HAMLET(TE) au Théâtre 13 jusqu’au 17 avril

HAMLET(TE) au Théâtre 13 jusqu’au 17 avril

♥ ♥ ♥ ♥

Style : Théâtre
On aime : #scénographie #comique
En deux mots : Une réécriture pertinente et drôle du chef d’œuvre shakespearien

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Théâtre 13 / Bibliothèque, 30 Rue du Chevaleret, 75013 Paris
Tarif : Billetterie / Pass culture accepté

Nos critiques

Texte d’après Shakespeare mes Clémence Coullon

Vu par Aaron C. et Mathilda V.B.

Hamlet comme vous ne l’avez jamais vu auparavant
Clémence Coullon met brillamment en scène le chef-d’œuvre de William Shakespeare en choisissant d’en reprendre les rênes et de bouleverser l’intrigue en plein milieu d’une représentation qui semblait pourtant classique. Dès le titre, Hamlet(te), le spectateur peut être intrigué, voire dérouté, par cette proposition singulière.
En effet, le monument shakespearien est ici littéralement brisé : un coup de feu interrompt brutalement la pièce en mettant fin, de manière prématurée, à la vie du protagoniste. Les autres personnages tentent alors, malgré cet événement inattendu, de poursuivre et d’achever la représentation.
La vengeance et la folie, thèmes centraux de l’œuvre originale, s’accompagnent ici d’un comique assumé. Le texte adapté joue avec les attentes du spectateur et se teinte d’un humour parfois proche de la farce.
J’ai particulièrement apprécié le jeu des acteurs, capables de nous émouvoir dans une scène avant de nous faire rire dans la suivante. Hamlet(te) ne cesse de briser les conventions théâtrales, notamment à travers des transitions fluides entre les scènes, qui instaurent une continuité vivante et dynamique.
La pièce propose également une mise en abîme intéressante, renforcée par un décor et des costumes d’inspiration traditionnelle.
Enfin, le message le plus marquant réside sans doute dans l’idée que l’inattendu et l’imprévisible ne sont pas seulement sources de désordre, mais aussi de créativité.
Je recommande vivement cette pièce, qui saura vous surprendre et vous faire passer un excellent moment.
Aaron C.

Hamlet(te), inspirée par l’œuvre originale de Shakespeare, transformée et mise en scène par Clémence Coullon est une pièce tour à tour drôle, tragique et fantasque.

Le prince du Danemark cherche à venger son père depuis près de 400 ans mais, ici, Ophélie le tue par accident au début de l’acte 3. Nul autre choix possible que de laisser Ophélie jouer Hamlet.

La mise en scène, d’abord de la pièce d’Hamlet, est très réussie, avec en particulier un jeu d’acteur brillant pour Hamlet, Gertrude et Claudius dans la première partie. De plus, l’usage de la lumière (des lanternes au début, puis des spots et enfin l’usage de miroirs réfléchissants) est particulièrement fort comme contraste avec l’aspect sombre de la cour de Danemark.

L’utilisation de tissu en office de colonne, et d’escalier massif comme principal élément occupant la scène fonctionne très bien au niveau théâtral et comme un clin d’œil au Hamlet majestueux de Kenneth Branagh.
La réinvention féministe est particulièrement pertinente, d’autant plus que la place des femmes est un thème important dans les pièces de Shakespeare. Cette réinvention permet ainsi un questionnement sur la possibilité des femmes à jouer des rôles masculins (ce qui n’est pas sans rappeler que Sarah Bernhardt a été une des premières femmes à jouer Hamlet en 1900).
Finalement l’interruption des metteurs en scène (fictifs évidemment) est particulièrement drôle et permet d’alléger le tragique de la pièce, tout en faisant un lien avec l’aspect textuel de Hamlet et sa qualité de récit indémodable.

À voir absolument !
Mathilda V.B.