Les Fourberies de Scapin

Premier spectacle pour le groupe, et quel spectacle ! JUBILATOIRE ! Benjamin Lavernhe déchaîné qui campe un Scapin drôle, inventif, fier et libre ! Didier Sandre, sombre et naïf Géronte, avare tout aussi inventif dans ses chaînes cupides ! Nicolas Lormeau, Argante plus policé mais tout aussi cupide…Quels comédiens ! Sans oublier tous les autres ! Et une scénographie belle et efficace !

 

© Christophe Raynaud de Lage

Pour beaucoup de jeunes, c’était une première à la Comédie Française, et pour quelques-uns une première fois au théâtre.

 

Retour de jeunes

Les Fourberies de Scapin de Molière est une comédie. Elle est en ce moment  à la Comédie Française, du 9 octobre 2019 au 2 février 2020,mise en scène par Denis Podalydès, avec les comédiens de la troupe de Comédie Française comme Benjamin Lavernhe (Scapin), Didier Sandre (Géronte) et Bakary Sangaré (Silvestre). Cette comédie s’adresse à tous les publics. Cette mise en scène particulière, avec un décor des plus étonnants, nous a plu..
Octave et Léandre voient leurs amours contrariées face à deux pères autoritaires qui rentrent de voyage avec la ferme intention de les marier à des inconnues. Ils remettent leur destin entre les mains du rusé Scapin pour les aider…
Le metteur en scène Podalydès, grâce à la scénographie d’Eric Ruf, a fait le choix de représenter le port de Naples avec en toile fond  un bateau  qui apparait seulement lorsque Argante et Géronte arrivent sur scène. On y voit aussi une palissade et un échafaudage qui permettent aux comédiens d’avoir un espace bien plus grand, par sa hauteur.  Ce décor est un atout majeur de la pièce car il permet au spectateur de voir certains sentiments éprouvés par des personnages comme Scapin, qui du haut de sa palissade nous renvoie une image de domination sur les autres personnages, même ses propres maîtres. Le metteur en scène nous montre un Scapin qui joue dans tout le décor, il commence dans une fosse puis monte tout en haut d’une palissade pour ensuite revenir en bas. Peut-être que de cette manière on cherche à nous dire que Scapin joue sur tous les plans, il est à la fois le dominé puisqu’il appartient à ses maîtres et le dominant car il s’amuse à manipuler toute personne qui se dresse sur son chemin.
Le travail de Christian Lacroix dans la pièce est excellent. Avec des costumes d’époque, qui ont la particularité d’exprimer parfaitement chaque caractère des personnages. Le choix du costume de Scapin est des plus réfléchis : il débute la pièce nu pour dévoiler sa liberté.
La lumière joue un rôle important au théâtre, elle permet de concentrer les regards sur le ou les acteurs présents sur scène. Stéphanie Daniel nous le montre parfaitement, elle arrive à braquer le spectateur sur Scapin à de nombreuses reprises. Elle a décidé pour cette pièce de garder des lumières peu puissantes pour laisser planer un voile noir sur la scène, ce qui nous en dit long sur les tensions évoquées.  Par la lumière entre autre, Denis Podalydès fait le choix de casser le 4ème mur. Cette utilisation de la lumière, nous fait penser qu’elle est si importante pour nous délivrer des émotions qu’elle est un comédien à part entière.
Par ailleurs , cette pièce dévoile un scénario drôle, comique qui est largement développé par la mise en scène de Denis Podalydès et son choix du comédien Benjamin Lavernhe dans le rôle de Scapin  rend son personnage extrêmement drôle, d’une manière telle qu’ils nous fait assister à un sketch. En effet, Benjamin Lavernhe est parfait dans ce rôle de Scapin. Il choisit un jeu comique, et surtout dynamique,« Ce rôle est tellement exigeant ! C’est ça qui me fait peur. Et j’ai un trac fou avant chaque représentation, parce que je me dis : mais est-ce que je vais réussir à refaire ? Donc en effet, c’est un challenge physique, même si je ne bondis pas non plus partout, mais l’intensité de jeu que ça demande, eh bien ça épuise. Quand on joue on laisse un peu de son âme. Alors c’est beau, mais en même temps, c’est un don. C’est un don de soi », confie Benjamin Lavernhe à RFI.

Pour finir Les fourberies de Scapin, mise en scène par Denis Podalydès de la Comédie Française, est une pièce comique et dynamique à voir absolument.
Adrien P.

Quand il écrit Les fourberies de Scapin en 1671, Molière est au sommet de sa gloire d’auteur et d’acteur. C’est une comédie légère en 3 actes, une vitrine de Commedia  dell  Arte, sans doute une de ses œuvres les plus connues.
L’histoire est simple. Deux jeunes garçons : Octave, le fils de l’Argante (un homme colérique mais avec un soupçon de bonté) et Léandre, le fils de Géronte (méchant, avare, ses paroles semblent toucher toujours l’or de sa bourse), refusent le mariage arrangé par leurs riches pères, pour pouvoir épouser celles qu’ils aiment vraiment : Zerbinette et Hyacinthe.
Ils demandent alors à Scapin, « l’habile ouvrier », prêt à tout, pour les aider à abuser les pères pour obtenir l’argent nécessaire pour leurs mariages.
Et tout commence à se mettre en place autour du valet, le Scapin de Molière et le Scapin de Denis Podalydés ont le rôle de nous montrer, sans méchanceté et sans illusion la condition humaine, la tyrannie de l’autorité parentale est égale à l’ingratitude de la jeunesse.
La pièce mise en scène par Denis Podalydés est un jeu d’ombre et de lumière, les personnages (sauf les pères et les 2 filles) sont habillés avec des vêtements sombres et monochromes, le décor est sombre également, entre le gris et le noir, un échafaudage à droite de la scène et une échelle posée sur la palissade, un décor minimaliste. Les bruits et quelques accessoires me font penser à un port, le sombre , le vent, l’illusion de la poussière ( la poussière qui remplit l’air et tout l’espace à Naples) et l’image d’un lointain bateau me font comprendre qu’on est à Naples.
Scapin est le seul habillé en blanc, une certaine mesure de pureté par rapport aux vêtements riches et colorés (sauf Géronte, aussi noir ,sec, méchant, avare, sale autant par ses vêtements que par son âme) des pères et des fils.
Il est napolitain, comme l’Arlequin de Commedia dell Arte mais sans méchanceté, il est ivre des ruses, un génie de l’embrouille, acharné à ridiculiser les vieillards tyrans et la société sans âme. Pour moi Scapin est un marginal, un magicien aujourd’hui capable de nous montrer que le rire et le plaisir restent  encore le remède à notre condition humaine.
« La vie n’est qu’une farce et une tromperie »… Alors on rit…
C’est ça pour moi le message transmis par le Scapin de Denis Podalydés, derrière le masque de la farce, derrière la violence du bâton reçu et également donné par Scapin ( j’ai adoré la scène avec Géronte dans le sac suspendu à une grue et Scapin qui nous demande des applaudissements ou le silence…), derrière la violence des relations maître/ valet, père/enfant, il m’a semblé que Denis Podalydés a souhaité nous montrer une part d’humanité et d’ombre dans toutes les personnages qu’il a mis en scène, comme pour montrer à son illustre prédécesseur que aujourd’hui encore on peut entendre « Allons souper ensemble, pour mieux goûter notre plaisir ».
Cristian N

Un grand jeu de folie pour ce fourbe de Scapin qui en fera chavirer plus d’un !

Les fourberies de Scapin de Molière fut présentée pour la première fois le 24 mai 1671 au théâtre du Palais-Royal. Elle a été remise en scène par Denis Podalydès avec une scénographie d’Eric Ruf et se jouera du 09 octobre 2019 au 02 février 2020 à la Comédie Française.
Cette pièce raconte les mésaventures des membres de deux familles bourgeoises, notamment d’Argante, père d’Octave et de Zebinette et de Géronte, père de Léandre et de Hyacinthe. Argante qui rentre de voyage vient annoncer à son fils qu’il doit se marier. Mais pendant son absence Octave a épousé une jeune fille, Hyacinte sans son accord. Par ailleurs, Léandre ami d’Octave se trouve dans une situation comparable. En effet, lui-même aime une jeune Bohémienne, Zerbinette (la soeur d’Octave) sans y être autorisé par son père. Pour résoudre ces problèmes il n’y a qu’une seule solution, appeler Scapin à la rescousse et compter sur ses tours de passe-passe pour démêler les situations.
Le début de la pièce est sombre. En effet, Scapin (joué par Benjamin Lavernhe) est dans l’ombre au début de la première scène, avec une faible luminosité des projecteurs dès l’ouverture de la trappe qui est son refuge. La scène n’est jamais éclairée violemment ce qui lui donne un aspect de tableau à l’huile du 17ème siècle. Dans cette représentation, le public est très impliqué. Pour faire cela, le réalisateur a voulu casser le 4ème mur entre le public et la scène en positionnant Scapin vers le public, à qui il parle directement et en invitant des personnes sur scène. Il renouvelle l’expérience pendant que Géronte reçoit des coups de bâtons, caché dans un sac tenu par une grue au-dessus des spectateurs. La lumière des projecteurs suit le sac et illumine une partie des personnes dans la salle, ce qui rend la scène très vivante et fait participer le public.
Denis Podalydès a réalisé un pari très osé en représentant Scapin nu au tout début de la pièce, ce qui pourra peut-être choquer des spectateurs ! En faisant cela, il a probablement voulu exprimer une certaine liberté du personnage. J’ai particulièrement aimé les costumes des deux pères et des deux fils car le réalisateur a choisi de conserver le style des costumes de l’époque de Molière (beaux tissus, riches en couleurs). L’idée de mettre en décor un bateau et un port pour l’arrivée de Géronte est également originale.
Un ensemble distrayant et un Scapin comique et dynamique. ! À voir absolument !
Jeanne M.

Les fourberies de Scapin, une mise en scène dynamique de Denis Podalydès
Pendant l’absence de leurs pères partis en voyage, Léandre est tombé amoureux de Zerbinette tandis qu’Octave a épousé Hyacinte. Mais Géronte et Argante sont de retour à Naples pour imposer à leurs fils respectifs un mariage arrangé. Heureusement, Léandre a un valet du nom de Scapin qui a plus d’un tour dans son sac pour démêler cette double intrigue conjugale ! Usant de ruses et d’un merveilleux talent de comédien, le valet réussit même à soutirer de l’argent aux pères avares pour mieux consolider l’amour des deux couples.
Et les comédiens de la troupe de la Comédie Française sont vraiment fantastiques ! Rien n’a échappé à leur prestation : la colère, la joie le doute, l’inquiétude… tous ces sentiments sont très bien interprétés dans la pièce.
Le décor de côte portuaire plutôt qu’un espace urbain où les personnes assez aisées vivent peut perturber un peu le spectateur…
Une super mise en scène ! Humour, dynamisme et surprise garantis !!!!
A VOIR ABSOLUMENT
Fatoumata S.

Une magnifique pièce Les Fourberies de Scapin à la Comédie Française.

La pièce de Molière, dramaturge et comédien du 17éme siècle, écrite en 1671 a été représentée au théâtre du Palais Royal. Celle que nous avons vue est mise en scène par Denis Podalydès avec la troupe de la Comédie Française dans la très ancienne salle Richelieu.
  Les Fourberies de Scapin raconte une histoire de mariage secret. En l’absence de leurs pères, Octave, fils de monsieur Argante, se marie avec Hyacinte qui, on le découvre plus tard, est la fille de monsieur Géronte. Léandre qui est le fils de monsieur Géronte , se marie avec Zerbinette qui vient d’Egypte et qui est la fille de monsieur Argante, ce qu’on découvre aussi à la fin ! Octave implore Scapin de l’aider à se sortir de sa situation compliquée ! Alors, Scapin joue des tours aux personnages et ramasse beaucoup d’argent pour que les mariages soient possibles. Il fraude les deux pères en racontant des histoires et en jouant les rôles d’autres personnages qu’il invente pour leur faire peur. Enfin, la fin de la pièce se termine bien pour les amoureux.
Une grande réussite de Denis Podalydès est la convenance des costumes d’époque. Ces costumes apparaissent très anciens ( les chemises sales des valets. les falbalas des jupes, les bottes des hommes, les feutres des pères) donnent à la scène un côté réaliste. La grande réussite de ce spectacle est surtout le jeu exceptionnel des comédiens, notamment celui de Benjamin Laverhne qui se déchaîne dans son rôle de Scapin.
Un très beau texte théâtral et un dramaturge de talent ! À voir !
Berkant A.

Des fourberies qui nous captivent !

Le rideau s’ouvre et on aperçoit un grand échafaudage, une palissade, un fond représentant des bateaux et des filets de pêche qui nous évoquent le fait que cette scène se passe dans un port (Naples) . Au premier plan, au centre, on aperçoit Scapin sortant de sa fosse, son trou, sa cachette, on peut le désigner comme bon nous semble, cela fait penser au fait qu’il sort de son monde pour entrer dans celui de son emploi de serviteur. Il sort de la fosse décoiffé, dénudé : fesses nues, chemise trouée et pantalon sale. Pendant 2heures, Scapin occupe tout l’espace, du centre aux extrémités et brise même le 4eme mur grâce à ses stratagèmes, sa malice et son énergie. Il a une façon de captiver l’attention du spectateur, en sautant, en criant, en descendant et montant les escaliers sur la palissade. Il nous embarque dans une ambiance communicative, pittoresque. Le metteur en scène a bien revisité les scènes tout en restant dans les situations rocambolesques de l’originel.

Un spectacle qui nous donne du bonheur !

Juliana BK