Style : Théâtre seul en scène
On aime : #jeu #sensibilité
En deux mots : Un hommage au théâtre, à Victor Hugo et à père « passeur »
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REINE BLANCHE, 2 bis passage Ruelle, 75018 Paris
Tarif : Billetterie / Pass culture accepté
Nos critiques
Texte et mes Julie Timmermann
Vu par Maria Giulia C.
“Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire…”
Ce refrain, qui scandé à répétition, rythme le seul en scène de Julie Timmerman, semble accompagner le récit de la chute (ou presque) de son père. Sortant tout juste de sa séparation avec la mère de Zoé (alter ego de Julie), qui “a gardé la maison, les amis, et la compagnie”, ce dernier essaye de renouer avec sa fille en mettant en scène Les Misérables dans son école primaire. Devant les yeux ébahis de la directrice et l’inquiétude de la prof de musique, il met en scène une pièce absolument grandiose, avec orchestre et dans la salle de la mairie. Seul couac : les ambitions du metteur en scène doivent se confronter à la réalité de la situation et le choc est plutôt violent.
Introduisant des scènes tantôt touchantes et humoristiques, sans oublier de passer par la poésie, interprétant tous les personnages avec une fluidité étonnante, Julie Timmerman meuble extrêmement bien son heure de seul en scène qui passe très vite. Défendant son œuvre à elle seule avec brio, de l’écriture partiellement autobiographique jusqu’à l’interprétation en passant par la mise en scène, elle nous donne un bref aperçu de quelques scènes de son enfance, tout en apportant une réflexion riche et singulière sur le théâtre, la façon dont on en fait, et la tension entre ce dernier et les liens familiaux. On avait déjà vu ce principe dans son œuvre Zoé, mise en scène au Théâtre de Belleville en 2024, mais ce nouveau opus ne fait pas “doublon”. La metteuse en scène arrive très bien à se renouveler dans son écriture, apportant avec cette nouvelle création un point de vue nouveau sur son enfance et le rôle de son père dans celle-ci, peut-être plus intimiste et certainement plus indulgent, plus appréciatif, que celui qu’elle donne dans Zoé, puisqu’on le voit surtout ici directement dans son élément : le théâtre.
A voir absolument!
