En quoi consiste le programme TREMPLIN 1 2025-2026
- Qui ? 41 jeunes de seconde issus de quatre lycées parisiens différents (Balzac, Bergson, Decour, Ravel) qui ont posé leur candidature fin septembre après avoir pris connaissance du programme proposé; leurs candidatures ont été validées en octobre par le bureau de DJL après examen de celles-ci (questionnaire ) et en fonction des critères de recrutement définis par l’association.
- Quel programme ?
- un spectacle par mois de novembre à juin (théâtre d’un répertoire large, mises en scène variées, découverte de théâtres différents)
- une visite de l’Institut Culturel GOOGLE le 26 novembre (initiation à l’usage de Art&Culture)
- une découverte du secteur d’activité d’une des entreprises mécènes de l’association et rencontre avec des collaborateurs qui présente leur parcours
- un journal de bord écrit au fil de l’année dans lequel sont consignées les analyses de chacun des spectacles, des recherches vers d’autres arts en lien avec le spectacle, un compte rendu de la rencontre en entreprise (les jeunes sont guidés par des documents qui leur sont fournis et par un tutorat avec les membres de l’équipe)
- un séjour de 4 jours au festival d’AVIGNON (validé par un jury qui examine en mai ou juin les journaux de bord et l’assiduité)
- Coût ? Adhésion de 15€ lors de l’inscription et participation maximum de 80€ pour le séjour à Avignon (l’essentiel du programme est pris en charge par DJL, soutenue par des institutions, des Fondations d’entreprise et quelques dons d’amis de l’association / pour les découvrir, cliquer ici)
Programme 2025-2026 : cliquer ici pour découvrir l’ensemble du programme de DES JEUNES ET DES LETTRES
- 21 Nov : L’école de danse à la Comédie Française (Richelieu)
Premier spectacle du programme pour les 41 jeunes, tous présents et parfaitement à l’heure ! De bon augure !
Une pièce très peu connue de Carlo Goldoni, en vérité très actuelle puisqu’elle pose la question de la soumission des jeunes danseuses à leur maître de danse qui ne cherche qu’à les exploiter (Denis Podalydès, exceptionnel dans le rôle de M.Rigadon) et plus largement la question des femmes soumises au patriarcat, comme l’est également la sœur de ce maître à danser, vieille fille qui ne rêve qu’au mariage pour échapper à son frère (exceptionnelle Florence Viala dans ce rôle). Toutes cherchent un protecteur, et mieux, un mari ! La mise en scène de Clément Hervieu-Léger fait remarquablement référence à l’univers des danseuses peintes par Edgar Degas, dans la scénographie très réussie d’Eric Ruf dans le beau décor suranné du Misanthrope joué en alternance. Comment ne pas faire le lien entre ces deux siècles et notre époque où les jeunes femmes, qui elles aussi ont commencé à se rebeller, sont la proie de ceux qui utilisent leur autorité pour les soumettre quand elles veulent réussir une carrière, artistique, sportive notamment.
Une pièce un peu longue, mais dont le propos est fort et résonne bien, des comédiens qui savent tout faire, et notamment danser, une mise en scène superbe, si bien que le spectacle nous parle, et notamment aux jeunes.
- 26 Nov. : Visite du Lab de l’Institut culturel Google
Nous sommes reçus en deux demi groupes (l’un à 15h, l’autre à 16h) par Roxane D. qui nous révèle les richesses et potentialités incroyables du Lab et 3 Googler, Adrien C., Samuel B. et Anthony M. qui animent 3 ateliers pour que les jeunes s’approprient l’application Arts & Culture (ateliers préparés à partir de L’école de danse !) et réfléchissent à un usage responsable de l’IA. Une visite très riche que nous allons exploiter au cours de l’année ! MERCI à tous les quatre pour leur grande disponibilité pendant ces deux heures mais aussi en amont pour leur préparation !
Les ateliers
- 12 Déc : Le château des Carpathes au Théâtre des Quartiers d’Ivry (TQI)
Second spectacle très différent puisqu’il s’agit de l’adaptation d’un roman, celui de Jules Verne, qui évoque, dans une ambiance gothique, trois univers qui se côtoient et se craignent : celui des villageois vivant au pied d’un château abandonné, celui de la cantatrice La Stilla dont ont été amoureux deux hommes, le jeune comte Franz de Telek et l’inquiétant baron Rodolphe de Gorz, propriétaire du château où se manifestent d’étranges événements lumineux et sonores…lLa metteuse en scène Emilie Capliez s’est emparée de cette histoire pour offrir un spectacle musical (musiciens au piano, trompette et violoncelle s’inscrivent dans la mise en scène aux côtés des comédiens) à la scénographie magnifique (qui, malheureusement, prend parfois le dessus sur le jeu des comédiens). Un très beau spectacle toutefois qui a ravi les jeunes.
- 25 Jan : Le roi se meurt au Théâtre des Gémeaux parisiens
Une découverte pour DJL des Gémeaux parisiens (qui fréquente chaque année le théâtre des Gémeaux à Avignon) et, pour les jeunes, une découverte de Ionesco et de cette pièce remarquablement mise en scène par Christophe Lidon avec d’excellents comédiens qui nous ont accordé leur temps à l’issue de la représentation pour une rencontre très intéressante et éclairante. Le mieux est de laisser parler une des jeunes qui a écrit une belle critique de ce spectacle (c’était l’exercice qui leur était demandé, afin de les former à ce qu’ils seront amenés à faire dans TREMPLIN 2, s’ils poursuivent leur parcours dans DJL).
Critique de M.V.
Avec Le Roi se meurt, Eugène Ionesco signe une fable tragique et absurde sur la finitude humaine, que la mise en scène de Christophe Lidon rend à la fois cruelle, lucide et profondément émouvante.
Écrite en 1962 par Eugène Ionesco, figure majeure du théâtre de l’absurde, Le Roi se meurt est ici mise en scène par Christophe Lidon. Le spectacle, présenté dans une scénographie épurée, s’inscrit dans une lecture fidèle au texte tout en en révélant la modernité et la force universelle.
La pièce s’ouvre sur une annonce brutale : le roi Bérenger Ier va mourir avant la fin de la représentation. Autour de cette certitude gravite une cour réduite à quelques figures symboliques. Le royaume s’écroule lentement, à l’image du corps et de l’esprit du roi qui se désagrègent. Le temps se dérègle, les lois de la nature disparaissent, et le pouvoir, autrefois absolu, devient dérisoire. L’intrigue, volontairement simple, permet à Ionesco de transformer l’agonie d’un roi en métaphore de la condition humaine face à la mort.
La mise en scène de Christophe Lidon choisit la sobriété pour mieux servir le texte. Le décor, presque nu, donne l’impression d’un espace en ruine, figé entre grandeur passée et effondrement imminent. Cette absence de réalisme renforce la dimension symbolique de la pièce. Les jeux de lumière accompagnent la déchéance du roi, passant progressivement de tons clairs à des lumières plus froides et plus sombres, soulignant l’inéluctabilité de la fin.
Le travail sur les comédiens est particulièrement remarquable. Le roi Bérenger apparaît d’abord autoritaire et grotesque, avant de devenir un homme effrayé, fragile, presque enfantin. Cette évolution progressive rend le personnage profondément humain. Les deux reines incarnent quant à elles deux attitudes opposées face à la mort : Marguerite, sévère et implacable, guide le roi vers l’acceptation, tandis que Marie, émotive et lumineuse, représente le refus, l’attachement à la vie et au passé. Ce contraste nourrit la tension dramatique et donne au spectacle une grande intensité émotionnelle.
Grâce à une mise en scène précise et sans artifices inutiles, Christophe Lidon met en valeur la portée philosophique et universelle du texte d’Ionesco. Le Roi se meurt s’impose comme un spectacle à la fois poignant et nécessaire, qui interroge chacun sur sa propre fin avec une lucidité troublante. Une pièce forte et marquante, à voir absolument…
- 12 Fév : Le cercle de craie caucasien au Théâtre de la Ville
Découverte de la belle salle du Théâtre de la Ville et première « rencontre » des jeunes avec un auteur un peu difficile, B.Brecht, dans cette pièce compliquée mais que Emmanuel Demarcy-Mota rend accessible par une mise en scène claire, une scénographie magnifique (quelques tableaux d’une très grande beauté ! Un pont suspendu entre deux montagnes…Une cascade d’une limpidité émouvante…) et par le jeu de comédiens formidables.
Une fois encore, nous avons eu la possibilité de rencontrer quelques comédiens dans un bord de plateau uniquement pour nous (40 dans une si grande salle…) ! Sentiment d’un privilège énorme ! MERCI !














