Lucy on the sky est décédée au TGP jusqu’au 22 mars

 Vu par Ophéline N’D. et Nicolas M.

Texte et mes Bérangère Jannelle

Lucy in the sky est décédée : une pièce que l’on ne saurait qualifier.
C’est à la fois un conte, une histoire d’amour, d’amitié et une leçon d’histoire.

Elle raconte l’histoire de Luc, joué par Thomas Gonzalez, d’Abel, Félix Kysys, et d’Isis, interprétée par Jade Fortineau, tous trois passionnés par l’histoire et les origines de l’espèce humaine.
La pièce commence en 1974, l’année où le squelette de Lucy, la première femme à avoir marché debout, a été découvert. Le deuil d’un ami commun motive les retrouvailles de ces trois amis. Ensuite, au fur et à mesure que la pièce avance, les années défilent jusqu’à nos jours et nous en découvrons davantage sur le passé et le présent des trois personnages. Tout comme leur appartement est envahi par des pierres et du sable, leur vie ensemble, elle, est envahie par de l’amour, de l’amitié, des aventures, des drames, etc mais ils sont toujours prêts à tout les uns pour les autres.
Cette pièce, bien que difficile à comprendre à certains moments, m’a subjuguée, J’ai adoré cette façon dont Bérangère Jannelle par les mots qu’elle a su utiliser, nous renvoie à notre propre histoire et nous oblige à nous questionner sur l’évolution et le but de notre humanité. Le jeu des comédiens ne peut nous laisser indifférent non plus, ils sont captivants par leur sensibilité et leur histoire. Grâce à la musique de Jean-Damien Ratel, à la scénographie de Heidi Folliet et aux décors de l’atelier MC2:Grenoble, nous nous sentons réellement remonter le temps et revivre toutes ses années avec les trois personnages principaux qui partagent une passion commune pour la paléoanthropologie et qui vivent dans un univers singulier qui leur est propre.
C’est une pièce différente de ce que l’on peut voir habituellement au théâtre, ce qui la rend unique et fait tout son charme. C’est pour cela que je conseille à tous ceux qui en à l’occasion d’aller la voir ! Vous ne verrez plus votre vie, présente, passée et à venir avec le même regard.
Ophéline N’D.

Un spectacle intéressant au sujet peu commun

Lucy in the sky est décédée raconte les destins contrariés de Luc, Abel et Isis, archéologues passionnés respectivement incarnés par Thomas Gonzalez, Félix Kysyl et Jade Fortineau. Le trio est complété par le professeur Brunet (joué par Rodolphe Poulain), personnage à part puisqu’existant vraiment.
Décidant de marcher dans les traces de Donald Johanson, Maurice Taieb et Yves Coppens, chercheurs qui découvrirent l’australopithèque Lucy dans le désert éthiopien en 1974, Brunet organise de nouvelles expéditions en Afrique dans les années 1990, ayant elles aussi vraiment eu lieu, mais romancées dans la pièce.
Si la mise en scène, signée Bérangère Jannelle est dans l’ensemble réussie, avec notamment un plateau recouvert de cailloux, un jeu de lumières et surtout des sons particulièrement soignés, la pièce prend parfois une tournure assez étrange, ayant certes vocation à questionner le spectateur, mais qui est aussi susceptible de le déranger, voire de le gêner. Un certain nombre de symboles, comme celui de l’homme de Lascaux tombant dans son précipice ou de « l’enfant du désert » peuvent également rendre difficile la compréhension à certains moments.
Ces derniers points s’expliquent en partie par la portée philosophique voulue par le texte ; car l’intrigue sert plutôt de prétexte pour aborder de grandes notions, comme celle de l’Amour, de la mort, des relations humaines, ou encore du progrès. Le problème se situe alors parfois au niveau des métaphores et symboles choisis, pouvant être peu évidents aux yeux d’un spectateur non initié. Le texte semble donc parfois un peu décousu et en décalage au cours de certains passages ; il ne tombe cependant pas dans le ridicule car soutenu par un jeu convaincu et convainquant des quatre comédiens, et une belle mise en scène.
L’incitation au jeu proposée au spectateur en début de spectacle constituait également une séquence très agréable, et aurait pu être plus utilisée.
En résulte une pièce assez poétique, où passé et présent s’entremêlent en même temps que réalité et fiction, autour du sujet original et peu traité au théâtre qu’est l’archéologie.

Intéressant, et déroutant, comme son titre !
Nicolas M.

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