Pelléas et Mélisande à l’Odéon jusqu’au 21 mars

 

 Vu par Ophéline N’D, Lou C. et Fleur L.
© Simon Gosselin

Pelléas et Mélisande : une histoire d’amour, d’interdit et de jalousie.

Jouée aux ateliers Berthier du 25 février au 21 mars, Pelléas et Mélisande a été écrite par Maurice Maeterlinck en 1893 et mise en scène ici par Julie Duclos qui a su transposer l’histoire dans notre époque moderne.
Le spectacle commence, le début de l’histoire nous est projeté façon cinéma ce qui capte tout de suite l’attention du spectateur. Le prince Golaud, troublant, envoûtant, interprété par Vincent Dissez, et Mélisande, fragile, perdue, (Alix Riemer), se rencontrent, tous deux se sont égarés dans cette forêt. Golaud tombe tout de suite sous le charme de la beauté de la jeune fille perdue et lui propose de le suivre jusqu’à son château. Avec lui vit également Pelléas, son demi-frère, joué par Matthieu Sampeur. Pelléas se sent aussi irrémédiablement attiré par la nouvelle jeune fille. Mélisande et Golaud se marient bien sûr mais leur histoire d’amour ne sera pas un long fleuve tranquille, loin du conte de fée.
L’incroyable mise en scène de Julie Duclos permet de bien comprendre les différentes étapes de la pièce. Notamment grâce aux multiples projections vidéo réalisées par Quentin Vigier, avec des scènes tournées en extérieur ou bien avec des plans filmés en direct. Nous pouvons également remercier Hélène Jourdan pour ses décors mobiles très bien conçus, ce qui permet aux personnages de passer d’un lieu à l’autre très rapidement. Le travail de Mathilde Chamoux avec ses jeux de lumière aide également le spectateur à mieux comprendre le déroulé de l’action dans le temps. Cela sert également à mettre en évidence une partie du décor ou mieux à en simuler un.
Malgré un texte ancien, les comédiens, grâce à leur jeu exceptionnel et aux outils de scénographie mis à disposition, arrivent à nous faire oublier la date de parution de ce texte, à nous faire comprendre cette histoire passionnante, qui peut sembler parfois un peu confuse, et nous faire compatir au désespoir de Mélisande.

Ainsi, cette pièce tragique peut s’inscrire dans n’importe quelle époque, les sujets abordés étant toujours d’actualité : l’amour, la passion, la tristesse, la mort.
Ophéline N’D.

Pelléas et Mélisande, une adaptation réussie de la pièce de Maurice Maeterlinck par Julie Duclos aux Ateliers Berthier.

Avant d’être le célèbre opéra de Debussy, Pelléas et Mélisande fut une pièce créée à Paris en 1893. Elle fait entrer le théâtre de l’Œuvre dans l’histoire et marque les débuts à la scène du mouvement symboliste. Elle est recréée au festival d’Avignon en 2019 par Julie Duclos qui mêlera les ressources du théâtre et du cinéma.
Deux frères tombent amoureux de Mélisande. Seule au fond des bois, la jeune femme pleure. L’aîné, Golaud, la recueille, l’héberge, l’épouse. Son cadet, Pelléas, s’en fait aimer à la folie. Récit d’une passion tragique sur fond de vie au ralenti dans un château qu’assaille le noir mauvais de la nuit, ce texte de Maeterlinck ne se résume pas à une simple histoire d’adultère. Il voit plus loin et se déploie dans un monde hostile, où de la nature à l’homme, tout se dérègle et menace. Animaux qu’on mène à l’abattoir, bâtisse qui ploie sous le vent, père dont la loi ne fait plus autorité : on sait, d’emblée, que ça finira mal. Les éléments de la mise en scène m’ont conquise. Julie Duclos choisit de subtilement moderniser la pièce. En effet, le décor nous transporte d’une part dans un milieu naturel. Ainsi, défilent les paysages en noir et blanc d’une nature brumeuse sur un large écran, puis une forêt, verdoyante. Grâce au recours à la projection de vidéo, la metteuse en scène arrive avec une certaine fluidité à nous plonger dans l’histoire. Un tapis de cailloux se présente alors comme plusieurs espaces compartimentés qui vont se modifiés tout au long de la pièce. Une très belle utilisation de l’espace. D’autre part, une maison est présentée où il naît plusieurs mystères toujours dans un climat lugubre et mystérieux. Nous sommes immergés dès le début grâce aux effets sonores comme le son des criquets ou les bruits sourds d’une grotte. Quant aux comédiens, Alix Riemer et Matthieu Sampeur, aux allures fragiles, ils ne m’ont cependant pas fait vibrer tandis que Vincent Dissez, qui complète le trio tragique, fait un Golaud torturé, qui ne m’a malheureusement pas non plus conquise.
Une mise en scène qui reste toutefois incroyable et impressionnante. Un avis mitigé, car une mise en scène belle et juste, mais une distribution quelque peu décevante.
Lou C.

Créée à Paris en 1893, la pièce de théâtre Pelléas et Mélisande de Maurice
Maeterlinck est un drame amoureux. La mise en scène de Julie Duclos fait entrer l’œuvre dans l’histoire contemporaine. Nous sommes donc face à Golaud homme perdu dans la forêt
qui trouve une jeune fille. C’est une jeune femme dont on ne sait rien et on ne sait ni comment ni pourquoi elle épouse Golaud. Mais le frère de Golaud nommé Pelléas tombe amoureux de Mélisande et a une relation cachée avec elle. Hélas, Golaud s’en aperçoit, jaloux à en mourir il tue son frère. Mélisande qui, elle, reste vivante n’avouera jamais réellement l’avoir trompé, mais elle meurt, sans véritable explication…
Tout le long de la pièce, la tension est palpable du fait de cette absence de réponse mais aussi de l’énervement de Golaud face à cette situation qu’il ne sait plus du tout comment gérer.
Des mots et des faits contemporains sont exposés dans cette pièce de manière tout à fait juste. De grands écrans sont intégrés dans la mise en scène, ce qui rend la pièce plus accessible grâce aux effets cinématographiques créées. La lumière est très importante dans cette mise en scène : un clair-obscur intrigant et même inquiétant. L’espace est en fait relativement compliqué à déterminer : il n’y a pas de fond ni de frontières. Ce sont des forêts, des lacs, des grottes, des pièces une maison, un lit. Les changements de décors sont peu utiles et ne changent rien, hormis que le spectateur perd le fil. Le mystère reste total.
J’ai peu apprécié le jeu d’acteurs qui était à mon goût trop distant, peut-être par choix ? J’avais une impression de lecture monotone et même d’exagération dans les onomatopées.
J’ai tout de même aimé la pièce dans son ensemble en raison de sa singularité et sa diversité d’interprétations.
Fleur L.

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