Toutes les petites choses que j’ai pu voir au ROND POINT

Toutes les petites choses que j’ai pu voir au ROND POINT

♥ ♥ ♥

Style : Théâtre
On aime : #scénographie #réflexion sociale
En deux mots : Une adaptation de nouvelles qui démystifie le rêve américain

Y aller
Théâtre du Rond Point, 2bis avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris
Tarif : Billetterie / Pass culture accepté

Nos critiques

D’après les nouvelles de Raymond Carver mes Olivia Orsini

Plongée dans l’Amérique sacrifiée des années 70.

Dans Toutes les petites choses que j’ai pu voir, Olivia Corsini adapte et met en scène des nouvelles de Raymond Carver.

Par des fragments décousus de vie, en famille, en couple, entre inconnus, nous est peint le portrait de toute une génération : celle des classes moyennes à défavorisées des Etats-Unis des années 70. La vie de ceux qui se sont mariés tôt, trop peut-être, ont fondé une famille alors qu’eux-mêmes n’avaient pas fini de grandir, de ceux qui, malgré leur peu d’études, rêvaient grand. Celle, enfin, de tous ceux qui ont dû faire face à la cruelle réalité de la fin du rêve américain : une méritocratie illusoire, des emplois provisoires, mal payés et des jeunesses perdues, mêlées à l’alcool et la drogue. Pourtant parmi toute cette misère se détache une idée transcendante : celle de la centralité des relations humaines et de leur nécessité à la survie de chacun, bien qu’elles soient souvent source de souffrance et de déséquilibres.

La scénographie, pleine de justesse, nous plonge dans l’univers des personnages avant même que ceux-ci ne nous apparaissent : une grande voiture, des bois, des intérieurs tristement simples, tous similaires, permettant de relier chacun des protagonistes par leur condition socio-économique. De même, l’usage de la musique, vrombissante et rythmée, notamment aux moments de prise de substances, doit être souligné. Cependant, ce qui frappe est la poignante interprétation des comédiens, aux rôles souvent multiples, tant lors de longs monologues introspectifs que des scènes de perte de contrôle. C’est l’une d’entre elles qui clôture la pièce. Une métaphore de la disparition de repères de cette génération déshumanisée par le monde qui l’entoure ? Une volonté de pousser le spectateur à la réflexion et au rapprochement avec sa propre vie ? La solitude et les relations brisées ne font-elles pas, après tout, partie intégrante de la société matérialiste qu’est la nôtre ? Si elle interpelle par sa singularité, elle nous laisse quelque peu sur notre faim et tranche franchement avec le reste de l’œuvre. Pourquoi cette descente générale dans la folie ? Sans doute la pièce aurait-elle mérité quelques minutes de plus pour une meilleure fluidité.

Une œuvre aussi touchante qu’intrigante, à voir absolument !

Elise D.S.

Laisser un commentaire