J’ai rêvé la Révolution à l’Epée de bois Bois jusqu’au 8 mars

texte et mise en scène de Catherine Anne

 

Vu par Lucie D.

Un superbe spectacle qui témoigne l’héritage d’une femme courageuse, Olympe de Gouge.

Une femme activiste est détenue en prison à cause de ses écrits et elle fait la rencontre d’un jeune soldat qui doit la surveiller. Ainsi, que de sa mère qui est touchée et intriguée par cette femme et de la jeune campagnarde qui tente de la faire s’échapper. Ce récit de quelques jours montre l’importance de l’écriture et son rôle d’échappatoire pour la prisonnière durant son enfermement. Notamment puisqu’une voix-off nous murmure les pensées et les textes de celle-ci, ce qui leur donne toute leur importance.

C’est comme une sorte de mise en abîme ou bien d’un songe raconté que se déroule cette pièce. Ainsi, le décor des deux pièces sur la scène semble intemporel et c’est avant tout un sentiment d’oppression qui s’en dégage. En effet la scène est entourée d’un grand grillage sur lequel sont accrochées des chemises de prisonniers. La mise en scène est également saisissante de par le jeu des acteurs. Dont, le jeu d’acteur poignant de Pôle Tronco qui montre le changement d’un jeune homme innocent vers l’aveuglement, proche du fanatisme. Cela face au désarroi de sa mère joué de manière très émouvante par Luce Mouchel.

Un bel hommage qui peut sembler intemporel de par les questions de féminisme, de justice, de revendications et de liberté qu’il pose. À voir !

Vu par Maryam NH.

Une ambitieuse et intimiste J’ai rêvé la Révolution à l’Epée de Bois.

Librement inspirée de la vie et des derniers écrits d’Olympe de Gouges, J’ai rêvé la Révolution présente une femme incarcérée pour ses idées et idéaux révolutionnaires dans une époque de troubles politiques. Pour l’accompagner, un jeune soldat tiraillé entre ses convictions patriotiques et l’écoute de la prisonnière, sa mère qui ne cesse de craindre le sang qui coule et la femme de son fils qui tente de la faire s’évader.

La beauté de cette pièce est décuplée par la complexité et la richesse de ses personnages. L’auteure, interprétant le rôle d’Olympe de Gouges, nous montre à la fois toute la force et la détermination de cette femme qui a espéré jusqu’au bout. On la voit à travers le courage qu’elle inspire et la sensibilité touchante qui émane de son rôle de femme d’idées et de mère. La mère du soldat, illettrée et intelligente, préoccupée par l’avenir de cette femme emprisonnée pour avoir écrit par le tribunal révolutionnaire, se voit en elle, en ce qu’elle vit, et en ses valeurs tant prônées qui lui ont coûté la vie. Excédée d’avoir peur pour son fils, émue par cette femme fougueuse, et révoltée par ces effusions de sang, la comédienne nous rend ce personnage des plus attachants. Le soldat, remarquablement interprété lui aussi, se présente tiraillé par la fierté qu’il éprouve pour sa nation, son engagement patriote et cette femme emprisonnée par cette loi des suspects de la Terreur. L’absence de musique et l’atmosphère de la salle en pierre mêlées à une lumière blanche crue, nous plongent dans une ambiance froide partagée entre la cellule de la prisonnière et l’habitat de la mère et de son fils, contrastant avec l’espoir et la beauté des personnages que l’on découvre dans leur intimité.

Des protagonistes forts et une belle mise en scène, une pièce à voir !

Vu par Yasmine M.

Cette pièce de théâtre est une pièce féministe, le rôle principal est joué par une femme qui défend ses droits à l’époque du régime de la terreur en 1793. Elle nous fait penser à Olympe de gouge et à Manon Roland, deux femmes qui ont joué un rôle important lors de la Révolution française. Puis on comprend que cette femme est bien Olympe de gouge.
C’est donc l’histoire de cette femme qui se fait emprisonner pour avoir écrit des textes politiques (sous la terreur, la liberté de presse est supprimée). Et une fois en prison, elle continue à écrire en espérant être libérée après son procès et pouvoir publier ses textes. Malheureusement, comme beaucoup d’autres suspects à cette époque, elle n’aura même pas d’avocat pour la défendre et va être assassinée.
Dans cette pièce il y a en tout 4 personnages : il y a Olympe de gouge, le gardien de prison qui respecte les lois et la traite assez mal, la mère du gardien, qui elle est tout le contraire de son fils, elle va tout faire pour aider Olympe tout en essayant de ne pas se mettre à dos son fils et enfin la femme du fils d’Olympe de gouge, qui va essayer de l’aider à s’enfuir de la prison (mais elle va refuser) puis après son procès elle va demander à son mari, donc le fils de cette femme de renier sa mère pour qu’il n’ait pas d’ennui.
Les personnages sont habillés avec des vêtements de l’époque. Et les décors sont simples. La scène est coupée en deux, d’un côté il y a la maison du gardien et sa mère et de l’autre la cellule de prison ou se trouve Olympe de gouge.
J’ai beaucoup aimé cette pièce, jusqu’au bout on se demande si elle arrivera à être libre. J’ai aussi beaucoup aimé la force de cette femme, le fait qu’elle ne renonce jamais, le fait qu’elle ne veuille pas se plier aux lois comme beaucoup d’autres (comme par exemple la mère du gardien de prison).

Vu par Serena F.

La révolte féminine contre une Révolution de Terreur.

     J’ai rêvé la Révolution, de Catherine Anne et Françoise Fouquet, nous rappelle que notre combat pour la justice, l’égalité et la liberté se tient toujours.

      Une séparation symbolique de la scène par une structure transparente, un lit et une table de chaque côté. Chez le soldat comme dans la cellule de prison. Les 3 murs entourant la scène sont faits de plus de 150 (peut être 192) chemises du gardien de la Révolution, 4 portes les traversent. Les costumes des personnages sont en accord avec l’année 1792 : assez simples et avec des changements de tenues au dénouement de la pièce.

       J’ai longtemps étudié la vie de cette femme extraordinaire qu’était Olympe de Gouges qui a un parcours fascinant. J’ai cependant été quelque peu déçu. Les chemises aux murs créaient une ambiance intéressante, comme si tout était prison. Pour la prisonnière cela va de soit, mais aussi pour le soldat enfermé dans ses idées rétrogrades mais aussi sa mère bloquée dans son rôle de femme qui doit restée ignorante, et qui subit l’évolution la plus remarquable. J’ai apprécié en outre de placer, au sein même de la pièce, la légende de l’activiste par l’intermédiaire des deux femmes à la fin. Néanmoins, j’ai trouvé que la place des mots était trop peu mise en avant, je ne suis d’ailleurs pas d’accord avec la phrase <<Les mots ne sont pas une arme>> prononcée.

       Une pièce dont le propos aurait pu être poussé mais qui reste un bel hommage aux idées des Lumières et à la liberté d’expression.

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