La découvreuse oubliée à la REINE BLANCHE jusqu’au 29 mars

La découvreuse oubliée à la REINE BLANCHE jusqu’au 29 mars

♥ ♥ ♥

Style : Théâtre
On aime : #jeu #message
En deux mots : Le 4ème volet des Fabuleuses, ces grandes scientifiques évincées par les hommes

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REINE BLANCHE, 2 bis passage Ruelle, 75018 Paris
Tarif : Billetterie / Pass culture accepté

Nos critiques

Texte Elisabeth Bouchaud mes Julie Timmermann

Vu par Laura E., Martin L., Valentine A., Solal T., Tobias A. Joséphine R.

Un témoignage qui redonne la parole à celle dont on a effacé le nom…

1958, Marthe Gautier, médecin française ayant notamment étudié à Harvard, découvre que l’origine du mongolisme est en réalité génétique. En effet des photos de ses lames, prisent par son collègue de l’hôpital Turpin, Jérôme Lejeune,  confirment la présence du chromosome surnuméraire chez les patients atteints et donc l’existence de la trisomie 21. Or Lejeune s’approprie la découverte en volant les lames de Marthe et en les faisant passer comme siennes auprès de la presse et de la communauté scientifique. Marthe, victime de l’effet Matilda, garde le silence pendant des années jusqu’au cinquantenaire de la découverte où elle osera enfin dévoiler la vérité, vérité malheureusement peu entendue et reconnue.

En s’appuyant sur l’utilisation d’accessoires multiusages et transformables, la pièce s’inscrit dans une scénographie précise qui utilise l’imagination du spectateur pour faire changer de décors et de situations. On apprécie vraiment le propos et l’aspect très instructif de l’œuvre. En effet, tous les évènements, termes techniques ou savoirs à connaitre étaient clarifiés pour le spectateur, et le sujet lui-même s’inscrit dans cette idée d’instruction puisqu’il révèle d’une volonté de la part des autrices de faire découvrir au spectateur cette femme oubliée. Le découpage chronologique en scènes claires permet une compréhension facile de la pièce tout en permettant de situer les évènements dans leur chronologie : on a véritablement l’impression d’entendre une histoire racontée et vécue, un peu comme un souvenir. La volonté de faire entendre l’histoire de Marthe est réussie : grâce à ce spectacle, on découvre cette femme savante encore effacée de l’histoire des sciences et on lui donne la parole légitime que d’autres lui ont interdite. Cette pièce permet véritablement de rendre justice à Marthe, mais aussi aux autres femme victimes de l’effet Matilda, cette minimisation de la contribution féminine dans la recherche et les sciences.

Une véritable pièce éducative à découvrir !
Laura E.

La Découvreuse Oubliée, de la découverte scientifique au récit biographique passionnant !

La découvreuse oubliée est le quatrième volet de la série théâtrale Les Fabuleuses, série écrite par Elisabeth Bouchaud sur des femmes scientifiques oubliées ou méconnues qui ont changé la science.
Cette œuvre retrace l’histoire de Marthe Gautier, et sa découverte de la Trisomie 21, longtemps évincée par son collègue Jérôme Lejeune. Sous la forme d’une interview, les quatres comédiens nous représentent la vie qu’elle a vécue, dès son plus jeune âge, jusqu’à la fin de sa vie, en passant par la lutte pour l’avortement en France.
Cette oeuvre implique un décor minimaliste, qui met plus en avant l’histoire et la qualité du jeu des acteurs. Une estrade centrale compose la scène, et en s’appuyant sur des jeux de lumières, on distingue parfaitement les espaces et les moments dans l’œuvre. La mise en scène implique des projections, des dates, pour avoir une bonne compréhension de la chronologie, mais aussi des images des découvertes scientifiques. On peut distinguer quelques personnages principaux, tel que Marthe Gautier interprété par une très grande Marie-Christine Barrault, très claire sur ses sentiments. Matila Malliarakis est tout aussi maître de son personnage, Jérôme Lejeune, à tel point qu’on finit par le détester. La musique a aussi un rôle clé dans la mise en scène de Julie Timmerman, elle souligne l’intensité des actions et le passage du temps, même si elle ne prend jamais le dessus sur l’action.
Enfin La Découvreuse oubliée est une œuvre d’actualité, qui interroge sur la place accordée aux femmes dans l’histoire scientifique, cette dimension engagée donne à la pièce une portée à la fois historique et profondément actuelle. Le jeu des acteurs et la mise en scène dynamique permettent une approche du récit biographique instructif et surtout émouvant sans être ennuyeux !
Un spectacle très touchant, allez-y les yeux fermés!
Martin L.

Une pièce émouvante et complète qui met en lumière l’oublié.

Jérôme Lejeûne, médecin, s’approprie les découvertes de la jeune chercheuse française Marthe Gautier sur les origines de la trisomie 21, résultant de deux années de recherche acharnée et réalisée pratiquement à ses propres frais. Durant cette frise chronologique appuyée par un calendrier suspendu, nous plongeant réellement dans le déroulement des faits, est reconstituée la vie personnelle de Marthe Gautier ainsi que les débats médiatiques et politiques engendrés par sa découverte : la légalisation de l’avortement en particulier.

Le décor, humble mais à la scénographie efficace, se métamorphose par des transitions parfaites de salle de conférence en église, passant par les laboratoires, les plateaux télé, et pour finir en beauté, par la réunion du Comité d’Ethique de l’INSERM de 2014. On retrouve à travers l’interprétation touchante de Marie-Christine Barrault une femme pleine d’humilité, de courage et de gratitude malgré le manque de reconnaissance et la trahison. Marie Toscan interprète elle aussi merveilleusement cette jeune scientifique débordante d’ambition et de curiosité. Il en va de même pour Matila Malliarakis et Mathieu Desfemmes, polyvalents et intenses dans leurs interprétations. A noter aussi un jeu de lumière, des projections captivantes qui ne font que simplifier l’appréciation du spectacle et qui, avec la musique, achève de nous ramener soixante ans en arrière. Cette course à la découverte est palpable, on comprend le piège révoltant dans lequel se retrouvaient les chercheuses de l’époque, elle nous fait réaliser l’importance de cultiver leurs mémoires et nous rappelle pourquoi la lutte persiste encore aujourd’hui

A voir absolument pour un moment captivant autant qu’éclairant !
Valentine A.

La découvreuse oubliée raconte l’histoire de Marthe Gautier qui découvrit les origines de la trisomie 21 mais dont la découverte fut volée par un autre scientifique, Jérôme Lejeune. Elle ne révélera la vérité que 50 ans plus tard…

Dans une mise en scène très minimaliste (quelques objets pour représenter le travail de médecin et quelques aménagements pour montrer les interviews) les trois comédiens changent souvent de costume pour représenter une grande variété de personnages.

Tout au long du spectacle, la protagoniste, Marthe Gautier, suit son propre personnage, cinquante ans plus tôt. Cette interaction entre le personnage du passé et celui du présent nous permet de mieux comprendre les décisions que Marthe Gautier a dû prendre en fonction des contraintes de son époque.
Ce qui est intéressant, c’est de voir les points de vue différents d’une même décision prise par une femme en 2026 et en 1970, d’autant plus que le personnage incarnant Marthe Gautier est interprété par une jeune femme de notre époque actuelle.

Ainsi, je recommande vivement d’aller voir ce spectacle, car il nous permet d’apprendre l’histoire de la découverte de la trisomie 21, mais aussi de comprendre la pression exercée sur les femmes et le pouvoir accordé aux hommes.
Solal T.

La découvreuse oubliée met en scène l’histoire d’une découverte, celle de la trisomie 21, la maladie liée à un chromosome supplémentaire dans le corps d’un individu. Cette découverte reste célèbre non seulement pour son importance mais aussi parce que c’est une femme, Marthe Gauthier, qui en a fait la découverte en 1959. Cette pièce relate donc l’histoire de la découverte mais aussi celle du mensonge qui s’en est suivi et qui a duré 55 ans. En effet, après 55 ans, Marthe reçoit les attributs de cette recherche, qui lui ont manqué toutes ces années, volés par Jérôme Lejeune.

Cette mise en scène est intéressante car 4 acteurs tournent sur scène pour raconter cette histoire, mais il n’en faut pas plus. En effet les 4 personnages suffisent à une mise en scène efficace, une pièce comique et fluide, et une histoire bien racontée. En effet on peut facilement suivre l’histoire du début à la fin, elle est légère et se regarde facilement avec plaisir. La scène est fluide dans le sens où elle ne nécessite pas de pause pour changer de décors (du moins, il change, sans que le spectateur distrait par la discussion et les événements qui se produisent s’en rende compte !). C’est léger et l’histoire n’est pas longue mais tout est bien racontée.
Pour assurer la fluidité de la pièce, les acteurs sortent d’un personnage pour revenir à un autre, les costumes utilisés permettent de différencier les acteurs, et les différents personnages amènent régulièrement du rire tout en racontant une histoire à la tonalité sérieuse. Cela ajoute de la légèreté à la pièce.
Les décors ne sont pas très complexes, c’est là aussi la force de cette pièce, les spectateurs sont concentrés sur les acteurs et l’histoire qu’ils racontent. On en sort avec le sourire, satisfait d’avoir découvert une nouvelle histoire qui se finit bien, une victoire commune à tous les spectateurs.

Je recommande fortement d’aller voir cette pièce qui est le parfait équilibre entre sérieux et liberté.
Tobias A.

 La Découvreuse Oubliée mise en scène par Julie Timmerman, est le 4e volume de la série théâtrale Les Fabuleuses. Ce volume se concentre sur Martha Gautier, qui après sa très large contribution à la découverte de la Trisomie 21, a été effacée de la scène scientifique par son collègue s’étant attribué le mérite de cette avancée.
     Ce spectacle a lieu dans les années 50, à l’hôpital Saint Louis à Paris. La jeune Docteur Marthe Gautier rentre des Etats Unis et commence à collaborer avec les Dr Lejeune et Turpin. Ceux-ci étudient le syndrome de Down chez les enfants. Gautier travaille deux ans sur les chromosomes de ces enfants pour ensuite que Lejeune lui vole les images et la découverte et qu’ elle soit peu à peu effacée de cette découverte. Cependant, l’INSERM (Institut National de la Santé et la Recherche Médicale) lance une enquête pour déterminer les réel(le)s découvreur(e)s de cette anomalie chromosomique en 2014.
     Les acteurs qui, bien qu’ils jouent plusieurs rôles, les incarnent avec une grande justesse et suscitent un vrai intérêt et réflexion chez le public. Les costumes permettent de se projeter dans les différentes personnes, le décor polyvalent permet de se situer dans l’espace et des effets lumineux et sonores, notamment lors de la  du débat sur l’avortement, mettent en lumière des moments importants. Ce spectacle aborde un sujet encore trop peu abordé mais bien trop courant : les grandes femmes qui se voient oubliées car des hommes s’approprient leur travail. Talleyrand aurait dit « Derrière chaque grand homme se cache une grande femme »…La découvreuse oubliée  permet de remettre à la lumière ces femmes qui ont été dépouillées de leurs reconnaissances intellectuelles.
     Ainsi, j’encourage le plus de personnes possible à se rendre à ce spectacle, non seulement pour son incroyable mise en scène mais surtout pour le message qu’elle envoie à une nouvelle génération qui fera les découvertes de demain.
Joséphine R.