètes sont tous habillés de noir ce qui accentue cet aspect de dédoublement des personnages. Le plateau est nu ce qui décontextualise la pièce en la situant ni géographiquement ni temporellement, rendant sa pensée universelle.
Cette pensée et sa portée rendues par la mise en scène sont le regard et l’attention portés à autrui.
La musique relativement peu présente vient s’accorder avec les chorégraphies.
Mais le fait que les voix des comédiens soient sonorisées m’a gêné pour entrer dans l’univers de la pièce ce choix de mise en scène est finalement contradictoire avec l’enjeu du spectacle, le spectateur étant également « un autre ».

Un spectacle questionnant.

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