Ex : Caligula

DSC02348  Entrée à la Cartoucherie, lieu mythique du théâtre

Caligula Texte A.Camus mes Emmanuel Ray

Un texte et une mise en scène qui n’ont pas laissé indifférent le groupe ! Nombreux commentaires et interrogations à la sortie !

Quelques photos du spectacle 

Caligula caligula-cover3 Caligula-©Théâtre-en-pièces (1)

© Cie Théâtres en pièces

Les critiques ci-dessous ont été envoyées dès le lendemain, preuve que le spectacle a marqué leurs auteurs ! Laissons-les donc s’exprimer…

De Louise V.

Une mise en scène qui ne laisse pas indifférent…

Caligula est une tragédie d’Albert Camus  mise en scène au théâtre de l’épée de bois par Emmanuel Ray.
Après avoir perdu la femme qu’il aimait, le jeune empereur romain Caligula opère un changement de personnalité complet. Conscient de l’absence de limites que lui confère le pouvoir, à la façon d’un enfant en mal de repères, il fait régner une terreur sans nom sur son peuple et son entourage proche. C’est sans vergogne qu’il tue, viole, humilie, pille, châtie, sans se douter que derrière son dos  se met en place un complot visant à tuer le tyran.
Le spectacle se déroule dans une salle splendide. Un miroir énorme, pièce maîtresse du décor, dont la signification reste pour moi un mystère, pend au plafond. A l’arrière de la scène, une installation rappelle un tribunal, avec le siège du juge entouré de celui des temoins, peut-être de bien des témoins de l’horreur dont vont souffrir les personnages, et les sujets de Caligula en général. Sur la droite, un piano qui va merveilleusement bien jouer durant la pièce. Dès les premières secondes, Emmanuel Ray donne à sa mise en scène quelque chose de très angoissant. Le spectateur est plongé dans le noir et des voix inquiétantes retentissent: « toujours, toujours rien, rien… »
La mise en scène semble, à l’image de Caligula, ne pas avoir de limites. En effet, c’est non sans étonnement que l’on découvre l’excellent Mathieu Genet (Caligula) effectuer un genre de rituel, nu au milieu des autres personnages, accompagné d’une musique presque oppressante. Absolument déconcertant.
Les acteurs évoluent non seulement sur la scène, mais aussi parmi les spectateurs, ce qui, dans certaines pièce, créé des sortes de liens avec le public. Pourtant chez Emmanuel Ray, ces déplacements renforcent le côté obscur de la pièce.
Les lumières, qui mettent joliment en valeur la mise en scène, laissent apparaître un jeu d’ombres fascinant. Celui-ci me parait dévoiler les relations complexes qu’il existe entre les personnages. L’ombre de Caligula, toujours plus grande que celle des autres personnages, mime la puissance et le pouvoir dont il jouit.
Enfin, la mort joue dans la pièce ainsi que dans la mise en scène un rôle important, elle est presque omniprésente. Ainsi, Emmanuel Ray décide de faire rester sur scène les victimes de Caligula :    celles-ci ont le visage peint en blanc et rodent sur la scène, tels des fantômes.
La mise en scène est tellement forte que l’on en perd de peu le fil de l’histoire, malgré le jeu éclatant de justesse de tous les acteurs.
Amateurs de frissons et de sensation fortes, n’hésitez pas à vous rendre à L’Epée de bois pour cette belle adaptation !

De Mathilde M.

Une pièce à la fois étrange, marquante, étonnante et époustouflante.
Caius Caesar Caligula est un empereur romain, bouleversé par la mort de sa soeur
(qui était aussi sa maîtresse). Il devient alors un tyran solitaire, malade, violent, fou, cruel,
dominateur, pervers et fragile, tout en restant un enfant capricieux en quête de l’impossible
et refusant de se confronter au monde réel et à ses problèmes.
Selon moi, les décors et les costumes sombres sont les principaux éléments qui
mettent le spectateur, dès le début de la pièce, dans son ambiance de tragédie et qui
m’ont le plus plu.
Les costumes évoquent pour moi, avec la couleur verte (« interdite » dans le monde
du théâtre) le malheur, avec la couleur noire le destin de Caligula et enfin avec la couleur
rouge la folie de Caligula, mais aussi de Scipion qui la porte aussi.
Quant à la scène, couverte de tissus noirs, peu éclairée et avec en son centre un
grand miroir mobile (ressemblant à une grande lame, telle une guillotine), elle souligne la
fin tragique de la pièce.
Outre ces deux éléments qui m’ont le plus marquée, le jeu des comédiens (surtout
celui de Mathieu Genet, incarnant Caligula), ainsi que la mise en scène sont tout à fait
remarquables et correspondent entièrement à l’intensité de l’oeuvre.
Cependant, la mise en scène et le texte étant exigeants et durs, il m’a fallu un
certain recul pour pouvoir apprécier cette pièce.
Je n’ajouterai rien de plus, sinon la fragilité et la surprise de la pièce n’agiront pas
sur vous. Allez donc voir Caligula à l’Epée de Bois !

 

D’Anita D.

Une mise en scène forte et prenante

Emmanuel Ray met en scène Caligula, une pièce d’Albert Camus.

Caligula est un empereur de Rome qui disparait après la mort de sa sœur et amante. À son retour il confie à un proche, Hélicon, qu’il est à la recherche de l’impossible. Un jeu se crée entre la folie et les angoisses de ses envies.
Emmanuel Ray a regroupé dans une mise en scène audacieuse, jeu d’ombres et de lumières, piano joué en direct et montages sonores.
J’ai été touché par de nombreuses scènes à caractère très fortes où il a réussi à faire passer des émotions, pas toujours très agréables.
Il est arrivé à nous faire ressentir cette sensation de trouble et d’angoisse qui résulte du texte. Il s’aide pour cela de beaucoup d’effets sonores et visuels. À de nombreuses reprises, lors de moments de noir, 5 personnes parlent en même temps devant un microphone. Certains racontent une histoire, d’autres répètent des mots, d’autres crient. Tous les sons s’entremêlent, se superposent et créent un mélange sonore envoutant qui résonne dans la grande salle. Le metteur en scène renforce cet effet d’écho grâce aux microphones qui lui permettent de changer les voix et de jouer avec celles ci. C’est d’autant plus angoissant d’entendre des voix dans le noir, résonnant dans les oreilles, qu’elles viennent de nulle part car les visages ne sont éclairés que progressivement. J’en ai eu des frissons.
Le malaise que procure la personnalité singulière de Caligula est parfaitement retranscrit dans les dialogues. Le pianiste joue quelques notes aiguës qui accentuent la tension entre les personnes et le côté mystérieux de la pièce. La totalité de la mise en scène étrange d’Emmanuel Ray reflète le caractère de la pièce.
Cependant les nombreux effets de mise en scène, qui s’ajoutent à la complexité du texte de Camus, rendent la pièce difficile à suivre. Une dénudation du personnage principal, une musique ressemblant à celle des cabarets, un miroir suspendu au plafond…tant d’éléments troublants qui nous questionnent.
Un spectacle fort à voir absolument nécessitant cependant une préparation psychologique.

De Louise M.

Le vendredi 30 janvier au soir nous sommes allés voir Caligula une pièce d’Albert Camus mise en scène par Emmanuel Ray.
Le spectacle se déroule dans une grande pièce sombre, les comédiens jouent autour d’un miroir où ils se regardent, parlent entre eux, s’interrogent. Chacun se fait son idée de ce miroir…
Le personnage principal de cette pièce est Caligula (joué par Mathieu Genet) un empereur romain devenu fou après la mort de sa sœur et amante. Ses patriciens se plaignent de ses actions cruelles et humiliantes.
C’est une pièce dramatique et tragique mais à la fois comique, ce qui lui donne un côté absurde et inhumain. Par exemple la scène où Caligula ordonne un concours de poésie avec comme thème: « la mort. Délai : une minute», la vitesse dont il le dit est ironique alors que le thème est complètement l’inverse.
Emmanuel Ray ne prend aucune limite, il va jusque au bout : Caligula (Mathieu Genet) se met nu et s’enduit d’argile et d’un autre liquide doré pour ressembler à une divinité que ses patriciens idolâtrent. Il joue avec eux comme des marionnettes et prétend pouvoir décider du destin de chacun de ses sujets. Toute cette ambiance avec son amante Caesonia (jouée par Mélanie Pichot) qui danse à côté de lui,  avec la musique également, provoque une ambiance étrange.
Pendant toute la pièce j’ai cru être dans un rêve étrange. Pour mieux la comprendre je l’ai relue. (c’est ce que je vous conseille!)
Cette pièce est très intéressante et je la recommande à tout le monde!

De Louise B.

Une pièce qui interpelle …
Caligula, jeune empereur, règne en monarque juste et sage. La mort de Drusilla, sa sœur et sa maîtresse, va cependant le transformer en un monstre sanguinaire. Confronté à l’absurdité de l’existence, il va s’y plonger avec toute la force de la haine qu’a suscité en lui la disparition de l’être qu’il aimait le plus au monde. Il réfute les notions de bien et de mal, exécute et détruit, contribuant même à armer les bras qui mettront un terme à son existence. Cette pièce souligne tous les maux de notre société : la maladie, la folie, la bêtise, l’exagération, la cruauté, la luxure et la manipulation politique.
La pièce se déroule dans une magnifique salle où la pierre domine, l’élément central du décor est un miroir en acier retenu par des câbles. Au fond de la salle un lustre doré surplombe une longue table noire.
Le son émis par un piano présent sur scène et la lumière très sombre maintiennent une tension présente tout au long de la pièce. Souvent la lumière s’éteint et plonge les spectateurs dans un noir complet et plusieurs voix murmurent des phrases où des petits mots, ce qui, pour ma part m’a mis mal à l’aise.
Ces éléments se rajoutent à un jeu d’acteur complètement subjuguant, notamment celui de Mathieu Genet qui incarne Caligula qui vacille entre une folie délirante de cruauté et une lucidité enfantine.
Une pièce à voir et qui ne laisse pas indifférent.

D’Ilian S.

Une belle mise en scène de l’œuvre d’Albert Camus par Emmanuel Ray.
J’ai bien aimé le jeu d’acteur des comédiens, notamment celui de Mathieu Genet, qui interprète un Caligula tyrannique, terrifiant et sadique, tellement réaliste qu’il m’a fait froid dans le dos !. J’ai trouvé également très « courageux » de sa part le fait d’être nu sur scène ; personnellement, je ne pourrais pas faire de même ! Toutefois cette scène d’orgie m’a un peu dérangé. Les autres acteurs également, jouaient très bien leur rôle, notamment Mélanie Pichot, qui incarne Caesonia, la femme de Caligula, qui tente de ramener son mari à la raison, mais qui reste impuissante face à ses actes. J’ai apprécié également le jeu des sénateurs et de Scipion et d’Hélicon, qui, tantôt complotent, tantôt flattent leur Empereur Caligula, car ils sont hésitants ; en effet, d’un côté, on observe qu’ils ont peur d’être trahis puis condamnés à mort, mais de l’autre côté, ils sont déterminés à se venger de la tyrannie de Caligula.
En revanche, j’ai moyennement apprécié les costumes, car je trouve qu’ils n’étaient pas très adaptés à l’époque à laquelle la pièce est censée prendre place. Le décor, lui aussi, était un peu décevant, car je pensais qu’il varierait beaucoup plus. Par ailleurs, la présence de ce miroir géant en plein milieu de la scène était troublante et parfois gênante, car lorsqu’il pivotait, il nous renvoyait la lumière éblouissante d’un projecteur. J’ai été beaucoup intrigué.
Mais mis à part ces quelques points négatifs, la mise en scène reste fidèle au chef d’œuvre d’Albert Camus.
A voir, si certains aspects évoqués plus hauts ne vous choquent pas !