Kaddish, la femme chauve en peignoir rouge au théâtre Jean Vilar

Kaddish, la femme chauve en peignoir rouge au théâtre Jean Vilar

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Style : Théâtre
On aime : #mémoire #immersion
En deux mots : Un spectacle aux multiples couches sur la judéité de l’après-guerre

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Théâtre Jean Vilar / 1 place Jean Vilar, Av. de l’Abbé Roger Derry, 94400 Vitry-sur-Seine
Tarif : Billetterie / Pass culture accepté

Nos critiques

Mise en scène Margaux Eskenazi

Vu par Inès B., Emma L., Elise L. et Thaïs E.

 

Kaddish, la femme chauve en peignoir rouge, une pièce dense à multiples entrées sur la judaïté, le totalitarisme et la tolérance !

Kaddish, la femme chauve en peignoir rouge est une pièce écrite et mise en scène par Margaux Eskenazi d’après l’œuvre d’Imre Kertész, au théâtre Jean Villar de Vitry-sur-Seine. A travers la vie d’une famille française juive d’origine hongroise, dont la fille prépare un spectacle sur l’œuvre et la vie d’Imre Kertész, Margaux Eskenazi fait voyager dans la Hongrie de l’après-guerre, à celle d’Orban.

On est accompagné dans ce périple par les personnages d’Imre Kertész, les témoignages des Hongrois rencontrés par l’auteur et les souvenirs de la famille. En parallèle, les acteurs s’interrogent sur leur propre histoire, leur rapport à leur origines juives, arabes, créoles et leur légitimité à jouer des juifs hongrois tant vis-à-vis des horreurs de la Shoah que de celles qui se déroulent au Moyen-Orient sous nos yeux. Afin de plonger le spectateur dans l’histoire et le questionner, Margaux Eskenazi transforme la salle en un lieu vivant. Les acteurs brisent le quatrième mur, dès le prologue, pour engager avec le public une conversation. Les acteurs deviennent ainsi nos doubles, leurs doutes et questionnements les nôtres. Tandis que la musique tisse une atmosphère à la fois onirique et percutante, le plateau, modulable et dégagé, passe d’un appartement parisien à un café hongrois ou à une usine fantôme, complétant le sentiment d’une immersion totale dans cette pièce à plusieurs «étages».

Hymne à la tolérance, la pièce, malgré la dureté de l’histoire, est aussi une ode au bonheur.

Inès B.

 

Imre Kertész, un rescapé de la Shoah.

Kaddish, La femme chauve au peignoir rouge de Margaux Eskenazi est une pièce de théâtre qui jouée au théâtre Jean Vilar à Vitry-sur-Seine.

La pièce commence par un cours de linguistique où on apprend les similitudes entre l’hébreu et l’arabe. Puis, à partir de romans d’Imre Kertész (écrivain hongrois rescapé de la Shoah), Margaux Eskenazi plonge le spectateur dans un travail de mémoire, et s’interroge sur le judaïsme. Elle mélange fiction et littérature, et amène le spectateur dans une famille où tous entretiennent un rapport différent au judaïsme. Ce qui est très surprenant, c’est le double jeu des comédiens, ils jouent à la fois le membre d’une famille juive et un personnage d’un des romans de Imre Kertész. Ils évoquent leur rapport à la judéité à partir de leur trajectoire, leur éducation et leur racine. La musique, avec l’unique guitare, transporte et fait voyager le spectateur. Le plateau prend vie, il devient salon, bureau, maison, ou encore un camp de concentration. Malgré le sujet, la pièce comporte beaucoup d’humour.

Un spectacle très touchant et drôle, à voir absolument !

Emma L.

 

Quand la mémoire devient du théâtre vivant.

Kaddish La Femme chauve en peignoir rouge est une pièce mise en scène par Margaux Eskenazi, inspirée des écrits d’Imre Kertész, un hongrois déporté à Auschwitz, et jouée au théâtre Jean Vilar à Vitry-sur-Seine.

Dans cette pièce, on assiste à la création d’un spectacle sur la vie d’Imre Kertész. Rosa, jouée par Kenza Laala, s’inspire des écrits de Kertész, le visualise, lui parle et converse avec lui. Lors de ces échanges, Kertész lui raconte sa vie et les spectateurs assistent aux scènes de son passé.

En parallèle avec la création de ce spectacle, le spectateur plonge en immersion dans la vie d’une famille juive, les secrets qu’elle cache et les conflits familiaux. Grâce au guitariste Malik Soarès qui joue en direct sur scène, le public est directement immergé dans l’univers de Kertész et la musique jouée rend cette pièce intense et extrêmement touchante. Au début de la pièce, on assiste à une sorte de cours sur la linguistique de l’hébreu par le comédien Michael Charny qui explique qu’il y a beaucoup de similitudes avec l’arabe. Cette initiation rend la pièce unifiante en montrant qu’il s’agit des mêmes racines. Pour finir, les comédiens créent un lien très fort avec le spectateur, en s’avançant sur le devant de la scène et en s’adressant au public sous leur véritable identité. Ils parlent chacun de leur histoire très différentes les unes des autres. Cette présentation d’eux même rend cette pièce très émouvante et très humaine.

Un spectacle touchant et original, à voir absolument !

Elise L.

 

La mémoire d’aujourd’hui

Une pièce qui raconte l’histoire d’une femme juive qui cherche ce que signifie d’être juif. Elle habite en elle l’âme d’un rescapé d’un camp avec qui elle discute mais aussi enquête sur la question et découvre ses histoires de famille. La pièce suit deux histoires en parallèle: d’un côté une famille juive actuelle avec une mentalité ouverte et des traditions modernes mais qui continue portent avec eux des stéréotypes envers les autres, de l’autre un rescapé de la Shoah qui raconte son histoire au dessus de celle de la famille.

La mise en scène entremêle ces deux récits, et va plus loin en intégrant les histoires personnelles des comédiens eux-mêmes sur la découverte de soi. La pièce ne se contente pas de raconter le passé mais le met en miroir avec le présent de façon comique.

C’est une pièce forte qui rappelle l’importance de l’Histoire non seulement pour pouvoir se connaître soi-même mais aussi comprendre le monde qui nous entoure et le changer afin de le rendre meilleur.

Un spectacle qui montre l’importance d’apprendre à se connaître soi-même et sa culture.

Thaïs E.

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