corde. raide au théâtre des Quartiers d’Ivry

corde. raide au théâtre des Quartiers d’Ivry

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Style : Théâtre
On aime : #émotions #rythme
En deux mots : Un texte forts en émotions, dans un bureau administratifs où deux agents essaient de prendre en charge une victime.

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TQI – Manufacture des Oeillets / 1 place Pierre Gosnat 94200 Ivry-sur-Seine
Tarif : Billetterie / Pass culture accepté

Nos critiques

Texte Debbie Tucker Green, mise en scène Cédric Gourmelon

Vu par Eliette K., Cristina F. et Dassine A.

 

Quand la parole devient vertige !

Corde. raide, de Debbie Tucker Green, mise en scène par Cédric Gourmelon, propose une expérience théâtrale profondément marquante. Ce n’est pas une pièce que l’on regarde passivement ; c’est un spectacle que l’on traverse.

L’originalité du spectacle repose sur l’écriture et le rythme. Les deux employés administratifs s’échangent des phrases inachevées, se coupent, se complètent avant même que l’autre n’ait terminé de parler.

Ce jeu de langage crée une tension permanente, une sensation de malaise presque physique. Le spectateur se retrouve pris dans ce flot de paroles fragmentées, où ce qui n’est pas dit devient parfois plus important que ce qui est formulé.

Face à eux, une femme silencieuse, raide, dont la présence impose une force saisissante. On comprend rapidement qu’un événement grave la concerne, sans jamais en connaître précisément la nature. Un voile, à la fois réel et symbolique, semble se dresser entre la scène et le public : assez de signes sont donnés pour sentir l’horreur, mais jamais suffisamment pour la nommer clairement. Ce flou entretient une frustration volontaire, rendant l’expérience d’autant plus perturbante et immersive.

La scénographie minimaliste et l’atmosphère froide renforcent cette impression d’enfermement. Tout semble contrôlé, presque mécanique, comme si toute forme d’humanité avait été progressivement effacée. Cette sobriété laisse toute la place au jeu des acteurs et à la puissance du texte.

En résumé, corde. raide est un spectacle rare, intense et profondément original. Il casse les codes, dérange, bouleverse, et pousse à réfléchir sur la violence et la solitude. Une œuvre exigeante mais nécessaire, notamment pour les jeunes, pour sa force, son audace et son caractère marquant.

Eliette K.

 

Présentée au Théâtre des Quartiers d’Ivry, Corde raide de Debbie Tucker Green propose une expérience théâtrale exigeante, centrée sur la parole et ses tensions. La pièce ne repose pas sur une intrigue classique, mais sur une suite d’échanges fragmentés qui mettent en lumière des relations complexes et souvent conflictuelles.

L’écriture de Debbie Tucker Green se distingue par un langage haché, fait de répétitions, d’interruptions et de silences. Cette forme particulière peut d’abord déstabiliser, mais elle permet de rendre compte de la difficulté à communiquer et des rapports de force qui traversent les personnages. Le texte demande une attention constante de la part du spectateur, invité à écouter autant ce qui est dit que ce qui reste implicite.

La mise en scène choisit la sobriété et laisse une large place au jeu des comédiens. L’espace scénique, volontairement épuré, met en valeur la précision des dialogues et le rythme de la parole. Les silences et les pauses participent pleinement à la construction du sens, sans chercher à produire un effet spectaculaire.

Les acteurs proposent un jeu maîtrisé et retenu, qui évite toute emphase. Leur interprétation souligne la tension sous-jacente entre les personnages, tout en restant dans une forme de justesse et de contrôle. La direction d’acteurs privilégie l’écoute et la présence plutôt que l’expression émotionnelle excessive.

Corde raide est une pièce qui interroge les mécanismes du langage et les difficultés de la relation à l’autre. Sans offrir de conclusion nette, elle ouvre un espace de réflexion et invite le spectateur à une réception active.

Une pièce à voir absolument !

Cristina F.

 

Plus énigmatique que cet entretien ? Ça n’existe pas.

Debbie Turner Green, dramaturge anglaise, a imaginé cette pièce de théâtre. Celle-ci est mise en scène par Cédric Gourmelon qui met en valeur la tension et on le ressent très bien.

Dans cette pièce, on assiste au dialogue de trois personnes après un événement tragique. Le drame n’est jamais explicité directement mais il est seulement suggéré par les phrases incomplètes qui préservent cet événement interdit, les paroles, les hésitations et les silences. Peu à peu, le spectateur comprend qu’un acte d’une extrême gravité a été commis. Ce choix de ne rien montrer rend la situation non seulement plus choquante mais aussi plus intrigante, notre vision en tant que spectateur se transforme en recherche d’indices pour comprendre ce qui s’est réellement passé. Notre attention est engagée plus que jamais cependant aucune information n’est dévoilée. La violence est présente, mais elle est verbale. L’écriture de Debbie Tucker Green est particulière et demande énormément d’attention. Les dialogues semblent fragmentés, comme si les personnages avaient du mal à exprimer ce qu’ils ressentent. Les silences laissent placent aux questionnement doute mais ils traduisent la gêne, la culpabilité ou l’impossibilité de communiquer.

Cette manière d’écrire crée une atmosphère lourde et tendue comme cette corde raide, qui met le spectateur mal à l’aise. Évidemment on ressent presque physiquement le poids du drame car on est engagé à trouver les raisons.

À travers cette pièce plusieurs thèmes sont abordés comme les enfants les couple les violences conjugales. Une décision doit être prise à la fin, et cette décision est la corde raide. Même lorsque vous pensez avoir compris vous n’y êtes pas et cela m’a dérangée le fait de partir sans réponse laisse un goût d’inachevé.

Si ce sentiment de mystère vous plait vous avez trouvé la pièce de l’année.

Dassine A.