Moi, Elles au théâtre Silvia Monfort

Moi, Elles au théâtre Silvia Monfort

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Style : Théâtre
On aime : #mouvement #place de la femme
En deux mots : Une création qui explore différents héritages culturels féminins

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SILVIA MONFORT / 106 rue Brancion 75015 Paris
Tarif : Billetterie / Pass culture accepté

Nos critiques

Mise en scène Wang Jing

Vu par Nora E. et Alix H.

 

Qui sont ces « Elles » qui habitent une seule femme ? Wang Jing explore les fragments du féminin où la mise à nu de l’intime devient un cri universel.

Sur scène, trois femmes — Bao Yelu, Tishou Aminata Kane et Alice Kudlak — deviennent les visages d’une humanité plurielle, mêlant les racines de la Chine, du Mali et de l’Iran. Le spectacle ne raconte pas une narration linéaire, mais tisse un dialogue entre leurs héritages culturels et leurs trajectoires personnelles d’exil ou de déracinement.

À travers la danse, le chant et le geste, elles explorent ce que signifie « être femme » aujourd’hui, oscillant entre le poids des traditions ancestrales et la quête d’une liberté. C’est le récit d’une rencontre où les différences s’effacent pour laisser place à une sororité universelle, transformant chaque fragilité individuelle en une puissance collective.

Ce qui frappe d’abord dans Moi, Elles, c’est l’esthétique saisissante de la mise en scène. Le travail de la danse et des costumes transforment les corps des comédiennes en de véritables calligraphies vivantes. Les tissus, par leurs textures et leurs teintes, ne sont pas de simples ornements ; ils soulignent chaque mouvement, rendant tangible l’héritage culturel que chacune porte en elle.

L’intelligence de la scénographie réside également dans l’usage des chaises. Loin d’être de simples accessoires de mobilier, elles deviennent des extensions du décor et des partenaires de jeu. Leurs déplacements chorégraphiés structurent l’espace, symbolisant tour à tour le poids des traditions, l’attente ou la construction de soi.

Toutefois, la musique est parfois trop envahissante, ce qui casse l’intimité du moment. Ce choix sonore renforce peut-être la rupture brutale entre la banalité du quotidien du début et le tournant tragique qui suit. En osant aborder les traumatismes de ces trois femmes, le spectacle gagne en épaisseur et finit par toucher au cœur, là où on ne l’attend pas. Pourtant, c’est précisément ce basculement soudain vers des récits intenses qui capte toute l’attention de la salle. En osant aborder ces blessures profondes, la pièce quitte la surface pour plonger le spectateur dans une mise à nu bouleversante, transformant une rencontre ordinaire en un témoignage d’une force inattendue.

Un spectacle d’une humanité rare, dont on ressort habité par la force de ces trois femmes.

Nora E.

 

Une expérience touchante et passionnante

Moi, Elles est un spectacle joué au Théâtre Silvia Monfort par la compagnie ABRICOTIER D’ARGENT, créée par WANG Jing, avec Ata WONG Chun Tat le chorégraphe du spectacle et Uriel Barthélémi qui joue la musique en direct.

À travers l’histoire de 6 femmes, WANG Jing explore les relation mères-filles parfois compliqué dans des époque et des lieux différents ; la Chine dans l’enfance de l’autrice, Paris et le Mali ou encore L’Irak en 1960 ;

La pièce n’est jouée que par trois actrices qui se partagent les six rôles. La musique les accompagne et donne lieu à de très jolis tableaux dansés. Le décor est sommaire, constitué de sept chaises blanches sur un fond noir, elles ressortent sur la scène avec la tenue des comédiennes également blanches. Ce contraste de couleur est choisi par l’autrice pour rappeler les caractères chinois écrit sur du papier, représentant ainsi l’histoire qui s’écrit au fur et à mesure que nos vies se passent.

La pièce est très touchante et les sujets abordés parfois difficile, notamment avec l’histoire de Fatime, une danseuse malienne immigré en France et dont la vie est compliquée par une excision, culture traditionnelle pour les femmes de son pays. Néanmoins la musique en direct apporte un peu de légèreté à l’ambiance lourde et pesante.

Avec son thème lourd mais pas moins important, Moi, Elles nous rappelle l’importance des liens familiaux et de nos choix dans la vie. À voir !

Alix H.

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