Le mercredi 25 mars, le chorégraphe propose à une quinzaine de jeunes un atelier de 4h intitulé Avant de se relever. Il présente ainsi son projet dans sa note d’intention :
Depuis plusieurs années, la position du pantin habite l’ensemble de mes créations. Elle revient, de spectacle en performance, comme une image matricielle. Un corps qui n’arrive plus à tenir debout. Un corps saturé par les émotions, les doutes, les tensions du monde. Un corps qui ne chute pas spectaculairement, mais qui s’arrête. Qui lâche.
Avec les adolescent·e·s, cette posture résonne de manière immédiate. Elle touche à un moment fragile, souvent tu, rarement montré : celui où le corps n’en peut plus, où l’émotion déborde, où l’on n’a pas encore trouvé la force de se relever.
L’atelier Avant de se relever propose d’entrer dans cet état par le corps, avant toute parole. Tomber. Rester à terre. Être regardé. Puis, peut-être, être rejoint. Non pas sauvé. Accompagné.
Un grand MERCI au Carreau du Temple de nous avoir proposé cet atelier.
3 jeunes de DJL ont souhaité participer à cet atelier dont elles sont ressorties enthousiastes et enrichies. Leurs témoignages suffisent…
Dans le cadre du projet de la pièce Avant de se relever dirigée par Francois Stemmer plusieurs activités nous ont été proposées. L’idée mère de ces activités est la posture du pantin.
Les seules consignes données étaient de marcher sur l’ensemble de la scène de se créer notre petite histoire dans notre tête puis au claquement de doigt d’aller le plus lentement possible de s’immobiliser et de finir dans cette position de pantin inerte.
Cet atelier m’a beaucoup fait réfléchir, chacun a perçu l’atelier à sa façon et pour ma part j’en ai déduis que peu importe les problèmes qu’on a eu notre vécu nos personnes et ce qu’on traverse on arrive tous au même endroit et de la même manière : au sol dans cette position de pantin dépourvu de force, de motivation, vide de sens, sans foi peu importe, on se retrouve dans la même situation et inconsciemment il y a ce sentiment de compréhension entre chacun face à cette situation.
Cette compréhension pourquoi parce que contre toute attente cette posture de pantin qui nous semble simple a reproduire ne l’est pas du tout, au contraire alors qu’on croit qu’il faut relâcher tous les muscles on les sens se contracter et il faut lutter au bout d’un certain temps pour parvenir à maintenir cette posture encore longtemps. Ce maintien là n’est pas naturel et chaque corps, morphologie, taille est différente ce qui fait que chacun de nous a une posture propre à lui dans laquelle il s’oublie et s’échappe dans ses pensées, dépasse la pose dans laquelle il se trouve et va chercher l’essentiel de ce qu’il ressent. Là était la difficulté de l’exercice. On attend juste le moment où on sera libéré de cette condition. Le dernier exercice était d’ailleurs axé sur comment se libérer de cette situation. On pouvait chanter danser parler user de ce qu’on voulait pour relever un pantin (un camarde) sans le mettre dans une situation délicate le brusquer ou autre. Théa s’est mise à parler du beau temps. « Il fait beau aujourd’hui les rayons du soleil font mal aux yeux… regarde comme ce ciel est bleu ». Clémentine (une amie de Eliette) nous a tous surpris et je vous laisse découvrir la vidéo. Ainsi petit a petit les pantins se relevaient et c’était émouvant, cette façon de tout mettre en œuvre pour aider quelqu’un qu’on ne connaît pas à se sortir de cette situation peut être parce qu’on a vécu au préalable cette condition et on sait à quel point ça devient désagréable et compliqué d’y rester peut être parce que tout simplement faire du bien attire le bien un de nos camardes à dit « je dois aider mon prochain, je ne peux pas faire du mal et m’attendre à ce que je reçoive du bien en retour » finalement chacun avait ses raisons son carburant et c’était très beau à voir.
François Stemmer nous a un peu étudiés tout au long de ces 4 heures.
J’aime beaucoup ce qu’il propose et comment il s’y prend avec les jeunes.
J’ai hâte de voir ce qui va germer de cette journée.
Dassine / Remarque : Dassine a précisé qu’à l’issue de l’atelier, il y a eu un petit atelier d’écriture destiné à poser les réflexions que les jeunes s’étaient faites. Ce texte traduit son expérience)
J’ai beaucoup apprécié cette activité c’était très riche en créativité et je me suis vraiment amusée en compagnie de Dassine. L’atelier au Carreau était vraiment une belle expérience.
Je trouve que ce serait vraiment chouette que ce genre d’activité soit proposé plus souvent au sein de DJL, je pense que cela plairait à plus d’un.
Merci encore pour l’organisation de cette activité.
Eliette
Le groupe était super sympa et l’atelier amenait à beaucoup de réflexion
C’était pas vraiment de la danse, plus du théâtre mais j’adore cela de toute façon
On faisait la position du pantin, une pose qui semble métaphore pour la souffrance et nos moments les plus difficiles.
Cela faisait ressortir l’empathie humaine et c’était très beau.
Il y a eu une scène magnifique entre un garçon qui faisait le pantin et une fille qui jouait du piano pour l’aider à sortir de cet état, doucement il se levait.
Quoique je ressente quelques courbatures suite à nos longs moments dans la position du pantin , c’est un atelier qui m’a beaucoup plu ☺️
Théa



