First Trip au Monfort

d’après le roman Virgin Suicides de Jeffrey Eugenides, adaptation de Katia Ferreira et Charly Breton

Vu par Daline M.

First trip au Monfort, un spectacle où se chevauchent les temporalités.
L’histoire se déroule dans les années soixante-dix dans la banlieue de Détroit. Cinq sœurs américaines se suicident ce qui provoque le choc de leur entourage. L’œuvre est centrée sur l’enquête que mènent, vingt-cinq ans après, les garçons qui les ont connues. C’est une sorte de puzzle, vide, qui cherche ses pièces absentes. En effet ces hommes réouvrent l’enquête en tentant de donner un sens à la réalité, aux témoignages et à toutes les pièces à convictions collectées au fil du temps.
Les garçons sont à la fois acteurs, observateurs et cameramans, points de relais à la circulation de l’appareil vidéo qui passe d’une main à l’autre (en direct). Un garage est présent sur la scène dans lequel les garçons fondent leur quartier général ; c’est alors sur la porte de ce garage que sont projetées ces vidéos, qui permettent de mettre en scène les différentes modalités du temps et du souvenir. Par ailleurs les personnages font aussi appel à des témoignages ou récits extérieurs, sous forme cette fois de vidéos préenregistrées. Cet usage de la vidéo renforce ainsi l’originalité et l’effet comique de cette pièce.
Le décor est fait de sorte qu’il représente plusieurs lieux tout au long de la pièce : le gymnase, le salon de la famille Lisbon, un hôpital, la salle de bains dans laquelle Cécilia s’est taillé les veines etc.. La voiture représente un espace à elle seule, donnant lieu à des scènes drôles notamment lorsque les garçons accompagnent les filles au bal. D’autre part la scène du bal, avec les lumières, la musique, les nombreux figurants et les costumes (robes de soirées et costards) nous immerge comme dans un film.
Pour finir, les comédiens incarnent leur rôle de façon très convaincante et notamment Margot Madec dont les expressions faciales et les attitudes ne rendent pas le spectateur indifférent. Ainsi je conseille fortement cette pièce qui, malgré sa longueur, reste divertissante et amusante.

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